Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

Éclairage Les différentes parties préparent déjà l’étape de l’après-élection

Comme par un coup de baguette magique, les obstacles entravant l’amendement constitutionnel ouvrant la voie à l’élection du commandant en chef de l’armée à la tête de la République sont en train de tomber l’un après l’autre. Même si la majorité, notamment le Courant du futur, a eu le mérite d’être la première à lancer le nom du général Sleimane, comme candidat de consensus, certaines parties libanaises ont d’abord cru à une manœuvre de sa part, visant à mettre en difficulté l’opposition et plus particulièrement le général Michel Aoun. Le commandant en chef de l’armée, dont le secrétaire général du Hezbollah avait fait l’éloge dans son dernier discours prononcé à l’occasion de la journée du martyr, est une personnalité appréciée par la résistance, qui le considère assez proche de ses options stratégiques. Pour cette raison, l’opposition a estimé que l’idée de la candidature du général Sleimane était essentiellement dirigée contre elle, d’autant que le général Aoun a toujours défendu l’armée et, par conséquent, il pouvait difficilement s’opposer à la candidature de son commandant en chef. L’opposition a donc considéré que cette idée avait été lancée pour provoquer un refus de sa part. Un tel refus serait mal vu à la fois des Libanais et des membres de la troupe eux-mêmes, mais aussi de la communauté internationale, qui ne comprendrait pas qu’on puisse rejeter la candidature d’une personne qui est plutôt appréciée par toutes les parties et qui a réussi à voguer entre les multiples écueils sécuritaires et politiques ces deux dernières années. Le Hezbollah, de son côté, a refusé de se prononcer sur la question, fidèle à sa position de confier le dossier de la présidentielle à son allié le général Michel Aoun. Que la personne du général Sleimane lui plaise ou non, il a laissé la liberté de décision au chef du CPL, car leur alliance s’inscrit dans un cadre stratégique. Et ce dernier a surpris tous ceux qui ne le connaissaient pas vraiment en appuyant la candidature du commandant en chef de l’armée. Selon ses partisans, le général Aoun a ainsi fait preuve de noblesse d’âme, mais aussi de sagesse et de subtilité, déjouant les complots visant à l’isoler et à le condamner pour rejet du consensus. À ses yeux, il ne s’agissait certes pas d’une manœuvre politique, mais d’une position de principe favorable à la troupe et à son commandement. S’il s’agissait d’un ballon d’essai lancé par la majorité, ce serait donc à elle de le dégonfler. Sinon, Aoun est favorable à l’élection du commandant en chef de l’armée à la tête de l’État. Les obstacles Mais pour le CPL, cela ne signifie nullement que tous les problèmes sont automatiquement réglés. Selon ses proches, les questions constitutionnelles sont laissées aux spécialistes. Par contre, il faudrait s’entendre sur la formation du gouvernement qui suivra l’élection présidentielle, ainsi que sur les grandes questions qui opposent actuellement les Libanais. Le CPL est convaincu qu’il ne suffit pas de placer une personnalité crédible à la tête de l’État, si on ne veut pas lui donner les moyens d’agir et s’il n’y a pas un minimum de consensus sur les dossiers importants qui agitent actuellement le pays. Les sources proches du CPL rappellent que ce n’est pas pour le plaisir que les partisans de l’opposition sont descendus dans la rue les 1er et 10 décembre dernier et qu’ils poursuivent leur sit-in au centre-ville depuis un an. Cette couche importante de la population, ajoutent ces sources, avait des revendications politiques et sociales dont il n’a pas été tenu compte et qu’il est bon de rappeler à l’heure où l’on commence à chercher des solutions. Les sources proches de l’opposition annoncent ainsi pour aujourd’hui un nouveau rassemblement au centre-ville, et des manifestations plus importantes au cours de la semaine prochaine. Pour ces sources, il n’est pas question de résumer toutes les revendications brandies depuis un an par l’opposition par l’élection d’un nouveau président. Il faudrait aussi tenir compte des équilibres entre les communautés et faire en sorte d’instaurer une véritable participation au pouvoir de toutes les composantes de la société libanaise. Les mêmes sources estiment qu’il ne servirait à rien de donner un répit aux Libanais pour revenir dans quelques mois aux problèmes qui secouent actuellement le pays, surtout qu’aucun dossier de fond n’a été réglé sur les plans régional et international. Il faudrait donc, avec l’élection d’un président, préciser les grandes lignes de l’étape future et de la démarche que compte suivre la nouvelle équipe qui sera mise en place. C’est pourquoi les sources de l’opposition et de la majorité estiment que le processus devrait prendre un peu de temps et qu’il ne sert à rien d’agir précipitamment. Vendredi prochain, le Liban n’aura peut-être pas encore de président, mais l’échéance s’inscrit désormais dans un avenir visible et l’élection est devenue un « chantier global ». Si l’identité du futur président ne fait presque plus de doute, toutes les parties préparent déjà l’après-élection et les équilibres politiques qui l’accompagneront. Certains parlent déjà de nouvelles alliances et d’une sorte de néoaccord quadripartite entre le Hezbollah, Amal, le PSP et le Courant du futur qui avait permis à la majorité actuelle de remporter les élections législatives de 2005. Mais aussi bien le CPL que le Hezbollah sont catégoriques : leur alliance est suffisamment solide pour se perpétuer ; d’autres parties pourraient toutefois s’y joindre... Si rien n’est encore définitivement joué, une nouvelle étape semble en tout cas s’ouvrir au Liban... Scarlett HADDAD
Comme par un coup de baguette magique, les obstacles entravant l’amendement constitutionnel ouvrant la voie à l’élection du commandant en chef de l’armée à la tête de la République sont en train de tomber l’un après l’autre. Même si la majorité, notamment le Courant du futur, a eu le mérite d’être la première à lancer le nom du général Sleimane, comme candidat de consensus, certaines parties libanaises ont d’abord cru à une manœuvre de sa part, visant à mettre en difficulté l’opposition et plus particulièrement le général Michel Aoun. Le commandant en chef de l’armée, dont le secrétaire général du Hezbollah avait fait l’éloge dans son dernier discours prononcé à l’occasion de la journée du martyr, est une personnalité appréciée par la résistance, qui le considère assez proche de...