Au seuil de l’échéance présidentielle, tous les partis politiques, les instances religieuses, les diplomates et les dirigeants politiques tirent la sonnette d’alarme en décrivant la situation politique au Liban comme alarmante. Tous nous décrivent une situation connue et que la population vit au quotidien. Mais aucun d’entre eux ne donne la moindre solution au problème.
Le Liban a de la difficulté à se dégager des serres d’une situation internationale qui ne cesse depuis des décennies de le prendre en otage. Le Liban est une plate-forme aussi bien pour Téhéran que pour Paris, Washington ou Ryad, c’est-à-dire un pays dont l’importance dépasse les frontières, c’est un relais de pouvoir, une base. Historiquement, c’est l’enclave occidentale dans le monde arabe.
Cette plate-forme est d’autant plus facile à investir que le Liban souffre d’une faiblesse congénitale : la différence entre le pays rêvé (une démocratie) et le pays réel, placé sous l’emprise des pouvoirs claniques qui ont besoin d’alliés à l’extérieur pour consolider leur situation à
l’intérieur.
Les maronites sont la principale communauté chrétienne. Venus d’Antioche, on les trouve entre le VIIe et le Xe siècle pris en étau entre l’Empire byzantin et les conquérants arabes. Ils se réfugient alors au Mont-Liban, s’associent à l’Occident dès les croisades, puis aux missionnaires catholiques, enfin à la France, qui soutient, en 1864, la création d’un gouvernement autonome du Mont-Liban au sein de l’Empire ottoman, puis s’adosse encore aux maronites lors du mandat de 1920-1943.
Le 22 octobre 1989 est signé à Taëf le document d’entente nationale qui marque la défaite politique des maronites. Au terme de cet accord, le président de la République, maronite selon le Pacte national de 1943 et chef de l’Exécutif selon la Constitution de 1926, cesse d’être le maître de l’Exécutif ; il n’est même plus arbitre et son rôle devient plus formel que réel.
Les maronites ont perdu avec cet accord leur place centrale au sein de l’État, les prérogatives politiques qu’ils détenaient depuis 1943 et surtout les garanties accordées lors de la création du Liban en 1920. Cette défaite politique est le résultat d’un affaiblissement de la communauté chrétienne, et surtout maronite, dû à l’absence de solidarité et aux conflits internes qui l’ont secouée.
Entre les maronites, c’est la loi du plus fort qui prévaut depuis des siècles. Fascinés par le pouvoir, les chefs de famille, devenus chefs de guerre, se livrèrent à des luttes et à des batailles sanglantes, se montrant plus cruels envers leurs frères qu’envers leurs ennemis désignés.
Trente ans de guerres et de conflits n’ont rien résolu ; nos dirigeants tentent de satisfaire en priorité leurs ambitions personnelles, qu’elles soient d’ordre politique ou économique, au lieu de résoudre la crise que le pays est en train de traverser.
Aujourd’hui, les deux camps campent sur leurs positions et chacun d’eux veut avoir le dernier mot. Pendant ce temps, nos jeunes émigrent, notre économie s’effondre et notre société s’effrite. Reconnaissons et acceptons notre problème, et ayons le courage de proposer un nouveau système politique nous permettant de vivre en paix dans « notre Liban » sans que l’un des deux camps ne cherche à s’imposer à l’autre.
Après avoir donné leur chance à tous les orateurs du 14 et du 8 Mars, il est temps que notre jeunesse se prenne en main et décide de se libérer de ses appartenances tribales. C’est le moment pour toute notre jeunesse de prendre l’initiative et d’édifier l’avenir, le sien.
Article paru le vendredi 16 novembre 2007
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Au seuil de l’échéance présidentielle, tous les partis politiques, les instances religieuses, les diplomates et les dirigeants politiques tirent la sonnette d’alarme en décrivant la situation politique au Liban comme alarmante. Tous nous décrivent une situation connue et que la population vit au quotidien. Mais aucun d’entre eux ne donne la moindre solution au problème.
Le Liban a de la difficulté à se dégager des serres d’une situation internationale qui ne cesse depuis des décennies de le prendre en otage. Le Liban est une plate-forme aussi bien pour Téhéran que pour Paris, Washington ou Ryad, c’est-à-dire un pays dont l’importance dépasse les frontières, c’est un relais de pouvoir, une base. Historiquement, c’est l’enclave occidentale dans le monde arabe.
Cette plate-forme est d’autant plus facile...