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Actualités - Chronologie

«Le statut de l’écrivain» au Centre culturel d’Antélias

Le 23 avril au soir, le Mouvement culturel d’Antélias organisait une table ronde en collaboration avec l’ambassade du Mexique autour d’Alberto Ruy-Sánchez et des écrivains Jabbour Doueihy, Charif Majdalani et Alexandre Najjar. Notre collaboratrice Fifi Abou Dib dirigeait le débat sur le thème du «?statut de l’écrivain?». Peut-on s’autoproclamer écrivain ? Pour Alexandre Najjar, «?il y a une sorte de honte à s’affirmer écrivain ou artiste en Orient. Par conséquent, tout artiste a du mal à faire rémunérer son travail, qui n’est jamais perçu comme un service rendu?». Pour Alberto Ruy-Sánchez, au Mexique, l’écrivain jouit d’une haute considération. «?En Amérique latine, toute personne qui a écrit un livre est portée aux nues. Les journaux lui offrent leur une, elle est sollicitée pour intervenir sur tous les sujets de société. Cela est dû à la fascination pour le modèle français qui sévit là-bas depuis la fin du XIXe siècle, et c’est heureux car l’Amérique n’est pas loin, où l’argent est la seule mesure des choses. Cette mentalité a très vite affecté le législateur mexicain qui n’hésite pas à appliquer au livre les mêmes réglementations fiscales qu’aux produits de consommation courante, ce qui pénalise gravement les éditeurs dont la “marchandise” ne s’écoule parfois qu’au bout de dix ans.?» Charif Majdalani (prix Tropiques 2008) soulignait avec humour qu’à la parution de son premier ouvrage, sa belle-mère s’était écriée, ravie?: «?Mon gendre est devenu écrivain?», ce qui reflète un regard positif de la société libanaise sur l’auteur d’un ouvrage. Il racontait également avoir rencontré de grands hommes d’affaires et d’importants politiciens qui lui avaient confié leur rêve d’être écrivains. En revanche, en tant qu’écrivain francophone, Majdalani affirmait se sentir davantage écouté et reconnu en France. Pour Jabbour Doueihy (présélectionné pour le Booker’s Price arabe 2008), le mot «?écrivain?» a toujours désigné en arabe l’écrivain public. Aussi, l’écrivain en Orient s’est toujours conformé aux règles strictes du «?adab?» (rhétorique) où la forme prime le fond. Il est donc davantage considéré comme un artiste que comme un penseur et, de ce fait, il est écarté du débat public qui privilégie le politicien, le sociologue ou l’économiste. Parmi les autres composantes du «?statut de l’écrivain?»?: l’auteur face à son œuvre. Écrire est-il un acte intime ou social?? Cette discussion s’est ensuite orientée sur l’engagement de l’écrivain. Au sujet du lieu mythique sur lequel se construit une œuvre, tel Mogador pour Alberto Ruy-Sánchez, Najjar a parlé de sa perception de Beyrouth comme ville de la liberté, et Majdalani de sa répugnance à aller voir de près les lieux qui le font rêver, de crainte d’en être déçu. Doueihy, quant à lui, a parlé de Zghorta, cette ville terre à terre qui est le pendant hivernal de Ehden, «?l’une romane et l’autre gothique, si vous voulez?» a-t-il conclu, taquin. Annonçant un Salon du livre arabe à Mexico pour l’année 2009, l’ambassadeur du Mexique, M. Jorge Alvarez Fuentes, a affirmé sa ferme volonté d’engager au Liban une diplomatie active dans tous les domaines.
Le 23 avril au soir, le Mouvement culturel d’Antélias organisait une table ronde en collaboration avec l’ambassade du Mexique autour d’Alberto Ruy-Sánchez et des écrivains Jabbour Doueihy, Charif Majdalani et Alexandre Najjar. Notre collaboratrice Fifi Abou Dib dirigeait le débat sur le thème du «?statut de l’écrivain?».
Peut-on s’autoproclamer écrivain ?
Pour Alexandre Najjar, «?il y a une sorte de honte à s’affirmer écrivain ou artiste en Orient. Par conséquent, tout artiste a du mal à faire rémunérer son travail, qui n’est jamais perçu comme un service rendu?».
Pour Alberto Ruy-Sánchez, au Mexique, l’écrivain jouit d’une haute considération. «?En Amérique latine, toute personne qui a écrit un livre est portée aux nues. Les journaux lui offrent leur une, elle est sollicitée pour...