Et si les incidents de Chiyah avaient été délibérément provoqués pour affaiblir le moral de l’armée et sa combativité, en prévision de mouvements de rues plus vastes, dans le but ultime de démanteler le Liban et de le ramener à l’ère des mini-États ?
Cette hypothèse n’est pas à négliger, estiment des analystes, qui affirment que l’opposition est placée devant une alternative, calmer le jeu ou l’emballer, avec les risques respectifs que présente chacun des termes de cette alternative.
Constatant que l’initiative de la Ligue arabe est dans l’impasse, l’opposition hésite en effet entre le maintien du statu quo avec ses risques de pourrissement et de paralysie, et l’escalade avec ses risques d’affrontements intercommunautaires.
Dans ce dernier cas, l’opposition est consciente que les mouvements de rue et les dégradations qui l’accompagneront pourraient fournir le prétexte idéal à la majorité pour qu’elle procède à l’élection d’un président de la République à la majorité simple.
En effet, si elle ne l’a pas fait déjà, c’est par crainte que ce scrutin ne provoque des manifestations de masse et que l’opposition ne finisse par y riposter en désignant un second gouvernement.
Si les manifestations se produisent, réfléchissent les tenants de cette option, le majorité n’aura donc plus de raison de se retenir. Le mal aura été fait de toute façon et la responsabilité des troubles ne retombera plus sur elle.
Toutefois, les opposants purs et durs ne l’entendent pas de cette oreille. Ils estiment, de leur côté, que l’opposition est en position de force et qu’elle est capable de vaincre la révolution du Cèdre. En effet, calcule ce camp, les États-Unis sont en pleine bataille électorale, et sont embourbés en Irak et en Afghanistan, Israël est empêtré dans les retombées du rapport Winograd et la réponse à donner aux roquettes du Hamas, et, de son côté, la France est embarrassée par son échec diplomatique au Liban. La voie donc est libre sur le plan international.
Sur le plan interne, ajoutent ces milieux, la majorité comptait sur la force de dissuasion de l’armée et des FSI pour empêcher un tel scénario. Or, le dimanche noir de Chiyah et les enquêtes ouvertes après les graves dérapages qui s’y sont produits ont créé une situation nouvelle. L’armée, pensent les analystes, sera désormais plus timide dans ses interventions. Elle pourrait même, par crainte d’être divisée, rester neutre dans les affrontements, ce qui donnera immédiatement l’avantage au Hezbollah, en terme de contrôle de la rue.
C’est ainsi que l’axe syro-iranien aura finalement eu le dessus sur les forces indépendantistes et que, selon le mot d’ordre du « wali », Ali Khamenei, « l’Amérique aura été vaincue au Liban ».
Que cette tension soit réelle, rien ne le prouve autant que les déclarations de Wi’am Wahhab, qui vient de dire qu’un éventuel mouvement de rue de l’opposition sera, cette fois, « bien étudié, global et ouvert », et qu’il pourrait déboucher sur « un bouleversement du système politique actuel ». Et d’ajouter qu’il est inéluctable que, cette fois, il y ait un vainqueur et un vaincu.
Qu’il ait été planifié ou pas, c’est là que s’insère, dans le tableau d’ensemble, le coup porté à l’armée au cours des émeutes du dimanche noir de Chiyah.
Le vide sécuritaire s’ajoutant au vide institutionnel, aucune élection présidentielle ne sera plus possible, et l’opposition pourrait être en mesure de dicter ses conditions pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. Et alors, il y aura effectivement un vainqueur et un vaincu.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Et si les incidents de Chiyah avaient été délibérément provoqués pour affaiblir le moral de l’armée et sa combativité, en prévision de mouvements de rues plus vastes, dans le but ultime de démanteler le Liban et de le ramener à l’ère des mini-États ?
Cette hypothèse n’est pas à négliger, estiment des analystes, qui affirment que l’opposition est placée devant une alternative, calmer le jeu ou l’emballer, avec les risques respectifs que présente chacun des termes de cette alternative.
Constatant que l’initiative de la Ligue arabe est dans l’impasse, l’opposition hésite en effet entre le maintien du statu quo avec ses risques de pourrissement et de paralysie, et l’escalade avec ses risques d’affrontements intercommunautaires.
Dans ce dernier cas, l’opposition est consciente que les mouvements de...