À Saïda
Une réunion sécuritaire s’est tenue hier au Sérail de Saïda, dans les bureaux du commandant des Forces de sécurité intérieure de la région du Sud, le colonel Mounzer Ayoubi. Cette réunion s’est déroulée en présence des commandants des Sérails de Saïda, Tyr et Nabatiyeh. La réunion a porté sur la situation sécuritaire au Sud de manière générale, et plus précisément sur les modalités de reprise de la vie normale dans la ville de Saïda. Les instructions nécessaires ont été données pour multiplier les patrouilles dans les régions et les zones sensibles pour consolider le calme dans la ville et rouvrir les écoles et les universités dans les prochaines 48 heures. Un numéro de téléphone unifié, le 112, sera désormais disponible pour toutes les chambres d’opérations du Sud.
Le bureau de la députée Bahia Hariri a par ailleurs annoncé que les institutions, les bureaux, les centres et les écoles de la Fondation Hariri, qui avaient été fermés par la force durant les derniers événements, ont été restitués à la Fondation. Seules deux permanences du Courant du futur sont toujours interdites de fonctionnement. Mme Hariri a, de son côté, souligné que son discours « sera toujours modéré et rassembleur ». « Nous avons réussi à protéger la ville par l’union de ses habitants et leur désir de stabilité », a-t-elle dit. Et d’ajouter : « Nous ne nous laisserons pas entraîner dans la discorde. Nous n’avons jamais eu d’armes et n’en aurons jamais. » Bahia Hariri a enfin affirmé avoir « foi dans la paix civile et la coexistence ».
De plus, le Bureau des professions libérales du Courant du futur à Saïda et à Tyr a appelé à la participation au sit-in quotidien au Beyrouth Hall à Sin el-Fil, bâtiment actuel de la Future, par solidarité pour la liberté de la presse.
De son côté, le député de Saïda de l’Organisation populaire nassérienne, Oussama Saad, a affirmé « le refus de l’opposition de tout dialogue extérieur au cadre de l’initiative arabe qui prône l’élection d’un président, la formation d’un gouvernement de participation nationale et la mise en place d’une nouvelle loi électorale ». Il a souligné que « l’inscription de nouveaux sujets à l’ordre du jour du dialogue, notamment le sujet des armes de la Résistance, est inutile et n’est pas dans l’intérêt du Liban ». Il a de plus précisé que « la pression de la rue et la désobéissance civile ont réussi à faire tomber les deux décisions de la discorde ». À l’issue d’une réunion à Saïda avec la Jamaa islamiya, le député a affirmé son « appui à l’initiative arabe et à la participation de tous pour parvenir à une solution ».
Également à Saïda, une réunion s’est déroulée entre le commandement de la Jamaa islamiya et le président de la municipalité de Saïda, Abdel-Rahman Bizri.
À Beyrouth
Le chef du Courant du futur, le député Saad Hariri, a annoncé dans un communiqué qu’« il a chargé des équipes techniques d’évaluer l’ensemble des dégâts résultant de l’invasion de la ville de Beyrouth et de toutes les régions par le Hezbollah et ses partenaires ». Il a précisé que « cette évaluation vise à indemniser les citoyens dont les biens ont été endommagés ».
Par ailleurs, une réunion élargie a regroupé à l’église Saint-Georges de Chiyah les dirigeants de tous les partis chrétiens de la région. Ont ainsi répondu à l’appel du président du parti Kataëb de Chiyah, Halim Matar, le parti Kataëb, les Forces libanaises, le Courant patriotique libre, le Parti national libéral ainsi que le président de la municipalité de Chiyah, Edmond Gharios, et les membres du conseil municipal. La réunion a porté sur la situation et les dirigeants se sont entendus « sur la nécessité de préserver la sécurité et le calme dans la région et de barrer la route à toute tentative de semer la discorde ». Ils se sont également mis d’accord sur la nécessité de ne prendre aucune décision de manière unilatérale. Ils ont affirmé que tous les habitants de Chiyah sont des frères de part et d’autre de la vieille route de Saïda et ont enfin mis en place un comité dirigé par le président de la municipalité, Edmond Gharios, chargé de veiller sur la région.
Le mouvement nassérien indépendant des Mourabitoun a indiqué dans un communiqué qu’il « ne permettra à personne de porter atteinte à l’histoire des Mourabitoun et de leur chef Ibrahim Koleilate ». Il a précisé que « le dénommé Mohammad Dargham n’appartient en aucun cas au mouvement, mais qu’il en a usurpé le titre ».
À Tripoli
Le comité des habitants de Bab el-Tebbané à Tripoli a affirmé « sa détermination à épargner à sa région les conséquences des événements et des conflits au Liban ». Il a souligné « son refus d’entrer dans un conflit confessionnel et communautaire » et a mis l’accent sur « sa volonté de coexistence et sur l’importance de la sécurité et la stabilité au Liban et plus particulièrement à Bab el-Tebbané ». Le comité a également insisté sur la nécessité « que l’armée et les forces sécuritaires maintiennent la sécurité dans la région », affirmant « être prêt à coopérer pour le maintien de la sécurité des habitants et de la région ».
Il reste que, dans un reportage de l’AFP à Tripoli, Amer Ouali a indiqué que « les salafistes se disent déterminés à en découdre avec les alaouites proches du gouvernement syrien et du Hezbollah ». « C’est une partie décisive qui va se jouer entre nous et Hassan Nasrallah », affirme un homme qui se présente comme un ancien militaire expérimenté au combat, jurant ainsi qu’il est prêt à trancher la tête de quiconque touche à un cheveu de sunnite. Selon un cafetier portant une longue barbe et une calotte blanche, « la confrontation est inévitable si les autorités ne parviennent pas à désarmer les alaouites ».
De son côté, le député Hachem Alameddine a tenu une réunion à Minié, regroupant les personnalités politiques et sociales de la région. Les participants ont insisté sur « la nécessité de préserver la sécurité de la région et son caractère national, afin qu’elle reste un exemple de coexistence et de paix civile ».
Répondant au député Saad Hariri, la direction du PSNS a indiqué, dans un communiqué, que « les images du massacre de Halba sont plus sincères que ses discours. Et le monde entier est témoin de l’horreur de ce massacre ». Le communiqué a poursuivi que « la réponse de Hariri à la télévision al-Manar ne l’empêche pas de porter la responsabilité, car nous sommes les martyrs ».
À Aley et au Chouf
Selon notre correspondant Amer Zeineddine, des armes du PSP ont été remises à l’armée à Choueifate. De plus, alors que le calme règne à la Montagne et que les écoles et les universités publiques et privées ont rouvert leurs portes, le sort de deux personnes de Kfarkatra enlevées par le Hezbollah durant les derniers événements, Khaled Barakat et Saleh Saleh, demeure inconnu.
Enfin, les représentants des municipalités et les moukhtars des villages de Aley-Ouest, notamment de Aramoun, Bchémoun, Aïn Anoub, Aïnab, Aïtate, Chemlane, Bayssour, Majdlaya, Deir Koubel, al-Bassatine et Sarhmoul, ont tenu mercredi une réunion à la municipalité de Aramoun. À l’issue de la réunion, ils ont salué l’entente entre les deux personnalités druzes, Walid Joumblatt et Talal Arslane, pour régler les incidents qui se sont déroulés dans la région, pour instaurer un cessez-le feu et consolider la coexistence. Ils ont également apporté leur soutien au communiqué du commandement de l’armée garantissant la paix civile. Ils ont aussi décidé de poursuivre leurs rencontres afin de suivre de près les développements et se sont entendus pour tenir une réunion élargie avec le chef du Parti démocratique libanais, Talal Arslane.
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