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Actualités - Opinion

Nasrallah va-t-il changer la face du monde ?

Quels vont être les effets de la disparition de Imad Moghniyé ? Nasrallah menace Israël, sans oublier l’Amérique, d’une guerre ouverte. C’est-à-dire que les frappes peuvent se produire n’importe où dans le monde, en embrasant cette région, reine d’un pétrole qui s’affiche désormais à plus de cent dollars le baril. Flambée qui deviendrait immédiatement no limit, comme disent les joueurs de poker, en cas d’hostilités généralisées, avec à la clé une supernova, une terrible catastrophe économique planétaire. Perspective si apocalyptique, si démente que beaucoup l’écartent d’emblée. En estimant, tout à la fois, qu’il n’est pas donné à un seul homme, à une seule formation, de disposer du sort de l’humanité entière. Et que les propos du sayyed n’étaient probablement destinés qu’à la consommation locale, à la récupération d’une secousse, d’un deuil populaire profond. Cependant, c’est bien connu, le Hezbollah ne s’est jamais permis de parler en l’air. Il promet une riposte et elle aura donc lieu. Même limitée à une seule opération, elle risque de provoquer de dramatiques conséquences. Peut-être pas pour le monde entier, ni même pour la région, mais sûrement pour ce malheureux petit pays. Israël a pour sa part pris des mesures préventives maximales. Tant à la frontière avec le Liban que partout où ses ambassades, ses diplomates, ses centres, ses intérêts pourraient être visés. Il est toutefois évident qu’aucune protection ne peut être parfaite, surtout face à des coups répétés, variés et mobiles. D’ailleurs, certains observateurs pensent qu’Israël, et derrière lui les Américains, peut juger que le moment présent est propice pour attaquer militairement l’Iran et la Syrie en prenant comme prétexte une action déterminée du Hezbollah. On retombe là dans l’hypothèse d’un conflit de terrain direct entre les axes, l’enjeu étant l’établissement du Grand Moyen-Orient dont rêve Washington. Avec éviction du régime syrien et neutralisation du nucléaire théocratique iranien. Éventualité Sauf qu’une déroute forcerait les Israéliens à rétrocéder les territoires arabes conquis et occupés, palestiniens et autres, en se résignant à signer une paix globale qui deviendrait alors son unique sauf-conduit. Tandis que les USA devraient sinon plier bagage, du moins renoncer à leurs projets dans la région. Cette défaite, Khamenei ne cesse de la prédire, en précisant combien il compte sur le Hezbollah libanais. C’est sans doute à cette éventualité que Sleimane Frangié fait allusion quand il déclare que bien des choses vont changer suite à l’assassinat de Moghniyé. Et le Liban ? Comment peut-il supporter les conséquences d’une confrontation ? Israël, l’Iran, la Syrie et les USA peuvent sinon parer les coups, du moins s’y préparer. Tandis que notre État, vidé de ses structures institutionnelles, sans président, sans gouvernement complet, sans Parlement, reste pratiquement réduit à l’impuissance. Son seul viatique réside dans les démarches diplomatiques de Siniora ou d’autres. Mais en cas de confrontation armée, que pourraient pour lui la communauté internationale et ses diverses amitiés ? Bien peu de choses, comme on l’a vu durant la guerre de juillet. Quand, malgré pressions et résolutions du Conseil de sécurité, les bombardements, les raids aériens israéliens n’avaient cessé qu’au bout de longues, d’interminables semaines. De plus, l’impréparation se greffe sur les dangereuses divisions locales. Notamment au sujet, vital, de la décision de guerre. Il faudrait traiter d’urgence cette question. Peut-être en commençant par les recommandations d’un sommet spirituel islamo-chrétien qui tenterait d’imposer son autorité morale. Plus sûrement par un accord entre leaders politiques de tous bords. Avec élection rapprochée du général Sleimane suivie de la mise en place d’un cabinet d’union. Une entente cruciale, absolument indispensable, comme l’observe un dignitaire religieux. Mais malheureusement assez improbable pour l’heure, l’espérance restant donc liée à la reprise, le 24, de l’initiative Moussa. Armé, cette fois, d’un argument de plus en direction de la Syrie, à savoir qu’elle aurait intérêt à favoriser un arrangement accéléré au Liban, pour mieux éviter le danger d’une guerre ouverte qui ne l’épargnerait pas. Émile KHOURY
Quels vont être les effets de la disparition de Imad Moghniyé ? Nasrallah menace Israël, sans oublier l’Amérique, d’une guerre ouverte. C’est-à-dire que les frappes peuvent se produire n’importe où dans le monde, en embrasant cette région, reine d’un pétrole qui s’affiche désormais à plus de cent dollars le baril. Flambée qui deviendrait immédiatement no limit, comme disent les joueurs de poker, en cas d’hostilités généralisées, avec à la clé une supernova, une terrible catastrophe économique planétaire. Perspective si apocalyptique, si démente que beaucoup l’écartent d’emblée. En estimant, tout à la fois, qu’il n’est pas donné à un seul homme, à une seule formation, de disposer du sort de l’humanité entière. Et que les propos du sayyed n’étaient probablement destinés qu’à la...