Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Le 14 Mars se prépare à l’après-sommet Gemayel, Chamoun, Eddé, Salam, el-Assaad ministres d’État ?

On se croirait retourné en 1970, du temps de la coalition Helf-centre. Les mêmes noms, Gemayel, Chamoun, Eddé, Salam, el-Assaad. Mais pas les mêmes prénoms. Il s’agit aujourd’hui non plus de Pierre, Camille, Raymond, Saëb ou Kamel. Mais d’Amine, Dory, Carlos, Tammam et Ahmad. S’y ajoute un autre pôle de deuxième génération, Ibrahim Chamseddine. Ils pourraient être désignés ministres d’État dans un cabinet remanié, étoffé pour mieux assumer l’intérim forcé de la présidence de la République. Une option visant à assurer à l’Exécutif la plus large couverture politique possible, au cas, malheureusement probable, où le sommet de Damas ne parviendrait pas à remettre l’initiative arabe sur les rails. Cependant, ce n’est là qu’une des cinq éventualités que le 14 Mars envisage pour la prochaine étape de crise. Les autres possibilités sous étude s’énumérant comme suit : – Laisser les choses en l’état. Avec un Parlement toujours fermé. Donc avec un gouvernement pratiquement réduit à l’expédition des affaires courantes et au traitement des problèmes socio-économiques les plus pressants. Un gouvernement qui n’aurait recours aux prérogatives de la présidence de la République que dans les cas de nécessité absolue. Une situation qui pourrait se prolonger, à en croire des responsables iraniens, jusqu’à la fin du mandat du président américain, George W. Bush. – Remplacer le regretté ministre de l’Industrie, Pierre Amine Gemayel, ainsi que le ministre démissionnaire grec-orthodoxe, Yaacoub Sarraf. Sans toucher aux ministres chiites dont la démission n’a jamais été acceptée. Et qui, comme on sait, font partie du gouvernement sans en faire partie, se rendant à leurs bureaux quand cela leur chante ou les arrange, mais boudant le Conseil des ministres. – Coopter l’opposition au sein d’un cabinet dit d’union, chargé d’élaborer une nouvelle loi électorale sur base du caza. Mais seulement si d’aventure le sommet arabe parvenait à réhabiliter l’initiative de la Ligue. C’est-à-dire à débloquer la présidentielle, priorité des priorités. – Élire le chef de l’État à la majorité absolue, la moitié plus un. Ce qui entraînerait automatiquement le départ de l’équipe Siniora. Son remplacement s’opérant en fonction des réactions que la présidentielle forcée aurait provoquées. Ce tableau d’hypothèses de travail présente des choix alternant durcissement et souplesse, avec les avantages et les inconvénients inhérents à telle ou telle attitude. La désignation de ministres pour succéder à Pierre Gemayel et à Yaacoub Sarraf, sans toucher à la fraction chiite, n’aurait rien de provocant, mais ne renforcerait pas le pouvoir et ne trancherait pas le nœud gordien. C’est-à-dire que la crise resterait la même. L’élection à la moitié plus un équivaudrait, presque certainement, à un défi extrême pouvant mener à la rupture définitive. Elle se justifierait cependant par un impératif transcendant : sauver un État de droit, un Liban indépendant, sérieusement menacé d’élimination par effritement. Au profit d’un rétablissement d’une tutelle qui deviendrait double, syrienne et iranienne. Il reste que, pour éviter la dislocation, de nouvelles initiatives pourraient voir le jour après un éventuel fiasco, sur le dossier libanais, au sommet arabe. On sait déjà que Berry souhaite promouvoir une démarche euro-arabe ou encore que les Français pourraient se remettre en piste. Il serait également question d’une entrée directe en jeu de l’ONU. Émile KHOURY
On se croirait retourné en 1970, du temps de la coalition Helf-centre. Les mêmes noms, Gemayel, Chamoun, Eddé, Salam, el-Assaad. Mais pas les mêmes prénoms. Il s’agit aujourd’hui non plus de Pierre, Camille, Raymond, Saëb ou Kamel. Mais d’Amine, Dory, Carlos, Tammam et Ahmad. S’y ajoute un autre pôle de deuxième génération, Ibrahim Chamseddine. Ils pourraient être désignés ministres d’État dans un cabinet remanié, étoffé pour mieux assumer l’intérim forcé de la présidence de la République. Une option visant à assurer à l’Exécutif la plus large couverture politique possible, au cas, malheureusement probable, où le sommet de Damas ne parviendrait pas à remettre l’initiative arabe sur les rails.
Cependant, ce n’est là qu’une des cinq éventualités que le 14 Mars envisage pour la prochaine...