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Actualités - Opinion

Armement : parallèle condensé entre les Palestiniens d’hier et le Hezb d’aujourd’hui Émile KHOURY

Dans les années 70, les Palestiniens, des intrus bardés d’armes. Aujourd’hui, le Hezbollah, parti libanais, encore plus lourdement outillé. Pour l’État de droit souverain, un même problème, quoique à visages différents. Dans le premier cas, les fedayins s’abritaient derrière la prétendue transcendance de leur cause. Justifiant leur arsenal par la volonté, tout aussi prétendue, de libérer leur patrie à partir du territoire libanais. Jounieh compris, selon le mot célèbre d’Abou Ayad. Ils étaient soutenus financièrement ou militairement par nombre de pays arabes. Dont l’Arabie saoudite, la Libye, le Koweït, l’Irak et la Syrie. Le Hezbollah soutient, à son tour et pareillement, qu’il a pour objectif de libérer le territoire national de l’occupant israélien. Voire, si l’on se réfère à ses principes initiaux comme à ses théoriciens, de rayer l’État hébreu de la carte. En gardant le droit de rester armé, sur pied de guerre, tant que le danger israélien subsiste. La présence palestinienne armée avait provoqué d’innombrables incursions israéliennes, des raids variés, des opérations de commando, des coups de main pour l’assassinat de cadres palestiniens. Ainsi que deux grandes invasions, en 78 et en 82, les troupes envahissantes atteignant alors Beyrouth. Seule capitale arabe à tomber sous l’occupation de l’ennemi. La résistance du Hezbollah s’est de même soldée par de lourdes pertes en vies humaines, en infrastructures, en exodes. Même après la libération du Sud, comme en témoignent les frappes aériennes israéliennes régulières visant notamment le réseau libanais d’énergie électrique. Et, surtout, la guerre de juillet 2006. Dont le résultat sur le terrain est certes à mettre à l’actif du parti de Dieu, puisque Israël n’a pas réussi à l’éliminer. Mais à quel prix. Reptation Retour au fond même du problème, vu sous l’angle du Cèdre. Petit à petit, les organisations palestiniennes avaient réussi à se tailler un État de facto bien à elles au Liban. Un long moment, elles ont même contrôlé, en association avec le Mouvement national, la moitié ouest de Beyrouth. Sous le prétexte initial que l’État libanais n’était pas en mesure de protéger les camps et encore moins la cause palestinienne. À dire vrai, elles avaient un peu raison, mais dans un sens contraire. C’est-à-dire que l’État libanais n’était pas capable de les mettre elles-mêmes au pas, comme la Jordanie l’avait fait. Contraintes et forcées, les autorités libanaises avaient dû souscrire à la convention du Caire, qui préservait une façade de souveraineté nationale. Déjà trop pour l’OLP qui, en pratique, a rapidement foulé aux pieds ce chiffon de papier. Les provocations palestiniennes incessantes, soutenues par une frange locale, ont fini par provoquer la guerre de 1975. Suivie, pendant près de 15 ans, par tant d’autres conflits armés. Ce qui a permis à la Syrie, avec l’assentiment des USA et d’Israël, de prendre en main la carte libanaise. Pour contenir les Palestiniens dans un premier temps, les empêcher de battre les Libanais de l’Est. Puis pour les chasser de Tripoli, comme les Israéliens l’avaient fait de Beyrouth, et forcer l’OLP à aller s’installer en Tunisie. Tutelle syrienne confirmée par les accords de Taëf. Vite tronqués, contournés ou trahis, à cause des limites qu’ils posaient à la mainmise de Damas. S’exerçant dès lors sans retenue pendant 15 autres années. Avec élimination ou marginalisation des alliés du début, les indépendantistes libanais. Partie terminée avec le retrait des troupes syriennes en 2005 ? Pas du tout. Elle reprend de plus belle, sur les mêmes bases. C’est-à-dire que le régime syrien cherche à nouveau, en s’appuyant sur une fraction locale, à rétablir sa tutelle sur ce pays, sous une forme ou sous une autre. Son principal atout restant le Hezbollah, son armement et ses velléités flagrantes de disposer d’un État de facto bien à lui. À moins qu’on ne lui permette de contrôler, également de fait, tout le Liban politique par le biais d’un nouveau Taëf dit des trois parts au lieu des deux. Mais en tout cas, c’est jouer avec le feu. Car l’existence d’un armement non étatique induit, qu’on le veuille ou non, un risque objectif de guerre civile. Ou plus exactement, comme jadis, de guerre domestique pour le compte d’autrui. En raison de la même quadrature de cercle : un État libanais central trop faible pour désarmer les milices et pour assurer sa souveraineté sur le territoire national, comme le commandent les résolutions 1559 et 1701 de l’ONU.
Dans les années 70, les Palestiniens, des intrus bardés d’armes. Aujourd’hui, le Hezbollah, parti libanais, encore plus lourdement outillé. Pour l’État de droit souverain, un même problème, quoique à visages différents.
Dans le premier cas, les fedayins s’abritaient derrière la prétendue transcendance de leur cause. Justifiant leur arsenal par la volonté, tout aussi prétendue, de libérer leur patrie à partir du territoire libanais. Jounieh compris, selon le mot célèbre d’Abou Ayad. Ils étaient soutenus financièrement ou militairement par nombre de pays arabes. Dont l’Arabie saoudite, la Libye, le Koweït, l’Irak et la Syrie.
Le Hezbollah soutient, à son tour et pareillement, qu’il a pour objectif de libérer le territoire national de l’occupant israélien. Voire, si l’on se réfère à ses...