Le chavirage du maxitrimaran Groupama 3 au large de la Nouvelle-Zélande a mis fin à la tentative de record de tour du monde à la voile en équipage du navigateur français Franck Cammas, qui a été récupéré sain et sauf avec son équipage par les sauveteurs néo-zélandais.
L’accident est survenu hier peu après minuit (heure française) à quelque 140 km à l’est du port de Dunedin, au sud-est de la Nouvelle-Zélande. Cette proximité des côtes providentielle explique la rapidité du sauvetage des dix navigateurs de Groupama 3, qui ont pu être récupérés par des hélicoptères moins de quatre heures après le naufrage malgré des conditions météo difficiles.
Parti d’Ouessant le 24 janvier, Franck Cammas espérait remporter sur son trimaran de 32 mètres le trophée Jules-Verne de tour du monde à la voile en équipage en battant le record de 50 j 16 h 20 min 04 sec établi en 2005 par Bruno Peyron sur Orange II.
Le navigateur a prévenu son équipe de course à 00h43 (heure française) que Groupama 3 venait de chavirer. « On allait vite, 30 nœuds (55 km/h), et le flotteur sous le vent, à bâbord, s’est cassé entraînant la rupture des deux bras de liaison. En 10 secondes, il n’y avait plus aucun support sous le ventre du bateau. Le trimaran a chaviré relativement lentement sur le côté avec le flotteur qui était inondé et cassé sur bâbord », a raconté Franck Cammas hier matin lors d’une vacation téléphonique.
« Les trois ou quatre personnes qui étaient sur le pont en train d’essayer d’empanner et de sortir le flotteur cassé ont eu le temps de rentrer et tout le monde était à l’intérieur quand le bateau s’est complètement retourné », a-t-il ajouté.
Aussitôt informé, le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Gris-Nez, dans le nord de la France, a alerté son homologue néo-zélandais afin de secourir l’équipage. Trois hélicoptères ont été envoyés sur zone dans les trois heures suivant le chavirage, selon l’équipe de course.
Dans une mer très forte « avec 5 à 7 mètres de vagues et 25 à 30 nœuds de vent », selon le navigateur, les équipiers ont dû se jeter à la mer pour être ensuite récupérés par les sauveteurs. « À un moment, c’était bizarre parce qu’on se retrouvait ni accroché au bateau ni à l’hélicoptère, avec un bateau qui dérivait rapidement », raconte le skipper.
Franck Cammas a salué la rapidité des secours néo-zélandais, « nombreux et efficaces avec un superboulot pour hélitreuiller chaque membre d’équipage ».
À 04h30 (heure française) les dix navigateurs avaient tous été récupérés, puis rapatriés vers Dunedin, l’une des principales villes de l’île sud de la Nouvelle-Zélande.
Arrivé sur la terre ferme, le skipper a fait part de son soulagement : « Je suis soulagé que personne ne soit blessé, parce qu’un retournement avec un bateau de cette taille, ça peut être vraiment dangereux. Je crois que l’équipage a très bien réagi, ils ont tous gardé l’esprit clair et froid. »
Il a estimé que la casse n’était pas due à une fausse manœuvre, mais probablement à une première avarie non détectée qui serait intervenue « peut-être la nuit précédente où on avait un peu de mer de côté avec des vents de 40 nœuds et des chocs particulièrement violents ».
« Ça a pu peut-être endommager de façon invisible le flotteur avant et au moment où on a empanné (ndlr : faisant passer le bateau en appui sur le flotteur endommagé) il a suffi de deux heures de navigation pour que la rupture se fasse complètement. » « Après c’est vraiment une réaction en chaîne et je ne vois pas comment on aurait pu éviter le retournement », a-t-il ajouté.
L’abandon de Groupama 3 intervient alors qu’il avait, après 24 jours de mer, une journée d’avance sur le temps de Bruno Peyron, détenteur du trophée Jules-Verne, et espérait achever son tour du monde en moins de 50 jours.
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L’accident est survenu hier peu après minuit (heure française) à quelque 140 km à l’est du port de Dunedin, au sud-est de la Nouvelle-Zélande. Cette proximité des côtes providentielle explique la rapidité du sauvetage des dix navigateurs de Groupama 3, qui ont pu être récupérés par des hélicoptères moins de quatre heures après le naufrage malgré des conditions météo difficiles.
Parti d’Ouessant le 24 janvier, Franck Cammas espérait remporter sur son trimaran de 32 mètres le trophée Jules-Verne de tour du monde à la voile en...