Rechercher
Rechercher

Actualités

Inquiets et exaspérés, les Libanais attendent l’échéance

Lassés des querelles intestines entre leurs dirigeants, les Libanais se disent exaspérés par les atermoiements autour de l’élection présidentielle, trois fois reportée et objet de toutes les conversations, rapporte Inès Bel Aïba de l’AFP. « Même si l’élection a lieu, ce ne sera qu’un mensonge, un accord de façade. Il ne s’agira de rien d’autre que d’une injection de morphine, pas d’un traitement de fond » de la crise politique, estime Tanios Kyriakos, technicien de 45 ans. Mais si les Libanais se disent sans illusion sur l’élection, leurs conversations sont tout sauf dépassionnées. « Nous autres Libanais, nous avons grandi avec de la politique dans le biberon », sourit Randala Zaïdane, 21 ans, étudiante en mathématiques. Aussi lorsque Zeinab, 40 ans, proclame qu’« on s’en fiche du président », son voisin, Sami Sbeiti, la rabroue immédiatement. « Comment ça, on s’en fiche ? Mais pas du tout. On espère vraiment qu’ils se mettront d’accord », dit-il. Contrite, Zeinab avoue juste en avoir « marre de la politique ». « On n’en peut plus, on est vraiment fatigués », dit-elle. Signe de la démotivation, le taux d’abstention avait frôlé les 60 % lors des dernières législatives en 2005. La guerre civile Bilal Salmani, 33 ans, ouvrier à Tyr, est, lui, convaincu d’un retour du pays à ses heures les plus noires. « Nous nous dirigeons vers une guerre civile », regrette-t-il, alors que les rumeurs sont persistantes sur un réarmement des factions politiques en prévision d’un conflit pareil à celui qui a déchiré le Liban de 1975 à 1990. « Avec ma famille, nous ne sortons plus la nuit parce que la guerre peut reprendre du jour au lendemain », ajoute-t-il. Beaucoup de Libanais estiment en outre que l’élection ne changera rien à leur quotidien. « Ah, parce que la situation au Liban ne dépend que de l’élection d’un président ? » ironise Robert Lala, patron d’une sandwicherie à Achrafieh. « Nous avons tellement de problèmes, nous croulons sous les dettes, alors, la présidentielle... » lance-t-il, désabusé. « Qu’ils aillent tous au diable ! Rien ne va ici, on a des coupures d’eau et d’électricité à répétition, que font-ils pour le peuple ? » s’emporte pour sa part Jamal Boustani, 62 ans. Ziad Samad, 27 ans, a fini ses études en architecture l’an dernier. « Depuis, j’attends avec impatience que se termine le dossier de la présidentielle et que se résolve la crise politique, avec l’espoir que cela crée des emplois », explique le jeune homme, originaire de Tripoli. « Mais à mon avis, tout ce qu’ils disent (...), c’est une perte de temps », poursuit-il. Pour tenter de contrer le ras-le-bol général, un collectif indépendant baptisé Khalass (Assez, en arabe) a récemment vu le jour. Son objectif : lancer un appel aux hommes politiques « pour les exhorter à dépasser cette impasse » institutionnelle et mobiliser la société civile.
Lassés des querelles intestines entre leurs dirigeants, les Libanais se disent exaspérés par les atermoiements autour de l’élection présidentielle, trois fois reportée et objet de toutes les conversations, rapporte Inès Bel Aïba de l’AFP.
« Même si l’élection a lieu, ce ne sera qu’un mensonge, un accord de façade. Il ne s’agira de rien d’autre que d’une injection de morphine, pas d’un traitement de fond » de la crise politique, estime Tanios Kyriakos, technicien de 45 ans.
Mais si les Libanais se disent sans illusion sur l’élection, leurs conversations sont tout sauf dépassionnées. « Nous autres Libanais, nous avons grandi avec de la politique dans le biberon », sourit Randala Zaïdane, 21 ans, étudiante en mathématiques.
Aussi lorsque Zeinab, 40 ans, proclame qu’« on s’en fiche du...