Six mois après le début de la crise du « subprime », les agences de notation consentent finalement à faire évoluer leur modèle, accusé par beaucoup d’avoir contribué à la propagation des turbulences sur les marchés financiers. Successivement ces derniers jours, les trois acteurs majeurs du secteur ont annoncé chacun cette semaine une réforme d’ampleur des méthodes d’évaluation des risques financiers.
Toutes n’ont pas eu les mêmes audaces, Fitch semblant en retrait de Standard and Poor’s et Moody’s, les deux poids lourds du marché. L’agence contrôlée par le groupe français Fimalac se contente ainsi d’étudier un nouveau procédé de notation des produits financiers complexes. S’il en est encore au stade du projet, Moody’s avance l’idée d’une double échelle de notation, de manière à différencier les produits financiers complexes, ou structurés, du reste. Une évolution chère à la ministre française de l’Économie et des Finances, Christine Lagarde. En pointe sur le sujet des agences, Mme Lagarde a vu sa position adoptée par le Royaume-Uni, jusqu’ici rétif, lors du minisommet européen de la semaine dernière à Londres. Les deux autres membres européens du G7, l’Allemagne et l’Italie, étaient déjà sur la même ligne que Paris. Les annonces des agences pourraient ainsi influencer la nature des discussions qui se tiendront, ce week-end, lors du G7 Finances de Tokyo.
Le secrétaire d’État allemand aux Finances, Thomas Mirow, a indiqué mardi qu’il formulerait, lors du sommet, des « propositions concrètes » sur le rôle des agences. Il a notamment fait référence à l’idée d’une double échelle de notation, développée par Moody’s. Dans le sillage de ses deux concurrents, Standard and Poor’s a annoncé jeudi une réforme de fond, la seule des trois qui semble s’attaquer directement aux dérives fréquemment dénoncées. L’évolution doit ainsi porter, entre autres, sur l’épineuse question des conflits d’intérêt potentiels. Standard and Poor’s souhaite notamment mettre en place une rotation obligatoire des analystes pour éviter que les relations entre l’analyste et son client n’affectent sa notation.
SP va également créer un service référent chargé d’étudier les cas éventuels de conflit d’intérêt et confier à un cabinet extérieur l’examen régulier de son fonctionnement. Les agences tirent aujourd’hui l’essentiel de leurs revenus des émetteurs de titres, alors qu’elles étaient jadis rémunérées exclusivement par les investisseurs.
D’où l’existence d’un conflit d’intérêt potentiel pour les agences qui participent souvent à l’élaboration du produit, sont rémunérées par son émetteur, mais doivent néanmoins lui attribuer une note objective. Note qui, en outre, servira d’argumentaire pour attirer les investisseurs.
Chacune à sa manière, les trois agences veulent aussi répondre à l’exigence de transparence, dont Bercy s’est fait le porte-drapeau, mais qui est également réclamée par des investisseurs. Standard and Poor’s va proposer aux investisseurs une information élargie sur les produits qu’elle note et sur les scenarii susceptibles de faire évoluer leur note.
Par ailleurs, SP veut créer un guide de l’utilisateur des notations, afin de mieux préciser le mécanisme de notation et le rôle de la note sur les marchés financiers.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Six mois après le début de la crise du « subprime », les agences de notation consentent finalement à faire évoluer leur modèle, accusé par beaucoup d’avoir contribué à la propagation des turbulences sur les marchés financiers. Successivement ces derniers jours, les trois acteurs majeurs du secteur ont annoncé chacun cette semaine une réforme d’ampleur des méthodes d’évaluation des risques financiers.
Toutes n’ont pas eu les mêmes audaces, Fitch semblant en retrait de Standard and Poor’s et Moody’s, les deux poids lourds du marché. L’agence contrôlée par le groupe français Fimalac se contente ainsi d’étudier un nouveau procédé de notation des produits financiers complexes. S’il en est encore au stade du projet, Moody’s avance l’idée d’une double échelle de notation, de manière à...