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Actualités - Opinion

Dans l’ombre, se profile une nouvelle initiative française Philippe ABI-AKL

Vingt fois sur le métier… Patience et longueur de temps… Les chiffres et les lettres de Boileau-de-La Fontaine. Leur conseil de persévérance tient bon les siècles. Paris s’y montre fidèle. Et, du moment que les Libanais pataugent en plein blocage, les Français se montrent résolus à (re)prendre l’initiative. Avec le concours des Arabes. Mais cette fois en toute discrétion, sans aucun effet d’annonce. Non seulement pour s’éviter une nouvelle déconvenue, suite au rejet de leur récente invitation à un dialogue des chefs chez eux. Mais aussi, et surtout, par souci d’efficacité. Pour ne laisser personne perturber l’opération sauvetage. Entourée donc d’un tel secret, dans cette phase préparatoire, qu’on n’en connaît pas encore tout à fait la teneur. Il est cependant question, pour commencer, d’une conférence groupant à Paris, autour de Kouchner, les ministres des Affaires étrangères de la Syrie, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, du Qatar, de la Jordanie, de l’Italie et de l’Espagne. Impasse Côté chiffres, les Libanais y sont presque : onze reports de séance, trois mois à tourner en rond. Les opposants refusent toujours de se pointer place de l’Étoile. Ils n’en démordent pas : comme le claironnent Chareh et Kassem, numéros deux respectifs du régime syrien et du Hezb, sans package deal préalable, pas de président. Donc, pas d’État libanais s’il n’est sous strict double contrôle. Via des exigences dont on se défausse habilement, en les confiant au champion-négociateur des constantes chrétiennes, Michel Aoun. Qui, apparemment, n’y voit ni contradiction ni traquenard. Alors que la manœuvre consiste à faire apparaître le conflit comme exclusivement confiné à la composante chrétienne du pays. Comme le soutient le régime syrien, pour justifier sa prétendue incapacité d’influer positivement sur le cours des choses. Du reste, cette thèse de mano a mano uniquement maronite arrange également Téhéran et Ryad. Car elle permet de mettre en sourdine le clivage sunno-chiite. On sait en effet qu’il y a à peu près un an, les 23-25 janvier, l’on a été tout près d’une confrontation brutale entre ces deux communautés sur la scène locale. Pacte Autre aspect du piège, que des majoritaires dénoncent : à travers le package deal réclamé, Amal et le Hezbollah tentent de promouvoir leur rêve d’un nouveau Taëf. Qui gommerait l’équation fifty-fifty entre musulmans et chrétiens, pour un deux contre un en faveur des premiers. Et plus précisément, en faveur des chiites. Car, l’arithmétique mise à part, il s’agirait dans un deuxième temps de contester les prérogatives de la présidence du Conseil impartie aux sunnites. Pour que ce pouvoir soit désormais partagé, à travers un droit de regard chiite sur la nomination de son titulaire. Comme à travers la redistribution, sur les ministres chiites, de certains de ses attributs genre élaboration de la politique du pays. Quoi qu’il en soit, et pour en revenir aux priorités actuelles, dans le mur du son, on aperçoit des brèches et on entend des couacs. Car les Libanais, Hezbollah-Amal inclus, ne souhaitent pas un vide trop prolongé qui désarticulerait leur État et plongerait le pays dans le chaos. Dans leur tête à tous, la présidentielle devrait avoir lieu lors de la session parlementaire dite du printemps, en mars-avril. Tandis que Damas pour sa part n’a manifestement aucun inconvénient à ce que le statu quo persiste jusqu’aux législatives de 2009. S’il n’y a toujours pas reconnaissance de son rôle par les Américains. Berry Nabih Berry se comporte pour sa part, relèvent les majoritaires, en dépositaire unique du pouvoir d’État. Parce qu’il n’y a pas de président de la République et que le gouvernement est illégitime à ses yeux. Il prend avec la Constitution des libertés incroyables, ajoutent-ils. Il vient de refuser la proposition de loi présentée par 13 députés en faveur de l’amendement de l’article 49 C. Rééditant de la sorte son rejet de la pétition parlementaire réclamant l’ouverture d’une session extraordinaire. Sans compter sa manie de claquer la porte au nez aux facteurs portant à la Chambre le courrier gouvernemental. Ou encore l’exploit de fermer l’Assemblée pendant un an. Ses prestations, soulignent les loyalistes, dénotent une loyauté à toute épreuve à l’égard de l’ancien tuteur. Ce qui est d’autant plus remarquable que Berry sort d’une double, et cuisante, déconvenue. D’une part, il s’est vu déposséder de son titre de négociateur au profit de Michel Aoun. D’autre part, ses bons amis ont joyeusement foulé aux pieds, comme raisin de vendange, sa fameuse initiative dite de Baalbeck, fondée sur l’entente et la jonction interlibanaises. Pour consacrer une ligne de rupture abrupte. Logique Parallèlement, c’est toujours la même chansonnette. Les opposants accusent les loyalistes de suivisme américanisé. Et de manœuvre tactique concernant l’adoption de la candidature Sleimane. Ce à quoi ils se voient répondre que, dans un cas comme dans l’autre, ils n’ont qu’à assurer le quorum pour prendre la majorité à son jeu et lui mettre le bec dans l’eau. Car de la sorte le Liban aurait un président. Ce que, d’après les prosyriens, les Américains ne voudraient pas. Car ils souhaitent que Siniora, qu’ils aiment bien, garde les rênes en main. Et un président comme Sleimane dont au fond, toujours selon les prosyriens, la majorité ne veut pas. Car, à les en croire, il empêcherait cette implantation des Palestiniens qu’ils accusent leurs adversaires de favoriser. Les loyalistes répètent également que l’opposition n’est pas dans son rôle, qui est de faire attention, de censurer, de critiquer. Elle prétend en effet, contre les règles de la démocratie, exercer le pouvoir tout autant sinon plus, via le veto et le tiers de blocage, que la majorité issue des urnes, de la volonté du peuple souverain. Virus Toujours est-il que la présidence de la République est out, comme on dit, depuis 2004. Le Parlement depuis 2005. Et la présidence du Conseil depuis 2006. Même Bkerké, cette institution nationale officieuse, est touché, sa liste ayant été annulée. Beaucoup craignent maintenant, surtout après l’assassinat du général François el-Hajj et au vu des obstacles dressés devant le général Sleimane, que l’armée ne soit visée à son tour par les empoisonneurs qui veulent paralyser l’État libanais.
Vingt fois sur le métier… Patience et longueur de temps… Les chiffres et les lettres de Boileau-de-La Fontaine. Leur conseil de persévérance tient bon les siècles. Paris s’y montre fidèle. Et, du moment que les Libanais pataugent en plein blocage, les Français se montrent résolus à (re)prendre l’initiative. Avec le concours des Arabes. Mais cette fois en toute discrétion, sans aucun effet d’annonce. Non seulement pour s’éviter une nouvelle déconvenue, suite au rejet de leur récente invitation à un dialogue des chefs chez eux. Mais aussi, et surtout, par souci d’efficacité. Pour ne laisser personne perturber l’opération sauvetage. Entourée donc d’un tel secret, dans cette phase préparatoire, qu’on n’en connaît pas encore tout à fait la teneur. Il est cependant question, pour commencer, d’une...