Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Le cabinet, premier test d’intentions devant les prosyriens et Damas Émile KHOURY

La crise libanaise est-elle maintenant terminée ? Difficile à dire. Ou encore à croire, dans le contexte complexe de ses implications locales, régionales, arabes et internationales. L’arrangement de Doha peut ne constituer qu’une trêve. Brève, si les vieux démons devaient reprendre le dessus, la semaine prochaine. À la suite de potentiels tiraillements accompagnant la formation du prochain cabinet. Car décider d’y octroyer 16 sièges à la majorité, 11 à la minorité et 3 au président ne suffit pas. On doit, dès le coup de sifflet, tester les vraies intentions des prosyriens. À travers la question de la désignation d’un Premier ministre, et de leur prétendu droit de veto à cet égard. Pour leur rendre la monnaie de leur pièce, les loyalistes pourraient user du même droit en ce qui concerne les ministrables du camp d’en face. On n’en sortirait pas, et alors adieu le gouvernement d’entente. On devrait se rabattre sur une formule neutre. Et continuer à baigner dans un climat de clivage politique accentué. En revanche, il s’agirait de définir dans quelles limites le tiers de blocage qu’ils ont décroché pourrait normalement s’exercer. Pour ne pas exhaler un parfum d’obstructionnisme paralysant systématique. Il faut en outre, et surtout, s’entendre sur la répartition des portefeuilles-clés, porteurs du vrai pouvoir, comme l’Intérieur, les Finances, les Affaires étrangères, les Travaux publics, l’Énergie, les Télécoms. Et la Justice, si importante aux yeux de tous, en raison du tribunal international, bête noire notoire de Damas. Cet écueil de pas-de-porte devrait toutefois être contourné, avec l’éventuel concours du comité arabe de conciliation, qui reste mobilisé jusqu’aux législatives. Comme avec le concours du président de la République qui confierait, en arbitre, trois départements litigieux aux ministres gravitant dans sa propre orbite. Mais la tâche serait plus difficile s’il y a dispute autour du programme du gouvernement, entendre de sa déclaration ministérielle. Pourra-t-on, voudra-t-on, y éluder les dossiers de l’armement du Hezbollah, de la stratégie de défense, de la décision de guerre et de paix, de la souveraineté de l’État sur le territoire national, des relations avec Damas, de l’implication dans le conflit des axes ? Avant même que d’en arriver à la rédaction de ce texte-engagement capital, tout pourrait capoter lors du dialogue que le chef de l’État doit initier à Baabda. D’autant que les opposants laissent entendre qu’ils comptent faire échec à des projets de travaux, ou de réformes, prévus dans le cadre de Paris III. De même qu’ils annoncent vouloir faire annuler nombre de décisions diverses prises par le gouvernement Siniora. Il paraît dès lors raisonnable de penser qu’un cabinet dit d’entente, s’il voit le jour, ne serait là que pour expédier les affaires courantes. Juste de quoi offrir au pays un répit économique estival bien venu. Pour céder ensuite la place à une équipe d’extraparlementaires chargée de préparer et d’organiser les législatives. En gros, et à l’évidence, la balle est dans le camp des Syriens et des Iraniens. La réussite du régime Sleimane dépend de leur bon vouloir et de leurs consignes à leurs amis du cru. Ils peuvent coopérer positivement comme Nasser l’avait fait avec Chéhab. Ou tout torpiller, comme Assad père l’avait fait avec Sarkis, en bombardant Achrafieh pendant cent jours.
La crise libanaise est-elle maintenant terminée ? Difficile à dire. Ou encore à croire, dans le contexte complexe de ses implications locales, régionales, arabes et internationales. L’arrangement de Doha peut ne constituer qu’une trêve. Brève, si les vieux démons devaient reprendre le dessus, la semaine prochaine. À la suite de potentiels tiraillements accompagnant la formation du prochain cabinet. Car décider d’y octroyer 16 sièges à la majorité, 11 à la minorité et 3 au président ne suffit pas.
On doit, dès le coup de sifflet, tester les vraies intentions des prosyriens. À travers la question de la désignation d’un Premier ministre, et de leur prétendu droit de veto à cet égard. Pour leur rendre la monnaie de leur pièce, les loyalistes pourraient user du même droit en ce qui concerne les ministrables du...