Le président bolivien Evo Morales se retrouvait hier sous pression, au lendemain d’un vote massif en faveur de l’autonomie de la région de Santa Cruz, qui relance une profonde crise politique.
Après le référendum de dimanche dans cette opulente province de l’est, la menace de consultations similaires pèse désormais dans les autres régions aux mains de l’opposition libérale qui contestent férocement depuis plusieurs mois la politique d’Evo Morales, un admirateur déclaré du leader cubain Fidel Castro. Conscientes du danger, les autorités persistaient hier à relativiser la portée de ce référendum, jugé « illégal et anticonstitutionnel » par le chef de l’État qui a lancé un timide appel au « dialogue ». « La réalité politique n’admet pas les artifices médiatiques. La réalité politique est froide, elle se fonde sur la réalité sociale », a déclaré Alfredo Rada, porte-parole du gouvernement, sur la chaîne de télévision ATB.
Poumon économique du pays, la région de Santa Cruz, dotée des principaux gisements de gaz, dénonce la nouvelle Constitution défendue par M. Morales, premier président amérindien de Bolivie, qui prône une plus grande redistribution en faveur des communautés défavorisées des Andes.
« Le “oui” a explosé et Morales n’accepte pas sa défaite », tempête en une le quotidien de référence, El Deber, pourtant considéré comme l’un des journaux les plus mesurés. Près de 86 % des électeurs de cette province de 2,5 millions d’habitants, le quart de la population totale, ont voté dimanche pour un statut d’autonomie, visant à lui donner le droit de gérer ses ressources et de créer sa propre force de police.
« Ce n’est pas la fin du processus, c’est le début d’une lutte héroïque pour la démocratisation du pouvoir », s’est exclamé le gouverneur de Santa Cruz, Ruben Costas, pendant les festivités qui ont rassemblé plusieurs milliers de personnes toute la nuit.
Après une journée électorale émaillée d’incidents qui ont fait une trentaine de blessés, le calme était total hier dans les rues de la capitale régionale.
Mais, la fronde fait déjà tache d’huile dans trois autres régions prospères qui représentent avec Santa Cruz plus des deux tiers de la richesse nationale. En attendant le vote des autres régions, Santa Cruz n’a toutefois aucun moyen d’imposer son autonomie. Le gouvernement avait démontré son autorité et son pouvoir, en gelant brièvement les comptes de la province rebelle, en guise d’avertissement provisoire.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président bolivien Evo Morales se retrouvait hier sous pression, au lendemain d’un vote massif en faveur de l’autonomie de la région de Santa Cruz, qui relance une profonde crise politique.
Après le référendum de dimanche dans cette opulente province de l’est, la menace de consultations similaires pèse désormais dans les autres régions aux mains de l’opposition libérale qui contestent férocement depuis plusieurs mois la politique d’Evo Morales, un admirateur déclaré du leader cubain Fidel Castro. Conscientes du danger, les autorités persistaient hier à relativiser la portée de ce référendum, jugé « illégal et anticonstitutionnel » par le chef de l’État qui a lancé un timide appel au « dialogue ». « La réalité politique n’admet pas les artifices médiatiques. La réalité politique est...