Rechercher
Rechercher

Actualités

Une kyrielle d’exigences biscornues attend Moussa Émile KHOURY

Amr Moussa parviendra-t-il cette fois à concrétiser, comme disent les footballeurs ? Atteindra-t-il, marquera-t-il ce but derrière lequel il court depuis tant de mois ? Son prochain tir est prévu dans six jours. Sur le papier, il lui faut convaincre la majorité d’accepter un partage en trois lots égaux. Et persuader le camp d’en face d’aller voter pour Sleimane. Cela, redisons-le, sur le papier seulement. Car en réalité, il risque de replonger dans cette vieille anecdote orientale : à un quémandeur, le sultan demande un œuf en contrepartie. Mais l’œuf, la poule ne le donne que contre du grain ; et le blé, le meunier ne le cède que pour une poutre ; que le charpentier ne livre que contre un marteau ; alors que la porte du forgeron est fermée ; la clé se trouvant chez le concierge du souverain lui-même, qu’il est difficile d’aborder… En d’autres termes et en raccourci, il faut voir où en est Damas, détenteur d’une clé qui, jusque-là, lui a servi à fermer plutôt qu’à ouvrir. Mais, il convient de le préciser, on ne sait pas non plus si les loyalistes vont avaler la couleuvre coupée en trois morceaux. L’on ignore également si l’opposition serait disposée à respecter les règles constitutionnelles, en laissant au Premier ministre désigné le soin de former le gouvernement, en accord avec le chef de l’État. Peut-être en base d’une formule neutre d’extraparlementaires et d’indépendants. Retour à la source. Selon des sources diplomatiques, Damas serait enclin à favoriser la présidentielle libanaise pour assurer le succès du sommet arabe qu’il organise. Rencontre qui risquerait autrement le fiasco, car nombre d’Arabes modérés menacent de la boycotter si le Liban n’y est pas représenté par un président attitré. Ces diplomates se gardent de prendre pour argent comptant les rodomontades des dirigeants syriens, qui soutiennent que, du moment que la conférence concerne l’ensemble des Arabes, un échec éventuel leur serait bien plus imputable qu’à la Syrie. Pour ces sources, c’est en réalité ce pays qui pâtirait le plus d’une déconvenue. Non seulement sa crédibilité d’hôte, d’organisateur, en serait affectée, mais aussi, et surtout, il s’enferrerait davantage dans son isolement. Sans compter le manque à gagner en investissements ou les sanctions, économiques et autres, que Damas encourrait. Autre point, capital : les responsables syriens affirment qu’il faut dissocier le sommet de la présidentielle libanaise. Ce qui ne semble ni logique, ni cohérent, ni possible pour les autres protagonistes. Car, relèvent-ils, la crise libanaise cristallise actuellement le conflit interarabe de par la volonté même de Damas. Cela étant, le sommet pourrait bien ne pas constituer l’épilogue de la crise libanaise. Car le régime syrien, après avoir cédé pour la présidentielle afin d’assurer la réunion, garderait latitude de jouer, à travers ses alliés, sur la formation du prochain gouvernement libanais. On sait que l’opposition multiplie déjà à ce sujet les conditions rédhibitoires, comme le veto opposé à la désignation de Hariri ou à la reconduction de Siniora. Ou comme les exigences relatives aux quotas ainsi qu’à la répartition des portefeuilles. L’un des buts de l’obstruction restant d’entraver le tribunal international, bête noire du régime syrien, à travers, notamment, le financement dans lequel le Liban n’assurerait plus sa part, ce qui empêcherait l’instance de siéger.
Amr Moussa parviendra-t-il cette fois à concrétiser, comme disent les footballeurs ? Atteindra-t-il, marquera-t-il ce but derrière lequel il court depuis tant de mois ? Son prochain tir est prévu dans six jours. Sur le papier, il lui faut convaincre la majorité d’accepter un partage en trois lots égaux. Et persuader le camp d’en face d’aller voter pour Sleimane.
Cela, redisons-le, sur le papier seulement. Car en réalité, il risque de replonger dans cette vieille anecdote orientale : à un quémandeur, le sultan demande un œuf en contrepartie. Mais l’œuf, la poule ne le donne que contre du grain ; et le blé, le meunier ne le cède que pour une poutre ; que le charpentier ne livre que contre un marteau ; alors que la porte du forgeron est fermée ; la clé se trouvant chez le concierge du souverain lui-même,...