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Actualités - Analyse

Éclairage Préparatifs de guerre au cas où...

Si la déclaration présidentielle adoptée mardi dernier par le Conseil de sécurité a été considérée comme une victoire par le camp hostile à la politique de l’Administration américaine au Liban, parce qu’elle a évité toute mention de l’élection présidentielle et du gouvernement actuel, des sources proches du Hezbollah continuent de croire qu’il faut rester prêt à toute éventualité. On se souvient que depuis quelques semaines, des piliers de la majorité avaient brandi la menace d’une déclaration présidentielle qui appellerait à une élection présidentielle immédiate, et certains avaient même parlé de la tenue d’une conférence spéciale sur le Liban, à l’instar de celle d’Annapolis consacrée au dossier israélo-palestinien. Or, toutes ces hypothèses ont été balayées par l’adoption d’une déclaration assez neutre, en raison notamment de l’opposition de la Chine, mais aussi celle de l’Afrique du Sud, de la Libye et de l’Indonésie. Mais pour les sources proches du Hezbollah, il ne faut pas pour autant baisser la garde, l’Administration américaine ayant encore beaucoup d’atouts pour provoquer des troubles dans la région. Les mêmes sources estiment ainsi que le président américain, qui doit se rendre dans la région le 15, mais pour participer aux cérémonies célébrant le 60e anniversaire de la création de l’État d’Israël, pourrait, à cette occasion, donner le feu vert à un nouveau cycle de violence dans la région. Les sources proches du Hezbollah considèrent ainsi que l’option de la guerre est toujours à l’ordre du jour, en dépit d’un certain changement de ton au sein de l’Administration américaine, dû principalement à l’aggravation de la crise économique aux États-Unis. Pour ces sources, si la guerre était déclenchée entre la seconde moitié de mai et la fin de juillet, elle ne pourrait pas cette fois rester limitée au Liban. Ces mêmes sources sont convaincues qu’Israël pourrait bien déclencher une attaque contre des positions du Hezbollah dans la Békaa-Ouest, ou au-delà du Litani, pour ne pas mettre en danger les forces de la Finul déployées au sud du fleuve et le long de la frontière. En se rapprochant géographiquement de la Syrie, cette agression, ajoutent les mêmes sources, entraînerait forcément une intervention de cette dernière, alors que les avions et les navires de guerre américains interviendraient pour frapper l’Iran. Ce scénario, qui reste probable, se heurte, selon les sources proches du Hezbollah, toutefois à de nombreux obstacles. D’abord et malgré l’accord tacite des États-Unis aux opérations de l’armée turque contre le PKK en Irak, la Turquie aurait refusé de laisser les avions américains survoler son territoire pour attaquer ensuite l’Iran. Les mêmes sources pensent d’ailleurs que la soudaine mise en cause du parti qui gouverne en Turquie pour fondamentalisme religieux par la Cour de cassation turque ne serait pas une simple coïncidence, mais une décision inspirée par les États-Unis. Par ailleurs, l’Administration américaine serait en train d’armer un groupe de Kurdes iraniens installés en Irak et qui ont pour objectif déclaré de renverser le régime iranien. Les Américains nient aider ce groupe, mais les responsables de celui-ci ne se privent pas de déclarer aux chaînes de télévision étrangères qu’ils bénéficient de leur appui. Les sources proches du Hezbollah laissent entendre que ce groupe pourrait ne pas être étranger à l’explosion de Chiraz en Iran, en dépit des dénégations officielles iraniennes... Les cartes de l’Iran De son côté, l’Iran détient aussi de nombreuses cartes dans la région et même au-delà. Il est ainsi devenu l’un des principaux facteurs de stabilité en Afghanistan et il détient une grande influence sur les anciennes régions soviétiques dans cette région. De même, il est l’un des pays les plus influents en Irak et il a réussi à établir des relations étroites avec toutes les parties, même au sein d’une seule communauté. Il est donc pratiquement le seul pays incontournable pour la sécurité dans ce pays. D’ailleurs, les sources proches du Hezbollah, révèlent que l’ancien commandant en chef des troupes américaines dans la région, le général William Fallon, avait établi une sorte de modus vivendi avec l’Iran en Irak, et les attaques contre les troupes américaines avaient significativement baissé. Lorsque le général Fallon a été contraint à démissionner, l’Administration Bush, voulant une politique plus musclée contre l’Iran, les opérations ont repris avec intensité. La réunion sécuritaire irano-américaine, qui avait été annulée, a été par la suite remplacée par une réunion des pays voisins de l’Irak qui s’est tenue à Damas en présence des Américains, des Saoudiens et des Iraniens... Enfin, l’Iran est influent dans la région du Golfe où il a d’excellentes relations avec de nombreux pays qui le craignent tout comme ils craignent le facteur chiite... Tout cela pour dire que le bras de fer entre l’Iran et l’Administration américaine se poursuit sur fond de tensions dans la région. Se dirige-t-on vers une guerre ? Nul ne saurait l’affirmer, estiment les sources proches du Hezbollah, mais les incidents qui se multiplient à Gaza et la prochaine visite de George Bush dans la région pourraient être le signe d’une escalade...Ils peuvent aussi ne pas aller plus loin. Ce qui est sûr, c’est qu’une nouvelle guerre ne pourrait être que régionale et son issue une grande inconnue. Scarlett HADDAD
Si la déclaration présidentielle adoptée mardi dernier par le Conseil de sécurité a été considérée comme une victoire par le camp hostile à la politique de l’Administration américaine au Liban, parce qu’elle a évité toute mention de l’élection présidentielle et du gouvernement actuel, des sources proches du Hezbollah continuent de croire qu’il faut rester prêt à toute éventualité. On se souvient que depuis quelques semaines, des piliers de la majorité avaient brandi la menace d’une déclaration présidentielle qui appellerait à une élection présidentielle immédiate, et certains avaient même parlé de la tenue d’une conférence spéciale sur le Liban, à l’instar de celle d’Annapolis consacrée au dossier israélo-palestinien. Or, toutes ces hypothèses ont été balayées par l’adoption d’une...