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Actualités - Opinion

L’arrangement Bush-Sarkozy sème localement une certaine confusion

Le sommet Bush-Sarkozy ? La majorité doit sûrement en grincer des dents, persiflent des députés de l’opposition. En expliquant que, désormais, les Américains se rangent à l’avis des Français qui militent pour un président libanais consensuel équidistant de tous. Ce qui élimine les candidats du 14 Mars. D’autant plus ulcérés, selon ces bons amis d’en face, que de toute évidence un tel président dit d’entente doit avoir nécessairement l’aval de Damas. La déception des loyalistes est d’autant plus marquée, rajoutent ces parlementaires, qu’ils n’attendaient de la rencontre de Washington qu’un résultat : une sorte d’ultimatum sévère adressé à la Syrie. Au sujet de la nécessité de ne pas tenter de faire torpiller le quorum des deux tiers, mais tout au contraire d’aider à le garantir. En prenant soin, en outre, de ne pas s’immiscer pour fausser ou dénaturer une compétition, un scrutin qui doivent rester libres. Parce que tout parachutage, même bien intentionné, est condamnable en termes de vraie démocratie. Ce qui implique du même coup que la Syrie ne doit intervenir ni pour favoriser un choix qui lui serait agréable ni pour barrer la route aux indépendantistes. Dans le même esprit, poursuivent les opposants, les majoritaires souhaitaient qu’Américains et Français, réunis au sommet, somment clairement Damas de changer totalement de comportement par rapport au pouvoir libanais. En lui signifiant ensemble, de manière comminatoire, que ce dossier n’est pas négociable. Or, relèvent les sources contestataires citées, en délivrant carte blanche à Sarkozy, Bush cesse implicitement de rejeter tout dialogue avec le régime syrien, avec qui Paris traite régulièrement du Liban. Dès lors, ces députés ne sont pas loin de considérer que maintenant, c’est au 14 Mars que Français et Américains demandent de modifier son attitude vis-à-vis des Syriens ! Sans compter que les majoritaires se voient, assez explicitement, priés de ne pas essayer de riposter à un torpillage du quorum par une élection unilatérale à la majorité absolue. Toujours selon les mêmes députés opposants, le communiqué des évêques maronites a encore avivé les plaies du 14 Mars. Car il condamne tout autant l’élection à la moitié plus un que le torpillage du quorum. Alors que là aussi, soutiennent ces sources, les loyalistes s’attendaient à un tout autre résultat. À savoir à ce que les prélats n’évoquent que le taux de présence, en reconfirmant l’anathème frappant les députés qui se déroberaient à leur devoir. Le texte devant d’ailleurs faire assumer à ces boycotteurs de la nation la responsabilité des retombées d’une élection à la majorité absolue, la moitié plus un. Que la nécessité de parer le danger de chaos découlant du vide institutionnel justifierait amplement. Perplexité Sans prendre la peine de répliquer à ces aménités opposantes, les cadres du 14 Mars s’attellent à trouver des réponses aux problèmes que leur posent les développements concernant la présidentielle. Ils ne cachent pas que cette question de président d’entente les turlupine. D’où va-t-on le prendre, comment peut-il jamais être pleinement approuvé par tous sans être proche de personne ? Et pourquoi n’avait-on pas sorti cette formule magique d’une fausse unanimité lorsqu’il s’était agi d’élire M. Nabih Berry ou de nommer le président Siniora ? Les loyalistes reconnaissent cependant qu’une élection qui ne provoquerait pas de nouvelles turbulences est souhaitable en termes d’intérêt national. Ils sont donc pour le principe d’un accord. Mais ils relèvent que chaque partie tente, ce qui est naturel, de tirer la couverture à elle. Et de donner à l’expression président consensuel un sens concret favorisant ses vues propres. Ce qui fait que le choix constitue en lui-même une nouvelle pomme de discorde. La mésentente sur l’entente, en somme. Ainsi, certains plaident pour un président adéquat, capable de traiter la conjoncture et dont la provenance importerait peu. Autrement dit, il pourrait aussi bien sortir des rangs du 14 Mars qu’être issu du 8 Mars. Mais d’autres répètent qu’il ne doit pas être engagé, mais bien équidistant de tous sur le fond. Même s’il éprouve personnellement des sympathies déterminées. Et même s’il n’est pas vraiment à la hauteur ! Qui donc va trancher le litige de sémantique sur le terme entente ? Berry ? Non, car il indique attendre pour sa part que Bkerké se prononce. À travers une liste de présidentiables consensuels. Mais le patriarcat se refuse à entrer dans le jeu des noms, renvoyant la balle à la Chambre, dont c’est la responsabilité et le devoir. On flotte, alors que le temps presse. C’est bien pourquoi du reste beaucoup de professionnels pensent que dans l’urgence, pour éviter au pays de tomber dans le vide, Bkerké accepterait en dernière minute de proposer des noms. Émile KHOURY
Le sommet Bush-Sarkozy ? La majorité doit sûrement en grincer des dents, persiflent des députés de l’opposition. En expliquant que, désormais, les Américains se rangent à l’avis des Français qui militent pour un président libanais consensuel équidistant de tous. Ce qui élimine les candidats du 14 Mars. D’autant plus ulcérés, selon ces bons amis d’en face, que de toute évidence un tel président dit d’entente doit avoir nécessairement l’aval de Damas.
La déception des loyalistes est d’autant plus marquée, rajoutent ces parlementaires, qu’ils n’attendaient de la rencontre de Washington qu’un résultat : une sorte d’ultimatum sévère adressé à la Syrie. Au sujet de la nécessité de ne pas tenter de faire torpiller le quorum des deux tiers, mais tout au contraire d’aider à le garantir. En...