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Actualités - Opinion

De sel et de plomb

Loupé, raté, avorté… et zut encore ! Nous étions à deux doigts de réussir notre jumelage culturel avec Gaza et, comme à chaque fois, il a fallu que des neuneus tiédasses s’en mêlent pour nous désamorcer la béchamel. Et vas-y que je te décrète un deuil national, et vas-y que je te promette une enquête… Une enquête ? Allez ! Plutôt deux pour le prix d’une seule, c’est cadeau ! Elles seront « rapides et sérieuses », manière de reconnaître implicitement que les précédentes étaient flasques et farfelues. On ne peut plus rien faire de ludique dans ce pays, je vous jure ! C’est à peine si l’on autorise encore la bombinothérapie aux autos piégées pour y assurer un minimum d’animation. Et encore ! Il se trouve toujours un âne pour nous jurer que ce sont les Hébreux ou les Syriens qui ont fait le coup. Ce mépris pour la créativité locale est affligeant… Où va-t-on, s’il n’est même plus permis de balancer un ananas sur Aïn el-Remmaneh durant les pannes de jus ? Quel avenir, s’il est interdit de faire des cartons dans les barbus de Chiyah après la sieste du dimanche ? Gaza ! Un paradis de sel et de plomb ! Depuis le temps que nous avions fait notre deuil de la Suisse de l’Orient, il ne nous est même pas permis de singer nos sympathiques voisins. Pourtant nous y sommes presque : une électricité qui tremblote, une population qui grelotte, une économie qui glaviote… et de temps à autre des politiciens qui radotent au milieu des gueux qui tressautent. Gaza ! Un univers de carte postale ! Le spectacle est là, sous nos yeux, et l’on n’est même pas fichu d’en faire un copier/coller : gracieux ballet de roquettes palestiniennes au soleil couchant, retour de bâton des F-16 israéliens avec la rosée du petit matin, danse des cercueils au milieu des feux de taudis… Gaza ! Cité de la joie et du bonheur ! Mais il ne sera pas dit que les Libanais demeureront en reste. Nous avons déjà expérimenté les balles, les grenades, les bombes, les obus, les roquettes, les missiles. Nous avons les orgues de Staline pour les jours de fête et le piano de Chopin pour les nuits de deuil. Une seule arme nous manque encore, mais patience ! Le jour venu, le monde verra alors de quel uranium on se chauffe… Gaby NASR
Loupé, raté, avorté… et zut encore ! Nous étions à deux doigts de réussir notre jumelage culturel avec Gaza et, comme à chaque fois, il a fallu que des neuneus tiédasses s’en mêlent pour nous désamorcer la béchamel. Et vas-y que je te décrète un deuil national, et vas-y que je te promette une enquête… Une enquête ? Allez ! Plutôt deux pour le prix d’une seule, c’est cadeau ! Elles seront « rapides et sérieuses », manière de reconnaître implicitement que les précédentes étaient flasques et farfelues.
On ne peut plus rien faire de ludique dans ce pays, je vous jure ! C’est à peine si l’on autorise encore la bombinothérapie aux autos piégées pour y assurer un minimum d’animation. Et encore ! Il se trouve toujours un âne pour nous jurer que ce sont les Hébreux ou les Syriens qui ont fait le...