Étant donné l’inertie du secteur de l’électricité au Liban, les industries libanaises opérant dans ce domaine n’hésitent pas à voir ailleurs. C’est au Sénégal, par exemple, que le groupe Matelec vient d’inaugurer une centrale électrique, construite en partenariat avec le japonais Mitsubishi. L’usine de Kounoune, dans les environs de Dakar, qui dispose d’une capacité de production de 67,5 mégawatts (MW), a coûté près de 68 millions d’euros.
Après avoir remporté l’appel d’offres du gouvernement sénégalais en 2004, Matelec s’est chargée du montage financier. Elle a récolté près de 48 millions d’euros, en s’endettant sur 12 ans auprès d’investisseurs institutionnels, comme la Société financière internationale (bras privé de la Banque mondiale), Proparco (bras privé de l’Agence française de développement) ou encore la Banque africaine pour le développement. Les 30 % restants ont été apportés sous forme de fonds propres et d’un prêt à long terme contracté auprès de Mitsubishi.
En tant que producteur d’électricité indépendant (Independent Power Producer-IPP), Matelec a signé un contrat de vente d’énergie avec la compagnie nationale sénégalaise, Senelec. Sur la base d’un contrat BOO (built own and operate), Matelec produira de l’électricité et gérera la centrale durant 15 ans, avec une possibilité d’extension.
Au Liban, cette formule de production indépendante a été proposée dans les divers plans de réforme du secteur, afin de combler le déficit de production nationale estimé à 500 MW, et pour remplacer les usines de Jiyé et de Zouk, en fin de vie. Mais rien n’a encore été fait, et les problèmes de l’EDL, seul acteur sur le marché, ne font que s’accumuler.
Les défaillances ne se limitent d’ailleurs pas à la production. Les postes de distribution sont également très insuffisants, mais les moyens manquent.
« Il y a quelques années, l’EDL représentait 90 % de nos ventes, contre moins de 1 % actuellement », raconte Samer Nasr, directeur de la division internationale du groupe Matelec, qui a construit plus d’une soixantaine de sous-stations pour la compagnie publique, notamment celles de Bsalim et Jamhour.
Aujourd’hui le secteur est complètement paralysé, et pour M. Nasr, la réforme de l’EDL n’aura pas lieu avant trois ans.
En attendant, les grands industriels pourraient être des clients potentiels, mais il n’existe pas non plus de cadre réglementaire à cette fin. Résultat : Matelec travaille dans le Golfe, au Levant, en Europe et en Afrique. Au Liban, en revanche, il réalise moins de 2 % de son chiffre d’affaires.
Sahar AL-ATTAR
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Étant donné l’inertie du secteur de l’électricité au Liban, les industries libanaises opérant dans ce domaine n’hésitent pas à voir ailleurs. C’est au Sénégal, par exemple, que le groupe Matelec vient d’inaugurer une centrale électrique, construite en partenariat avec le japonais Mitsubishi. L’usine de Kounoune, dans les environs de Dakar, qui dispose d’une capacité de production de 67,5 mégawatts (MW), a coûté près de 68 millions d’euros.
Après avoir remporté l’appel d’offres du gouvernement sénégalais en 2004, Matelec s’est chargée du montage financier. Elle a récolté près de 48 millions d’euros, en s’endettant sur 12 ans auprès d’investisseurs institutionnels, comme la Société financière internationale (bras privé de la Banque mondiale), Proparco (bras privé de l’Agence...