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Actualités - Opinion

La pression syrienne cible, entre autres, l’Arabie saoudite

Parmi les avantages qu’il compte retirer de la présidentielle libanaise, pour prix de l’éventuelle levée de son obstruction, le régime syrien mise sur une normalisation de ses rapports avec l’Arabie saoudite. Rapports pour le moins tendus depuis qu’Assad a proféré ses fameuses insultes sur les semblants d’hommes. Tension que Chareh a ensuite aggravée en critiquant la politique régionale des dirigeants saoudites. Qui ont, naturellement, refusé par la suite de recevoir Walid Moallem, ministre des Affaires étrangères, qui leur en faisait la demande. Une requête qui montre que le régime syrien s’est ravisé. Pourquoi ? En partie, sans doute, pour des raisons économiques et financières : avec la flambée du baril, Ryad accuse un trop-plein de devises qu’il doit investir quelque part, et la Syrie aimerait en profiter. Mais la principale raison de ce changement de cap syrien est, bien entendu, d’ordre politique. Il a décidé de tenter de sortir de son isolement régional et international. De ne plus rechercher de confrontations génératrices, pour lui, de coups qu’il doit encaisser. Parce qu’à la longue, cela l’affaiblit sur le plan interne même. Sans compter que cela lui occasionne, politiquement autant que financièrement, beaucoup de manques à gagner. Tant pour ce qui est d’être en position de force lors d’éventuelles négociations sur le Golan que pour ses visées de come-back, de rétablissement de sa tutelle, au Liban. Main-d’œuvre Les Syriens, malgré l’avis contraire de leurs alliés iraniens, se sont donc rendus à Annapolis pour approcher les Américains et, indirectement, les Israéliens. Ils ont amélioré leurs relations avec l’Europe, notamment avec la France qui leur a dépêché plusieurs émissaires. Et ils ont accrédité l’Autorité palestinienne de Abbas. Au mépris du Hamas, leur protégé, dont le chef, Mechaal, vit d’ailleurs chez eux. Du côté des régimes arabes, les Syriens ont intensément travaillé, comme on dit, Abdallah de Jordanie. Pour qu’il leur serve de médiateur-conciliateur avec les Saoudiens, dont il est proche. Tout comme il a l’oreille du Caire. Damas souhaite en effet accueillir en mars prochain un mini-sommet arabe réunissant les deux Abdallah, de Jordanie et d’Arabie saoudite, Moubarak et Assad. Vis-à-vis des Occidentaux comme des Arabes, le régime syrien se présente comme le seul serrurier capable de débloquer la Chambre libanaise afin qu’elle puisse élire un président de la République. Ainsi que comme le seul artisan pouvant ouvrir le Sérail devant Saad Hariri. L’instrument, passe-partout ou clé, restant dans les deux cas le camp libanais du 8 Mars et ses alliés. Ce qui conduit le ministre de la Culture, et des AE p. i., Tarek Mitri, à relever que les positions obstructionnistes internes ne s’expliquent que par une manipulation externe. Car dans leur teneur et leur énoncé, elles ne justifient aucunement le blocage enregistré. Détente Il reste à savoir si l’enjeu libanais est suffisamment important aux yeux des Saoudiens offensés pour qu’ils passent l’éponge. Et acceptent de pardonner aux Syriens et de normaliser les relations bilatérales. Il faudra donc voir quels résultats vont produire les efforts conciliateurs de Abdallah de Jordanie. Un premier signe positif : le général Ali Mamlouk, chef des renseignements généraux syriens, a été récemment autorisé à participer à un congrès sécuritaire organisé dans la capitale saoudienne. Parallèlement, on note un mouvement de rapprochement entre Téhéran et Le Caire. Ainsi que la visite effectuée par Mechaal, du Hamas, en Arabie saoudite, quoique son mouvement ait fait capoter les accords de La Mecque. Tandis qu’on annonce l’annulation, en Iran, du congrès que les organisations palestiniennes anti-Abbas comptaient y tenir. Après avoir été de même déboutées en Syrie. Il y a donc de la décrispation dans l’air sur le plan régional. Mais se développera-t-elle assez, et assez vite, pour débloquer la présidentielle libanaise. Les protagonistes promettent certes que le statu quo de crise sera calme. Mais comment empêcher certaines parties, qui en brandissent ouvertement la menace, d’exploiter, à travers de dangereuses manifestations de rue, la grogne populaire grandissante, suite à la récession. Et comment prévenir, sur un long terme, des heurts entre militants surchauffés, ici ou là. De plus, l’attentat d’hier prouve la persistance d’une volonté déterminée de nuisance et de déstabilisation. Dans le cadre d’un chantage qui ne prendrait fin que lorsque ses auteurs estimeraient avoir obtenu ce qu’ils veulent. Émile KHOURY
Parmi les avantages qu’il compte retirer de la présidentielle libanaise, pour prix de l’éventuelle levée de son obstruction, le régime syrien mise sur une normalisation de ses rapports avec l’Arabie saoudite. Rapports pour le moins tendus depuis qu’Assad a proféré ses fameuses insultes sur les semblants d’hommes. Tension que Chareh a ensuite aggravée en critiquant la politique régionale des dirigeants saoudites. Qui ont, naturellement, refusé par la suite de recevoir Walid Moallem, ministre des Affaires étrangères, qui leur en faisait la demande.
Une requête qui montre que le régime syrien s’est ravisé. Pourquoi ? En partie, sans doute, pour des raisons économiques et financières : avec la flambée du baril, Ryad accuse un trop-plein de devises qu’il doit investir quelque part, et la Syrie aimerait en...