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Actualités - Opinion

Signe paradoxal d’éclaircie : conflit larvé sur les prochaines législatives Philippe ABI-AKL

Le Landernau politique bruisse, bizarrement, de spéculations effrénées sur les prochaines législatives. Et sur le code qui doit les régir. Comme si les protagonistes avaient déjà derrière eux la présidentielle. Ce qui induit que le Liban sera bien représenté au sommet arabe de Damas par un chef d’État attitré. Comme le souhaite, sincèrement, le ministre syrien des AE, Walid Moallem. Mais on ne peut quand même pas mettre la charrue devant les bœufs. C’est ce que relève, en substance, le président Amine Gemayel. En rappelant que le Parlement, réduit au rôle de collège électoral, ne peut ni débattre ni légiférer tant qu’il n’aura pas procédé à l’élection du président de la République. M. Gemayel exprime la crainte que les législatives, en cas de perpétuation de la crise présente, ne soient organisées par le gouvernement actuel. Illégitime-illégal, selon le 8 Mars, mais que le président Berry et d’autres pôles de son camp considèrent comme cabinet de facto. Pour expliquer sans doute pourquoi ils en avaient accepté les décisions relatives aux partielles. Ou encore pourquoi les ministres dits démissionnaires se rendent assidûment à leurs bureaux et veillent de si près aux intérêts… des gens. Autre appréhension évoquée par l’ancien chef de l’État : encore une fois la consultation populaire aurait lieu à l’ombre de la loi inique de l’an 2000 dite loi Ghazi Kanaan. Dispositif que les dirigeants de l’opposition, personnalités chrétiennes en tête, affirment rejeter catégoriquement. Mais, les en accusent des loyalistes, ce ne serait que du bout des lèvres. Car en réalité, le système élargi de l’édition évoquée faciliterait des alliances bénéficiant à l’ensemble de l’opposition. Minorité qui switcherait de rôle avec la majorité présente et s’emparerait du pouvoir. Sans plus parler de ce principe de participation qui lui tient tant à cœur aujourd’hui. Et encore moins de tiers de blocage au sein de l’Exécutif. Les choix En tout cas, le bras de fer s’articule désormais autour de la loi électorale. À quelques exceptions ou nuances près, les loyalistes sont pour le caza ou même moins, entre deux et cinq députés par circonscription. Ils estiment, comme Bkerké, que la loi de 1960 est caduque, car le découpage des districts a tout simplement changé depuis lors. Ils ajoutent qu’il faut d’ailleurs, dans le contexte électoral, se dégager du costume administratif, pour réétudier les contours de nombre de cazas limitrophes. Or les opposants pensent, pour leur part, que tout finissant par s’égaliser, il serait bon, et commode, de s’en tenir à cette loi de 1960. En s’épargnant les complications retardatrices et les disputes qui accompagneraient le redessinage du tableau. Ils ajoutent que l’unique option de rechange consisterait à revenir à la vieille idée Berry du Liban tout entier comme circonscription, avec une dose de proportionnelle. À dire vrai, le président de la Chambre a sinon changé d’avis, du moins mis de l’eau dans son vin. Dans ce sens qu’il a confié, il y a quelque temps, à M. Ghassan Tuéni le soin d’informer le patriarche Sfeir qu’il renonce au grand ensemble et qu’il se rabat sur la formule caza. Car, assurait-il, il est favorable à tout ce qui peut convenir à la composante chrétienne du pays. Concluant, à ce propos comme au sujet de la présidentielle, qu’il se range résolument aux côtés, ou derrière, le siège patriarcal. Mais l’entourage du président Berry indique qu’il refuse en fait de suivre le patriarche, du moment que le prélat a changé d’avis. Répétons, en effet, que Mgr Sfeir a fini par juger que le caza dans sa version 1960 ne peut plus marcher. Et qu’il faut de petites circonscriptions n’ayant pas plus de cinq députés. Or M. Berry, ajoutent ses proches, est pour le caza et au-dessus et non pour le caza et au-dessous. Mettant les points sur les i, des sources proches de Bkerké rappellent qu’en réalité le patriarche n’a jamais évoqué le caza que comme synonyme de petite circonscription. Qu’il n’a pas caché qu’à la limite il serait favorable à l’uninominale et qu’il a, en tout cas, toujours rejeté les formules élargies ou surdimensionnées comme le mohafazat. Urgence Retour à la sage remarque du président Gemayel : ferrailler sur la loi électorale, c’est bien beau mais encore faut-il qu’un président ait été désigné. Dès lors, observent les loyalistes, si l’opposition veut vraiment que l’on ait le temps de préparer, pour le rendez-vous de 2009, une nouvelle loi électorale, elle doit sans plus tarder débloquer la présidentielle. Donc il faut rouvrir la voie à l’initiative arabe portée par Amr Moussa. Dont la mission se trouve pratiquement gelée. À cause non seulement des contradictions interlibanaises mais aussi, et surtout, à cause du conflit entre l’Arabie saoudite, épaulée par l’Égypte, et la Syrie. Un différend illustré par le fait que lors de leur récente réunion, les ministres arabes des Affaires étrangères n’ont pas pu tirer au clair la question de l’interprétation précise du plan concernant le règlement de la crise libanaise. Cependant, des sources opposantes laissent entendre que la détente est en bonne voie. À les en croire, la dernière visite de Moussa à Damas a été positive. Assad lui aurait avancé de nouvelles idées susceptibles de stimuler l’initiative arabe. Il s’agirait, selon les mêmes sources, d’un package deal commençant par l’élection rapprochée du général Michel Sleimane. Suivie de la mise en place d’un mini-cabinet de six indépendants, pour une période limitée à six mois. Sa mission étant d’élaborer une nouvelle loi électorale en vue de législatives anticipées, sur base de la formule caza de 1960. Réaction des loyalistes : ces suggestions assadiennes, présentées comme neuves, n’ont en fait rien de nouveau. Le package deal est une ritournelle que les prosyriens du cru, et leurs bons amis, fredonnent depuis plus d’un an. La proposition est donc rejetée par la majorité. Qui précise, pour faire bonne mesure, qu’à leur avis, Damas tente en fait de s’approprier l’initiative arabe, de la détourner à son profit. Il reste que, comme Amr Moussa mais aussi Nabih Berry ne cessent de le souligner, la clé de la solution se trouve dans un éventuel rapprochement saoudo-syrien. D’après des sources diplomatiques, outre le secrétaire de la Ligue arabe, la Russie, la Turquie et même l’Iran y travaillent actuellement. En ayant, toujours d’après ces sources, bon espoir de voir leurs efforts conciliateurs couronnés de succès. Par l’élection, avant le sommet, d’un président de la République libanaise.
Le Landernau politique bruisse, bizarrement, de spéculations effrénées sur les prochaines législatives. Et sur le code qui doit les régir. Comme si les protagonistes avaient déjà derrière eux la présidentielle. Ce qui induit que le Liban sera bien représenté au sommet arabe de Damas par un chef d’État attitré. Comme le souhaite, sincèrement, le ministre syrien des AE, Walid Moallem.
Mais on ne peut quand même pas mettre la charrue devant les bœufs. C’est ce que relève, en substance, le président Amine Gemayel. En rappelant que le Parlement, réduit au rôle de collège électoral, ne peut ni débattre ni légiférer tant qu’il n’aura pas procédé à l’élection du président de la République.
M. Gemayel exprime la crainte que les législatives, en cas de perpétuation de la crise présente, ne soient...