Les Syriens, décidément bien ennuyés de choisir à qui donner leur carton d’invitation à la sauterie arabe qu’ils donnent chez eux fin mars, ont fini par se résoudre à le balancer dans les gencives de ce pauvre Faouzi Salloukh. Chapeau pour la créativité ! Normalement, le ticket d’entrée pour le bal aurait dû être remis au gouvernement du Signoret. Même ratiboisé de ses ministres chiites, le club quatorze martien « en réunion » est en effet théoriquement détenteur des pouvoirs, prérogatives et hémorroïdes d’un président virtuel de la République.
Préférant épargner à son larbin un lynchage en règle par la joyeuse équipe du Sérail, l’ophtalmo calcifié du Barada avait un moment pensé envoyer sa missive invitante par SMS sur chacun des portables des ministres résiduels. Le texto avait même été libellé de la sorte : « Ton patron n’est pas là… mais bientôt on l’installera… Viens goûter à ma langue de bois mousseline… ta part est à la cuisine. » Bon, le procédé n’est pas très élégant, mais au moins il aurait eu le mérite de la franchise.
Une autre méthode aurait consisté à envoyer l’invitation par pigeon voyageur. Le volatile, chargé de fiente fleurant bon le socialisme arabe des années 50, n’aurait eu que l’embarras du choix pour se poser sur un quelconque destinataire qui, de toute façon, se fera pigeonner en retour par les Syriens.
Damas aurait pu aussi envoyer la chasse assadienne larguer le carton au-dessus du château hanté de Baabda, afin de calmer les esprits tourmentés des anciens présidents qui ont sévi sur les lieux. D’ici qu’un nouveau chef de l’État le retrouve, la Syrie aurait eu largement le temps de virer démocratie scandinave.
Pour l’heure et en attendant que notre ministre intermittent du Dehors refile la patate chaude à son patron au rictus oblique, rien n’empêche pour tuer le temps de poursuivre la pantalonnade des médiations. Maintenant que Saoudiens, Égyptiens et Syriens se font la gueule, les Libanais pourraient à leur tour proposer leurs bons offices pour les remettre en ménage. Puis quand les trois larrons se mettront à nouveau à se peloter, on leur demandera de revenir s’entremettre pour nous réconcilier.
C’est ce qui s’appelle faire l’âne et s’étonner ensuite de voir les autres nous monter dessus.
Gaby NASR
Les Syriens, décidément bien ennuyés de choisir à qui donner leur carton d’invitation à la sauterie arabe qu’ils donnent chez eux fin mars, ont fini par se résoudre à le balancer dans les gencives de ce pauvre Faouzi Salloukh. Chapeau pour la créativité ! Normalement, le ticket d’entrée pour le bal aurait dû être remis au gouvernement du Signoret. Même ratiboisé de ses ministres chiites, le club quatorze martien « en réunion » est en effet théoriquement détenteur des pouvoirs, prérogatives et hémorroïdes d’un président virtuel de la République.
Préférant épargner à son larbin un lynchage en règle par la joyeuse équipe du Sérail, l’ophtalmo calcifié du Barada avait un moment pensé envoyer sa missive invitante par SMS sur chacun des portables des ministres résiduels. Le texto avait même été...
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