Le Liban participera à la réunion d’Annapolis pour la relance du processus de paix, qui s’ouvre demain mardi dans le Maryland, aux États-Unis. Il y participera « ni pour négocier ni pour faire des concessions », selon des sources diplomatiques bien informées. Et pour cause : il n’y aura pas d’ordre du jour à Annapolis, qui doit simplement donner le coup d’envoi d’une nouvelle dynamique de paix régionale, en attendant la reprise des négociations qui devrait suivre, dans une deuxième étape, à Moscou. Annapolis devrait en principe déboucher sur un mécanisme qui permettra à l’envoyé spécial du quartette au Moyen-Orient, Tony Blair, de reprendre du service.
Le président de la délégation libanaise, le ministre des Affaires étrangères par intérim, Tarek Mitri, qui a quitté Beyrouth samedi soir pour la capitale du Maryland, a indiqué que le Liban participe à la réunion conformément à la décision commune des pays arabes, prise jeudi dernier lors de la réunion extraordinaire de la Ligue au Caire. Le Premier ministre Fouad Siniora aurait d’ailleurs reçu des appels téléphoniques de responsables américains, européens, égyptiens, saoudiens et palestiniens lui conseillant d’envoyer une délégation aux États-Unis, étant donné l’importance de l’événement et l’existence de plusieurs dossiers brûlants à régler pour le Liban au niveau régional. Il a donc décidé d’envoyer une délégation formée d’abord des ambassadeurs à Washington, New York et Bruxelles, respectivement MM. Antoine Chédid, Nawaf Salam et Adnane Mansour. Mais l’impossibilité d’élire un nouveau président de la République a conduit le gouvernement à désigner Tarek Mitri comme chef de la délégation, formée également de MM. Salam et Chédid. Quant à Adnane Mansour, sa présence à Annapolis se serait heurtée au veto du ministre des Affaires étrangères démissionnaire, Faouzi Salloukh, lequel continue de se rendre au Palais Bustros pour expédier les affaires courantes sans pour autant revenir sur sa démission ou encore participer aux conférences internationales. Aucune explication n’a été donnée au veto de M. Salloukh à la participation de l’ambassadeur du Liban à Bruxelles.
Selon les mêmes sources diplomatiques, Tarek Mitri résumera, dans son allocution à Annapolis, les trois points qui intéressent directement le Liban. D’abord, M. Mitri réclamera le retrait israélien des fermes de Chebaa et de Ghajar, conformément à la 425. Ensuite, il mettra l’accent sur l’attachement du Liban à l’initiative arabe de paix adoptée lors du sommet de Beyrouth en 2002, surtout en ce qui concerne la clause relative au retour des réfugiés palestiniens chez eux. Il soulignera enfin la volonté de Beyrouth de voir les résolutions internationales appliquées, notamment la 1701.
Il reste que la vacance présidentielle s’invite tout naturellement à la réunion d’Annapolis, où plutôt dans les discussions qui auront lieu en marge de cette réunion. D’autant qu’il existe une crainte réelle de la part de la communauté internationale de voir le Liban s’enfoncer dans la crise si l’élection n’a pas lieu le 30 novembre. Annapolis sera l’occasion de voir quel est le chemin le plus court pour parvenir à l’élection et empêcher le pays de basculer dans le chaos. Et pour cause, l’opposition considère qu’elle est désormais privée du président qui assurait une couverture à ses positions et ses actes, et que le gouvernement actuel est « inexistant », du moment qu’il est, selon elle, « anticonstitutionnel, illégitime et non consensuel ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Liban participera à la réunion d’Annapolis pour la relance du processus de paix, qui s’ouvre demain mardi dans le Maryland, aux États-Unis. Il y participera « ni pour négocier ni pour faire des concessions », selon des sources diplomatiques bien informées. Et pour cause : il n’y aura pas d’ordre du jour à Annapolis, qui doit simplement donner le coup d’envoi d’une nouvelle dynamique de paix régionale, en attendant la reprise des négociations qui devrait suivre, dans une deuxième étape, à Moscou. Annapolis devrait en principe déboucher sur un mécanisme qui permettra à l’envoyé spécial du quartette au Moyen-Orient, Tony Blair, de reprendre du service.
Le président de la délégation libanaise, le ministre des Affaires étrangères par intérim, Tarek Mitri, qui a quitté Beyrouth samedi soir pour la...