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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Autour d’un incident Il a fallu le rapt d’une délégation socialiste sur le chemin de l’aéroport pour toucher du doigt ce mal incurable qui, depuis des décennies, ternit notre image et détruit notre réputation à l’étranger. Nous nous adressons, ici, au ministère de l’Intérieur et aux soldats alignés tout le long de la route de l’aéroport pour leur demander des explications sur leur non-intervention et exiger que les coupables soient arrêtés et punis. Le peuple libanais est fatigué des enquêtes inachevées, des crimes escamotés pour faire plaisir à X ou Y. Le peuple en a assez de voir des énergumènes arrêter des victimes, leur bander les yeux et les emmener dans leur ghetto où la loi n’est pas appliquée. Nous exigeons du gouvernement qu’il désarme les milices, à quelque bord qu’elles appartiennent, et applique la loi dans toute sa rigueur envers tout contrevenant. Les événements de ces derniers jours, qui vont avoir des répercussions dans la presse internationale, constituent une très mauvaise publicité pour notre pays et retardent nos efforts pour sauver la saison touristique. Raymond NAHAS La politique de l’autruche Vous pouvez fermer la fenêtre et regarder droit devant vous lorsque, à un feu rouge, un jeune mendiant s’agrippe à la portière de votre voiture. Vous pouvez baisser la tête lorsque, au sortir d’un magasin, alors que vos bras sont chargés de paquets, un vieil homme vous accoste en vous pressant de lui donner l’aumône. Vous pouvez enfin hâter le pas lorsque, sur le parvis de l’église, une femme habillée en bédouine vous arrose de ses bénédictions. Mais quand dans la rue, près du trottoir, vous apercevez un individu penché sur une benne verte à ordures, fouillant et farfouillant dans les détritus, il ne vous est plus possible de pratiquer la politique de l’autruche. Étrange paradoxe, vous ne pouvez plus, vous ne voulez plus détacher votre regard d’une scène si insoutenable. Vous arrêtez net votre voiture, quitte à la garer en double file aux heures d’embouteillage, et vous vous dirigez vers lui qui ne vous voit pas, absorbé qu’il est dans l’ouverture de sacs ficelés et dans le tri de Dieu sait quels objets. Sa mine sombre est triste et concentrée. Sans lever le regard, il reçoit avec gratitude, mais silencieusement et dignement, le billet que vous lui glissez, et vous osez lui demander ce qu’il recherche. D’une voix presque inaudible, mais assez perceptible pour y distinguer un accent libanais, il répond honteux, les yeux toujours plongés dans les déchets?: «?De la nourriture, un vêtement, ou même des bocaux en verre que je pourrai revendre.?» Vous venez de côtoyer un homme tentant désespérément de caler sa faim. Vous remontez dans votre véhicule climatisé, honteux à votre tour de vos kilos en trop, culpabilisé de votre tendance au gaspillage et révolté de tant d’injustice. La situation, devenue si fréquente, est humiliante. Non seulement pour cet infortuné, mais pour chacun de nous préoccupé par ses propres ennuis, et aussi pour chaque responsable obnubilé par de prétendues priorités. Elle est surtout dégradante pour chaque détracteur de l’État qui, en voulant anéantir nos institutions, sape notre économie, étouffe dans l’œuf toute tentative de développement, fait monter en flèche le chômage et l’inflation, et paralyse chez beaucoup tout espoir de subsistance dans un minimum de décence. Claude ASSAF Du zénith aux abysses Je comprends aujourd’hui amèrement le sens du mot déchéance. Autrefois souverainiste, présentement populiste. Le discours honnête fait place au langage de charretier. Le respect aux vivants est trahi par l’irrespect aux morts. De profundis... prions ensemble pour la rédemption du Liban. Jean-Paul MICHEL Double injustice Pour le prix de vingt bidons d’essence de 20 litres chacun ou pour un abonnement de trois mois au générateur du quartier, vous pouvez louer un appartement en plein cœur de Beyrouth. Cette offre exceptionnelle n’est point fictive. Elle concerne les anciens loyers, qui ne dépassent pas parfois le nouveau salaire de base de 500 000 livres libanaises approuvé récemment par le Conseil des ministres. Pour l’équivalent d’un mois de loyer, on peut donc, et pour un an, ?rester tranquille grâce à un contrat périmé légalement depuis plus d’un an, mais qu’aucun juge n’ose trancher. Ainsi, et par désespoir, on assiste actuellement à une vente spectaculaire d’anciens immeubles. Le but de ces transactions, selon plusieurs experts, est d’aboutir à un changement démographique de certaines régions de la capitale et ses banlieues, puisqu’une procuration de vente peut durer dix ans avant que la ?vraie personne concernée révèle son identité. C’est là que réside le danger. Des capitaux qui affluent, on ne discute plus les prix, on achète et tant pis pour le reste…?Une double injustice qui pourrait être réglée si l’on assurait à ce propriétaire le minimum pour qu’il puisse subsister. Antoine SABBAGHA
Autour d’un incident

Il a fallu le rapt d’une délégation socialiste sur le chemin de l’aéroport pour toucher du doigt ce mal incurable qui, depuis des décennies, ternit notre image et détruit notre réputation à l’étranger.
Nous nous adressons, ici, au ministère de l’Intérieur et aux soldats alignés tout le long de la route de l’aéroport pour leur demander des explications sur leur non-intervention et exiger que les coupables soient arrêtés et punis.
Le peuple libanais est fatigué des enquêtes inachevées, des crimes escamotés pour faire plaisir à X ou Y. Le peuple en a assez de voir des énergumènes arrêter des victimes, leur bander les yeux et les emmener dans leur ghetto où la loi n’est pas appliquée.
Nous exigeons du gouvernement qu’il désarme les milices, à quelque bord qu’elles...