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Actualités - Opinion

Citoyen Grognon Complainte du citoyen Anne-Marie EL-HAGE

Pauvre citoyen, obligé, une fois de plus, de faire face à une situation de guerre qu’il n’a pas voulue, mais qu’on lui impose. De voir réapparaître armes en tout genre, habits militaires, cagoules, graffitis et autres symboles de la violence milicienne. De se terrer dans des abris de fortune pour échapper à la folie meurtrière des combattants. De devoir plier bagage à la hâte, pour aller se réfugier en lieux sûrs. De voir ses compatriotes et ses proches attaqués, humiliés, enlevés, tués. De voir ses biens violés, saccagés, brûlés, pillés. D’observer la discorde faire tache d’huile et se répandre autour de lui dans les ruelles, les artères, entre habitants d’un même quartier, entre voisins, entre familles. D’entendre encore et toujours la même hargne des mêmes politiciens déverser leur venin en direct, sans aucune retenue, de plus en plus agressive. Sa liberté de penser, de s’exprimer ? Désormais limitée, muselée, comme l’a déjà été celle de certains médias. Sa liberté de se déplacer ? Également restreinte, refrénée par les menaces, les barrages, les murs de sable qui ferment les routes entre quartiers, qui verrouillent l’aéroport et le port, séparant les Libanais de l’étranger de leurs familles, bloquant des milliers de personnes à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Sa liberté de vivre dignement ? Capturée par la loi des armes, prisonnière de la discorde confessionnelle. Il espérait, pourtant, le citoyen, dans toute sa naïveté, que le conflit armé était une ligne rouge, que plus jamais les fils de son pays ne se retourneraient les uns contre les autres, que l’arsenal était seulement dirigé contre l’ennemi commun et non pas destiné à combattre des frères, des compatriotes. Il espérait aussi, le citoyen, dans toute sa candeur, que les hommes politiques sauraient trouver une issue pacifique à la crise, aussi grave soit-elle. Il espérait surtout que le bon sens, la raison et le patriotisme prendraient le dessus sur le langage de la force et les instincts destructeurs. Mais non, rien de tel. C’est une réalité aussi difficile que triste qu’il devra désormais affronter. L’inconnu ? Certes, mais un inconnu fait de scènes malheureusement trop familières dans l’inconscient collectif, car déjà vécues, dans toute leur horreur et leur désolation. Pauvre citoyen !
Pauvre citoyen, obligé, une fois de plus, de faire face à une situation de guerre qu’il n’a pas voulue, mais qu’on lui impose.
De voir réapparaître armes en tout genre, habits militaires, cagoules, graffitis et autres symboles de la violence milicienne.
De se terrer dans des abris de fortune pour échapper à la folie meurtrière des combattants.
De devoir plier bagage à la hâte, pour aller se réfugier en lieux sûrs.
De voir ses compatriotes et ses proches attaqués, humiliés, enlevés, tués.
De voir ses biens violés, saccagés, brûlés, pillés.
D’observer la discorde faire tache d’huile et se répandre autour de lui dans les ruelles, les artères, entre habitants d’un même quartier, entre voisins, entre familles.
D’entendre encore et toujours la même hargne des mêmes politiciens déverser leur venin...