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Actualités - Opinion

Un tableau légèrement retouché, mais qui reste équivoque Philippe ABI-AKL

Moallem claironnait, il y a quelques semaines, que la Syrie n’allait pas sacrifier ses intérêts, entendre au Liban, pour sauver le sommet. Mais tout compte fait, le régime syrien laisse entendre qu’il se ravise, presque in extremis. Il délivre à ses visiteurs un message indiquant qu’il préfère voir la conférence se tenir en présence d’un président libanais dûment élu. Pourquoi ? Sans doute parce qu’on lui a fait comprendre que les Saoudiens ne seraient pas les seuls à se fâcher. Mais aussi Moubarak d’Égypte, et même ce bon ami de souverain jordanien, Abdallah. Sans compter les Émirats et autres régimes du Golfe. En d’autres termes, Damas se trouve menacé d’une véritable mise en quarantaine arabe quasi généralisée. Politiquement, il peut, à son habitude, n’en avoir cure. Dans la mesure où il sait que, pour s’immuniser eux-mêmes contre un effet boule de neige, les Arabes proaméricains, aussi irrités qu’ils soient à son encontre, ne cesseront jamais de le protéger. Mais, à l’heure où la flambée du dollar enrichit les pays producteurs à un point incroyable, le manque à gagner syrien en investissements arabes potentiels serait trop lourd en cas de rupture des ponts. Et l’on sait combien le régime Assad, porté par Forbes sur la liste des plus grosses fortunes de potentats, cultive le domaine financier. Son tournant positif, si jamais il s’y résigne, le régime syrien peut le prendre l’esprit tranquille. Car son allié organique, l’Iran, lui a indiqué être favorable à une présidentielle libanaise normale, sans accroc. Pour asseoir la stabilité locale et prévenir de la sorte une confrontation entre chiites et sunnites qui provoquerait de dangereuses retombées régionales. Alors que l’Iran, plongé dans le dur problème du nucléaire, a besoin d’être tranquille du côté de ses voisins arabes du Golfe. Cette attitude iranienne conciliante a favorisé le sommet spirituel islamique libanais la semaine dernière, tenu pour promouvoir la détente sur le terrain après la dangereuse série d’incidents sanglants des deux semaines précédentes. Flottement Damas a-t-il pour autant recommandé à ses alliés du cru de composer ? Ce n’est pas sûr. L’opposition locale a certes fait savoir qu’elle renonce aux trois 10 ainsi qu’à certaines autres conditions préalables rédhibitoires. Mais elle continue à réclamer des assurances de la part du président potentiel. Notamment au sujet de la loi électorale, l’option opposante se portant sur le modèle retenu en 1960, le caza. Assurances qu’il n’appartient pas au prochain chef de l’État de donner. Pas plus qu’il ne peut se prononcer sur une question comme la désignation d’un Premier ministre. D’ailleurs, à supposer que Moussa réussisse et que la présidentielle ait lieu avant le sommet, pour le 8 Mars et consorts, comme pour le parrain syrien, ce n’est peut-être que partie remise. Il est en effet toujours possible de faire repartir la crise de plus belle lorsqu’il s’agira, à l’issue de la présidentielle, de former un cabinet dit d’union. Et de partager les sièges. C’est du reste à ce propos que l’on a débattu lors de la conférence quadripartite. Les échanges portant non plus sur les trois 10, mais sur un 17/13/10 et ses variantes. Sans anticiper, Amr Moussa a, quant à lui, prévenu les pôles libanais qu’il ne reviendrait plus à Beyrouth avant le sommet arabe, auquel il lui faut désormais se consacrer. Il doit en effet présenter un rapport circonstancié de préparatifs devant le Conseil de la Ligue qui se réunit les 5-6 mars au Caire. Document qui comprend également un volet sur les résultats de sa mission au Liban. Il a donc voulu mettre les Libanais face à leurs responsabilités et presser le mouvement. Car, comme le relèvent des sources informées, bien qu’avisé de l’assouplissement syrien, le secrétaire général de la Ligue redoute que les parties locales ne continuent à se braquer pour des motivations purement internes. Les participants ont confirmé le choix Sleimane. Seul autre élément vraiment positif : Saad Hariri a interrompu sa visite en Arabie saoudite pour assurer la tenue de la conférence. Car s’il était resté absent, le général Michel Aoun, qui en avait informé Hicham Youssef, le délégué de Moussa, n’aurait pas fait le déplacement place de l’Étoile. Il convient de souligner que, cette fois, la majorité n’a rien cédé. Elle a rejeté les exigences rédhibitoires des prosyriens et de leurs alliés, qualifiées de coup d’État contre Taëf. Ce qui n’a pas empêché l’opposition de présenter un surcroît de demandes, à travers plusieurs documents. Pour faire monter les enchères, comme toujours, et obtenir davantage de concessions de la part des loyalistes. Toujours est-il que pour permettre, ou consolider, le dégagement au Liban, il est question d’une rencontre réunissant Saoudiens et Syriens au Caire avant le sommet de Damas.
Moallem claironnait, il y a quelques semaines, que la Syrie n’allait pas sacrifier ses intérêts, entendre au Liban, pour sauver le sommet. Mais tout compte fait, le régime syrien laisse entendre qu’il se ravise, presque in extremis. Il délivre à ses visiteurs un message indiquant qu’il préfère voir la conférence se tenir en présence d’un président libanais dûment élu. Pourquoi ? Sans doute parce qu’on lui a fait comprendre que les Saoudiens ne seraient pas les seuls à se fâcher. Mais aussi Moubarak d’Égypte, et même ce bon ami de souverain jordanien, Abdallah. Sans compter les Émirats et autres régimes du Golfe. En d’autres termes, Damas se trouve menacé d’une véritable mise en quarantaine arabe quasi généralisée. Politiquement, il peut, à son habitude, n’en avoir cure. Dans la mesure où il...