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Actualités - Chronologie

Saoud el-Fayçal vole la vedette à Assad, et les absents ont parfois… raison

«Les obstructionnistes au Liban sont les mêmes qu’en Irak et en Palestine. Les tentatives visant à entraver l’initiative arabe au Liban et à pérenniser l’influence étrangère sur ce pays ont débuté dès l’assassinat de Rafic Hariri et se sont poursuivies avec les autres attentats, la démission des ministres chiites et la fermeture du Parlement libanais sans la moindre justification constitutionnelle ou légale. » On peut difficilement faire plus clair, et le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud el-Fayçal, a mis la barre très haut hier, de Ryad, où il a tenu une conférence de presse au moment même où se déroulait la séance inaugurale du sommet arabe, à Damas – volant pratiquement la vedette à l’hôte de ces assises réduites décidément à un minimum quasi syndical , Bachar el-Assad. D’autant plus qu’il était habilement secondé : « Nous appelons la Syrie à ouvrir une nouvelle page des relations interarabes en bannissant les conflits et les différends », a fait savoir Hosni Moubarak, révélant qu’il espérait un règlement de la crise « qui menace la sécurité du Liban » avant le sommet arabe. Un autre coup de main : celui du président russe sortant, Vladimir Poutine, qui a jugé « nécessaire », dans un message adressé aux participants aux assises arabes, de « protéger le Liban contre toute ingérence étrangère »… Les propos du chef de la diplomatie wahhabite feront sans doute date, mais avec ou sans eux, ce XXe sommet arabe aussi bien que la prestation du maître de cérémonies auraient été relégués au second, voire au troisième plan. Pas seulement à cause de l’intervention très Jerry Springer plus trash que nature du leader libyen Moammar Kadhafi, ni à cause du rachitisme et de la banalité annoncée des résolutions… Mais bien en raison de la plus assourdissante des absences : celle du (tout petit) Liban. Un sujet abordé par Bachar el-Assad, mais carrément du bout des lèvres, avec une brièveté inhabituelle et une condescendance presque insupportable : « La clé d’un règlement est aux mains des Libanais eux-mêmes ; ils ont un territoire, des institutions, une Constitution et la conscience nécessaire », s’est ainsi permis de dire le chef de l’État syrien, se défendant de tout ingérence de son pays dans les affaires libanaises. « Bien au contraire », a-t-il asséné, allant même jusqu’à se plaindre entre les lignes qu’on le lui a demandé et qu’il s’y est refusé. Des propos qui feraient rire s’ils ne risquaient pas de faire pleurer dans les jours qui viennent… Signe avant-coureur ? Le ministre démissionnaire hezbollahi de l’Énergie, Mohammad Fneich, n’a pas attendu longtemps pour accuser le gouvernement d’avoir contribué à « exaspérer les divisions arabes » en boycottant le sommet de Damas ; un parti pris « en faveur de la politique américaine qui ne veut pas que les Arabes puissent unifier leurs positions ». Le son de cloche a été, naturellement, le même du côté des représentants d’Amal. Il n’en reste pas moins que quelle que soit l’issue de ce sommet qui se termine aujourd’hui, une semaine lourde, sans doute un peu trop lourde, s’annonce au Liban, à qui l’on essayera de faire payer cher l’audace d’avoir choisi clairement et d’une façon indiscutable la primauté de son droit le plus strict : la souveraineté. Ziyad Makhoul
«Les obstructionnistes au Liban sont les mêmes qu’en Irak et en Palestine. Les tentatives visant à entraver l’initiative arabe au Liban et à pérenniser l’influence étrangère sur ce pays ont débuté dès l’assassinat de Rafic Hariri et se sont poursuivies avec les autres attentats, la démission des ministres chiites et la fermeture du Parlement libanais sans la moindre justification constitutionnelle ou légale. »
On peut difficilement faire plus clair, et le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud el-Fayçal, a mis la barre très haut hier, de Ryad, où il a tenu une conférence de presse au moment même où se déroulait la séance inaugurale du sommet arabe, à Damas – volant pratiquement la vedette à l’hôte de ces assises réduites décidément à un minimum quasi syndical , Bachar el-Assad....