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L’Allemagne et son tropisme américain

Leur arrivée en 2004 dans les valises de Jürgen Klinsmann avait fait grincer bien des dents, mais Shad Forsythe et Mark Verstegen, les préparateurs physiques américains de l’équipe d’Allemagne durant l’Euro 2008, font désormais bien partie du paysage de la sélection. « La condition physique de vos joueurs ne peut pas vous faire gagner à elle seule un tournoi, mais elle peut vous la faire perdre », explique souvent le sélectionneur allemand, Joachim Low. C’est pour cela qu’il fait confiance à des spécialistes, plus familiarisés avec le football américain qu’avec le « soccer », comme on désigne le football aux États-Unis. Forsythe et Verstegen, rejoints depuis peu par le Japonais Massaya Sakihan, comparent leur mission à un « travail de précision ». « Il ne s’agit pas de fabriquer du muscle pour du muscle, mais de renforcer les muscles dont ils ont besoin à leur poste », explique Verstegen. Cet Américain à la coupe de cheveux de GI est le patron d’Athlete Performance, une structure d’entraînement pour les joueurs des championnats professionnels nord-américains de base-ball, football américain et basket-ball. « Une autre façon de travailler » Klinsmann l’a rencontré lorsqu’il travaillait au Los Angeles Galaxy, le club actuel de David Beckham. Confronté aux joueurs allemands pour la première fois en 2004, son bilan est alors sans appel : la condition physique de la Nationalmannschaft est plus mauvaise que celle de l’équipe américaine de football féminin. C’est pourquoi, depuis 2004, les joueurs allemands se soumettent à des exercices qui peuvent paraître ridicules, comme marcher les cuisses enserrées par des élastiques, et doivent prêter l’oreille aux instructions données en anglais. Si les clubs allemands et la presse populaire s’étaient, à l’époque, moqués de Klinsmann et l’avaient accusé de gaspiller de l’argent, les « Américains » ne suscitent aujourd’hui plus de réserves en Allemagne. « C’est une autre façon de travailler, mais elle est très complémentaire de ce qu’on fait en club », souligne le défenseur Philipp Lahm. Au début du stage de préparation à Palma de Majorque, Lahm et ses coéquipiers se sont même mis au basket-ball. Mais ce n’est pas par souci de s’« américaniser » encore plus. « C’est un sport où le comportement défensif peut nous apporter beaucoup », avait expliqué Low, toujours soucieux du moindre détail.
Leur arrivée en 2004 dans les valises de Jürgen Klinsmann avait fait grincer bien des dents, mais Shad Forsythe et Mark Verstegen, les préparateurs physiques américains de l’équipe d’Allemagne durant l’Euro 2008, font désormais bien partie du paysage de la sélection.
« La condition physique de vos joueurs ne peut pas vous faire gagner à elle seule un tournoi, mais elle peut vous la faire perdre », explique souvent le sélectionneur allemand, Joachim Low.
C’est pour cela qu’il fait confiance à des spécialistes, plus familiarisés avec le football américain qu’avec le « soccer », comme on désigne le football aux États-Unis.
Forsythe et Verstegen, rejoints depuis peu par le Japonais Massaya Sakihan, comparent leur mission à un « travail de précision ». « Il ne s’agit pas de fabriquer du muscle pour du...