Le Signoret et le baron de Berry ont rempli tous deux leur vocation de voyageurs-représentants-placiers au rabais, chargés de vendre, chacun de son côté, une pâte à Koullouna aussi faisandée qu’indigeste. Pas un seul Saoudien, Qatari, Jordanien, Égyptien, Soudanais, Algérien, ou encore Français, Allemand, Britannique et Américain qui ne sache désormais emmêler et démêler, dans l’ordre ou le désordre, la lazagne tortueuse de la crise libanaise. Ce serait bien le diable si à ce stade les deux compères ne se dénichaient pas un comité Théodule libano-micronésien de bons offices, qui exigerait absolument leur présence à Palikir, la capitale de l’archipel. Les deux vieux canassons s’en iraient établir une étude comparée entre les lois électorales de 1960 et 2000 et leurs incidences respectives sur l’élection de Michel-Bidasse Ier.
Armé de sa sébile, de ses larmes et de son sourire en diagonale, le phénix du Grand Sérail a fait pratiquement le tour de tout ce que le Golfe renferme de roitelets exotiques de droit divin et recueilli leurs précieux conseils. Surtout de la part de ceux qui s’essuient les pieds sur leur opposition locale, la palme revenant évidemment au bon roi d’Arabie, le mec plus ultra de la démocratie et de l’alternance politique. Pour la énième fois, Rictus oblicus lui a déclaré sa flamme avec à la clé un orgasme de force 8 sur l’échelle de Richter.
Quelques jours auparavant, le demi-dieu syrien avait accueilli un autre énergumène, arrivé celui-là en droite ligne de son squat de Aïn el-Tiné. Répondant au doux nom d’Istiz Nabeuh, l’homme qui, dit-on, murmure à l’oreille des baassistes prétendait qu’il est président d’un Parlement dont il a perdu les clés, tenant des propos incohérents à propos d’une table de dialogue de sourds, qu’il se propose de monter pour tuer le temps. Le plus étrange est qu’il n’avait consommé aucune boisson alcoolique. Mais les experts sont formels : l’abus de tirs de joie peut être dévastateur pour le cerveau.
Bref, les deux VRP sont finalement rentrés au bercail pour constater, chacun de son côté, que la ménagerie locale était toujours en capilotade. Ils ont eu raison : personne ne s’était rendu compte qu’ils étaient partis.
Gaby NASR
Le Signoret et le baron de Berry ont rempli tous deux leur vocation de voyageurs-représentants-placiers au rabais, chargés de vendre, chacun de son côté, une pâte à Koullouna aussi faisandée qu’indigeste. Pas un seul Saoudien, Qatari, Jordanien, Égyptien, Soudanais, Algérien, ou encore Français, Allemand, Britannique et Américain qui ne sache désormais emmêler et démêler, dans l’ordre ou le désordre, la lazagne tortueuse de la crise libanaise. Ce serait bien le diable si à ce stade les deux compères ne se dénichaient pas un comité Théodule libano-micronésien de bons offices, qui exigerait absolument leur présence à Palikir, la capitale de l’archipel. Les deux vieux canassons s’en iraient établir une étude comparée entre les lois électorales de 1960 et 2000 et leurs incidences respectives sur...
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