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Actualités - Opinion

Démission des parents, ou itinéraire de l’intolérance

À l’image de nos dirigeants, les parents auraient-ils démissionné face à leurs responsabilités ? L’absence d’autorité parentale, scolaire, judiciaire, publique, et j’en passe, a conduit à une forme d’impunité pressentie chez les adolescents rebelles qui manquent de repères et qui recherchent désespérément leur identité à travers des actes violents qui risquent de devenir fatals si les adultes ne réagissent pas. Le phénomène de la violence des jeunes vis-à-vis de leurs camarades ou de leurs professeurs dénote un malaise et un laisser-aller général qui ne doivent pas être banalisés mais traités en profondeur, en amont et en aval. Il est sans doute préférable d’éduquer dès le départ, pour ne pas avoir à rééduquer bien plus tard. L’éducation à l’acceptation de l’autre dans sa différence est toute simple, elle commence par la démonstration que l’adulte effectue devant ses enfants. Donc l’éducation des enfants commence avant tout par celle de ses parents. Les enfants ont souvent tendance à se juger mutuellement très sévèrement, pour des bêtises, pour un rien. Les parents sont parfois loin de décourager ce genre de comportements. Au contraire, souvent ils l’encouragent, en banalisant les faits, en faisant pareil, en en rajoutant, bref, en donnant le mauvais exemple. Et c’est de cette façon qu’allègrement, une génération de fanatiques, de racistes et d’intégristes naît et s’élargit. La solution est simple. Pourquoi faut-il se dire moderne, au prix du retrait face au rôle éducatif dans la relation à nos enfants ? Un enfant n’a-t-il pas besoin d’être guidé dans ses choix et ses décisions ? On assiste souvent, de nos jours au Liban, à une certaine anesthésie des rôles parentaux en même temps qu’à l’exercice d’une forme de tyrannie chez les enfants dont le pouvoir grandissant ne connaît plus de limites. Or il suffit parfois d’un geste, d’un petit changement d’attitude pour changer la face du monde, quand l’enfant est encore à un âge où il peut recevoir les valeurs qu’on lui inculque, c’est-à-dire avant qu’il ne soit trop tard. Encore faut-il que les parents aient la maturité qu’il faut pour être convaincus que le chaos est mauvais en matière d’éducation, que la frontière morale – même relative – entre le bien et le mal existe bel et bien et que le « non » ne devrait pas être banni de leur vocabulaire. Quand un enfant juge un autre enfant, estimant impossible le fait de trouver un terrain d’entente avec lui – souvent en se basant sur des données erronées –, pourquoi ne pas insister pour qu’il tente sa chance, rien que par souci éducatif ? Qu’il essaie par exemple de jouer avec lui ne serait-ce qu’une heure de temps, en tâchant de lui trouver une qualité qui l’intéresse et qui pourrait le lui rendre plus sympathique et supportable. Ce réflexe de rejet de tout ce qu’on ignore, par méfiance, limite les possibilités infinies d’ouverture au monde et aux autres, qui peuvent emprunter des visages multiples. L’option de la réversibilité est toujours valide au cas où vraiment cela ne marcherait pas du tout. Mais généralement, les enfants changent d’avis et font une rotation de 180 degrés par rapport à leur position de départ. Cette expérience valorisante pour tout le monde est alors suivie de révélations du genre : « En effet, il est gentil, il n’est pas si mal que ça, tu avais raison de me proposer cette alternative. » Quand l’intention et le contexte y sont, on peut toujours trouver un terrain d’entente avec l’autre. La relation peut ne pas aboutir à une amitié exceptionnelle, mais, au moins, l’enfant aurait appris la tolérance, le respect de l’autre dans ce qu’il est et dans ce qu’il a. Et si l’une des planches de salut de notre pays en mal de coexistence commençait par là ? Un long chantier de réforme éducative est à enclencher, qui ferait boule-de-neige tant ses effets constructifs seraient appréciables. À commencer par ces grands enfants que sont les adultes et par les parents qui ne s’avèrent pas être toujours les meilleurs conseillers. Carla ARAMOUNI
À l’image de nos dirigeants, les parents auraient-ils démissionné face à leurs responsabilités ? L’absence d’autorité parentale, scolaire, judiciaire, publique, et j’en passe, a conduit à une forme d’impunité pressentie chez les adolescents rebelles qui manquent de repères et qui recherchent désespérément leur identité à travers des actes violents qui risquent de devenir fatals si les adultes ne réagissent pas. Le phénomène de la violence des jeunes vis-à-vis de leurs camarades ou de leurs professeurs dénote un malaise et un laisser-aller général qui ne doivent pas être banalisés mais traités en profondeur, en amont et en aval. Il est sans doute préférable d’éduquer dès le départ, pour ne pas avoir à rééduquer bien plus tard. L’éducation à l’acceptation de l’autre dans sa différence...