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Calcio : l’Inter Milan et la peur du 5 mai 2002

L’Inter a dominé toute la saison, mais, à un match de la fin du championnat d’Italie, talonnée par la Roma, elle redoute son voyage à Parme dimanche, de peur de revivre le cauchemar du 5 mai 2002 lorsqu’elle avait incroyablement laissé filer le titre à la dernière journée. « On va devoir aller à Parme pour gagner. Mais on n’a pas peur. Pas du tout », assurait dimanche Roberto Mancini, entraîneur d’une équipe qui n’a plus quitté la tête de la Série A depuis fin septembre. Pourtant, peu auparavant, ses joueurs, dévorés par la pression et l’enjeu devant 80 000 tifosi, avaient laissé échapper un scudetto qui tendait les bras. Un succès valait untitre face à Sienne, mais, après avoir mené à deux reprises, ils ont à chaque fois laissé l’adversaire égaliser. Materazzi, les jambes flageolantes, a ensuite manqué un penalty à une dizaine de minutes de la fin. Et aujourd’hui, l’équipe milanaise doit l’emporter lors de l’ultime journée pour être championne. Comme en 2002, l’année à l’épilogue le plus cruel de ses 100 ans d’existence, restée comme celle où ce n’est pas la Juventus qui a gagné le scudetto, mais l’Inter qui l’a perdu. Ambiance irréelle Au matin du 5 mai 2002, l’Inter, qui s’en va à Rome affronter la Lazio, est en tête (69 points) devant la Juventus (2e, 68 points) et la Roma (3e, 67 points) qui se déplacent sur les terrains de l’Udinese et du Torino. Toute la semaine, la préparation est très décontractée. Les Nerazzurri, sûrs d’eux, n’imaginent pas autre chose qu’un succès au Stade olympique. De surcroît, à Rome, les tifosi laziali prennent fait et cause pour l’Inter car ils ne veulent pas que l’équipe qu’ils détestent le plus, la Roma, soit sacrée. Au cours du match, l’ambiance en devient irréelle puisque tout le stade est acquis à la cause de Lombards. Une banderole des supporteurs romains invite même le gardien Peruzzi « à se reposer contre le poteau » pour laisser filer les tirs milanais. En première période, l’Inter mène deux fois au score grâce à Vieri puis Di Biagio. Après les deux buts, les Laziali de la « Curva nord » exultent. Mais les Nerazzurri sont vraiment trop tendus et, les deux fois, la Lazio va égaliser grâce à Poborsky. En retour, le Tchèque est copieusement sifflé et insulté par ses propres supporteurs. En seconde période, le club milanais va totalement s’effondrer et s’incliner 4 à 2. Avec une formation déséquilibrée, trop riche d’attaquants (Ronaldo, Vieri et Recoba), elle encaisse deux buts de Simeone et Inzaghi. Materazzi en larmes Pendant ce temps-là, la Juve et la Roma s’imposent, et c’est à la « Vieille Dame » que revient le scudetto, l’Inter terminant finalement 3e. Materazzi, le dur à cuir, et la star Ronaldo, notamment, sont en larmes. Ce jour-là, l’Inter fit beaucoup pour sa réputation de club « qui ne gagne jamais » malgré un effectif truffé d’internationaux. Il sortira même une édition satirique du Monopoly, le « Perdentopoli ». En 2008, le souvenir de ce maudit 5 mai demeure vivace chez les Intéristes, le capitaine Zanetti l’évoquant notamment comme le pire moment de ses 13 saisons au club. Aussi cette semaine se sont-ils calfeutrés dans leur centre d’entraînement d’Appiano Gentile, se gardant de toute déclaration. « Inconsciemment, nous étions allés à Rome en pensant avoir déjà gagné. Ce fut la chose la plus nuisible. Mais nous ne nous ferons plus avoir », expliquait il y a peu Materazzi, jurant qu’il n’y aurait plus d’autre « 5 mai ». Pour voir si la leçon a été retenue, réponse dimanche.
L’Inter a dominé toute la saison, mais, à un match de la fin du championnat d’Italie, talonnée par la Roma, elle redoute son voyage à Parme dimanche, de peur de revivre le cauchemar du 5 mai 2002 lorsqu’elle avait incroyablement laissé filer le titre à la dernière journée.
« On va devoir aller à Parme pour gagner. Mais on n’a pas peur. Pas du tout », assurait dimanche Roberto Mancini, entraîneur d’une équipe qui n’a plus quitté la tête de la Série A depuis fin septembre.
Pourtant, peu auparavant, ses joueurs, dévorés par la pression et l’enjeu devant 80 000 tifosi, avaient laissé échapper un scudetto qui tendait les bras. Un succès valait untitre face à Sienne, mais, après avoir mené à deux reprises, ils ont à chaque fois laissé l’adversaire égaliser. Materazzi, les jambes flageolantes, a...