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Actualités - Opinion

Des hauts et débat

Le Libanais de base, généralement doté aussi d’un QI de base, a eu le plaisir rare de déguster mercredi soir une Saint-Valentin télévisée avant la date. Sur le plateau : un barbu échevelé et un imberbe de rasoir, qui se faisaient des mamours, entourant un animateur aussi figé qu’un vase de Sèvres. Ce dernier essayait tant bien que mal de rappeler son existence en levant timidement le doigt à chaque fois qu’il frôlait le crime de lèse-majesté de poser une question. Suspense insoutenable : les deux demi-dieux exotiques se renvoyaient tellement la cire d’abeille, la brosse à reluire et le plumeau qu’on avait cru un moment qu’ils allaient se jeter dessus comme des bêtes et se rouler une pelle endiablée. Il n’en fut rien. Les scènes torrides ne sont pas encore tolérées sur la chaîne barbue, qui relayait ce soir-là la sauterie diffusée en déprime time sur Agrume Télé. Évidemment, l’émission aurait été plus épicée si le Barbichu de Koraytem ou le Tondu des Cèdres avaient fait la danse du ventre devant les deux tourtereaux transis, mais visiblement ce n’était pas le genre de la maison. Résultat : un débat atone orné d’une guirlande de lieux communs desquels il ressortait que : un, le Signoret est une graine de dictateur qui a germé et pris racine depuis lulure, mais qu’il peut rester sur son pot à condition de continuer à cracher au bassinet pour l’EDL, l’essence, le mazout, le pain et l’argent de poche pour la banlieue et le Liban-Sud ; deux, les États-Unis sont fondamentalement méchants et les Iraniens intrinsèquement bons, quant aux Syriens on leur garde le bénéfice du doute jusqu’au moment où l’on verra le tsar Assadovitch, en personne et sur grand écran plasma, appuyer sur la télécommande d’un explosif ciblé ; trois, le Mousseux galopant qui a débarqué hier sur nos terres peut toujours se brosser s’il espère encore organiser un nouveau pince-fesse orangino-amino-barbichu. Bref, les deux roitelets s’entendaient comme larrons en foire. Et comme disait quelqu’un d’autre à propos d’autre chose, quand deux hommes sont d’accord sur tout, c’est qu’un seul des deux pense. Gaby NASR
Le Libanais de base, généralement doté aussi d’un QI de base, a eu le plaisir rare de déguster mercredi soir une Saint-Valentin télévisée avant la date. Sur le plateau : un barbu échevelé et un imberbe de rasoir, qui se faisaient des mamours, entourant un animateur aussi figé qu’un vase de Sèvres. Ce dernier essayait tant bien que mal de rappeler son existence en levant timidement le doigt à chaque fois qu’il frôlait le crime de lèse-majesté de poser une question.
Suspense insoutenable : les deux demi-dieux exotiques se renvoyaient tellement la cire d’abeille, la brosse à reluire et le plumeau qu’on avait cru un moment qu’ils allaient se jeter dessus comme des bêtes et se rouler une pelle endiablée. Il n’en fut rien. Les scènes torrides ne sont pas encore tolérées sur la chaîne barbue, qui relayait ce...