RACISME
Douze morts dans des attaques
xénophobes en Afrique du Sud
le 19 mai 2008 à 00h00
Une vague de violence contre les étrangers déclenchée dimanche dernier est montée d’un cran ce week-end, faisant au moins 12 morts depuis vendredi à Johannesburg, la capitale économique de l’Afrique du Sud, a indiqué hier la police dimanche.
«Depuis vendredi, douze personnes ont été tuées », a déclaré à l’AFP un responsable régional de la police, Govindsamy Mariemuthoo. « Il y a eu des centaines d’arrestations », a-t-il ajouté, précisant que les troubles d’hier se sont concentrés dans le centre-ville et les quartiers est. La police a « fait usage de balles en caoutchouc » pour disperser des groupes qui voulaient s’en prendre aux étrangers, mais « pour le moment, le calme est revenu », a-t-il précisé. Il a estimé que des délinquants pouvaient mettre à profit les troubles pour régler des comptes parce que « certaines victimes sont sud-africaines ». « Nous condamnons ces attaques et nous continuerons à maintenir l’ordre dans les zones concernées, où les forces de l’ordre sont nombreuses », a indiqué M. Mariemuthoo.
Un peu plus tôt, une porte-parole de la police locale avait fait état de six morts et 50 blessés hospitalisés à Johannesburg. M. Mariemuthoo n’a pas donné de bilan des blessés.
Les étrangers, et particulièrement les Zimbabwéens fuyant les violences postélectorales du 29 mars, ont été pris pour cible par des foules armées de machettes et d’armes à feu dans certains des quartiers les plus pauvres de Johannesburg malgré les appels au calme et une condamnation générale des attaques par les politiques. « De nombreux étrangers ont été attaqués » et « la plupart des dégâts ont été causés à des propriétés appartenant apparemment à des étrangers », a indiqué la porte-parole de la police, Cheryl Engelbrecht, à l’AFP.
Le président sud africain Thabo Mbeki a annoncé hier qu’une commission avait été mise en place pour étudier ces attaques xénophobes et demandé à la police d’agir fermement contre les auteurs de ces actes, selon l’agence sud-africaine SAPA. Le président du Congrès national africain (ANC), Jacob Zuma, a également condamné les dernières violences, les pires depuis le début des tensions qui sont apparues le 11 mai dans le township d’Alexandra. « Nous ne pouvons permettre que l’Afrique du Sud soit célèbre pour sa xénophobie. Nous ne pouvons pas être un pays xénophobe », a-t-il déclaré, également cité par SAPA.
La majorité des immigrants qui sont venus en Afrique du Sud ces dernières années vient du Zimbabwe, avec un total estimé de 3 millions. Certains Sud-Africains les accusent d’être responsables de la criminalité et du chômage. Selon Éric Goemaere, coordinateur de Médecins sans frontières à Johannesburg, les victimes « racontent que ce sont des bandes organisées de 100 à 300 jeunes qui entrent dans les maisons, les appartements et les cabanes ». « C’est une violence assez extrême » et « il y a une intention de tuer », a-t-il affirmé à l’AFP.
Une vague de violence contre les étrangers déclenchée dimanche dernier est montée d’un cran ce week-end, faisant au moins 12 morts depuis vendredi à Johannesburg, la capitale économique de l’Afrique du Sud, a indiqué hier la police dimanche.
«Depuis vendredi, douze personnes ont été tuées », a déclaré à l’AFP un responsable régional de la police, Govindsamy Mariemuthoo. « Il y a eu des centaines d’arrestations », a-t-il ajouté, précisant que les troubles d’hier se sont concentrés dans le centre-ville et les quartiers est. La police a « fait usage de balles en caoutchouc » pour disperser des groupes qui voulaient s’en prendre aux étrangers, mais « pour le moment, le calme est revenu », a-t-il précisé. Il a estimé que des délinquants pouvaient mettre à profit les troubles pour régler des...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.