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Package deal contre accord circonstanciel : les propositions s’entrechoquent Émile KHOURY

Des députés loyalistes, sans aller jusqu’à reprendre l’antienne d’un traité au long cours englobant le programme de l’État pour les six années à venir, proposent un package deal en cinq points et options variées : – Élection d’un président de la République issu des rangs de la majorité. – Formation, ensuite, d’un cabinet d’union nationale. – Ou, au choix, mise en place d’un gouvernement d’indépendants. Plus exactement de cadres, politiques ou autres, qui ne songent pas à se présenter aux prochaines législatives. – Dans les deux cas, élaboration accélérée d’une nouvelle loi électorale équilibrée et juste. En vue d’une consultation populaire anticipée, qui aurait lieu l’été prochain. – La majorité issue de ces élections, qu’elle soit toujours la même qu’aujourd’hui ou que les rôles se trouvent inversés au profit de l’opposition, formerait alors un gouvernement à sa guise. Il ne serait plus question de partage à ce niveau. Si la minorité actuelle devait l’emporter, elle aurait à cohabiter avec le chef de l’État le plus harmonieusement possible. Ouverture Cependant, d’autres députés du 14 Mars vont jusqu’à accepter que la minorité dispose du tiers de blocage. Mais dans un gouvernement qui ne serait formé qu’après avoir bien assuré la présidentielle. Un gouvernement où, reconnaissent-ils, la minorité doit avoir sont mot à dire car il devra traiter d’importantes questions nécessitant un consensus national. Comme l’armement du Hezbollah, la loi électorale et les relations avec la Syrie. Si l’expérience est réussie, sans implosion du cabinet, le gouvernement durerait jusqu’à l’expiration du mandat de la Chambre actuelle, en 2009, et les législatives seraient organisées dans les délais normaux. Au cas où, par mauvaise foi, l’opposition tenterait d’utiliser le tiers de blocage pour paralyser l’État, le chef du gouvernement rendrait son tablier. On mettrait alors en place un cabinet d’indépendants qui préparerait des législatives anticipées, suggèrent ces modérés. Dont nombre de collègues majoritaires ne partagent pas les vues. Car il leur semble absurde d’accorder un droit de blocage à quiconque. Surtout dans les débuts d’une nouvelle présidence et d’une ère de redressement. Le régime doit pouvoir être fort. Et même être en mesure, le cas échéant, de contrôler lui-même le tiers des ministres. Tout en étant assuré de l’appui de la majorité parlementaire. Cela, pour compenser l’effet négatif des dispositions de Taëf qui, en érodant les prérogatives du président pour les éparpiller sur l’ensemble du Conseil des ministres, empêchent en fait l’État libanais d’avoir une tête directrice. Et d’agir de manière cohérente. En face, des députés opposants répliquent qu’il faut se contenter d’un arrangement ponctuel portant uniquement sur la présidentielle. Laissant entendre qu’il ne semble pas que l’on puisse y arriver dans les délais constitutionnels, ils précisent que l’intérim de la présidence de la République devrait impérativement être confié à un gouvernement de transition, considéré comme cabinet de salut public. Ce qui induit qu’il s’agirait sinon d’un cabinet d’union nationale du moins d’une équipe ayant l’agrément de l’opposition comme de la majorité. Son premier objectif serait de dynamiser les efforts en vue d’une présidentielle rapprochée. Si cela s’avère toujours hors de portée, le gouvernement provisoire s’attellerait d’arrache-pied à la fabrication d’une loi électorale équitable. La nouvelle Chambre, sûrement mieux représentative que l’actuelle selon ces opposants, élirait le chef de l’État. Ils rajoutent, pour faire bonne mesure d’agressivité, qu’un doute prononcé entoure la représentativité, donc la légitimité même, de nombre de leurs collègues députés issus des dernières élections. Et ils vont même jusqu’à soutenir que la présence d’une Assemblée, qui n’est pas vraiment constitutionnelle, a bloqué l’examen des recours en invalidation présentés contre l’élection de certains de ses membres appartenant à la majorité. Bien entendu, les loyalistes rejettent l’offre opposante qu’ils qualifient de négativiste. Car elle se fonde et s’articule sur une non-élection présidentielle dans les délais. Ils soulignent que l’anarchie et la confusion provoquées par le vide institutionnel rendraient impossible la mise sur pied d’un gouvernement de transition. L’on ne pourrait donc pas préparer une loi électorale sensée et consensuelle. Ni organiser des législatives anticipées. L’édition 2005 a été régie par la loi 2000 concoctée par l’ancien gauleiter syrien Ghazi Kanaan, suicidé par la suite. Beaucoup avaient protesté par le maintien des dispositions iniques de cette loi. Mais si l’on avait voulu en changer, non seulement cela aurait pris un temps fou, mais encore il y aurait eu de tels conflits sur le texte qu’il serait resté mort-né. Et l’on n’aurait plus eu d’élections avant plusieurs années, rappellent ces majoritaires.
Des députés loyalistes, sans aller jusqu’à reprendre l’antienne d’un traité au long cours englobant le programme de l’État pour les six années à venir, proposent un package deal en cinq points et options variées :
– Élection d’un président de la République issu des rangs de la majorité.
– Formation, ensuite, d’un cabinet d’union nationale.
– Ou, au choix, mise en place d’un gouvernement d’indépendants. Plus exactement de cadres, politiques ou autres, qui ne songent pas à se présenter aux prochaines législatives.
– Dans les deux cas, élaboration accélérée d’une nouvelle loi électorale équilibrée et juste. En vue d’une consultation populaire anticipée, qui aurait lieu l’été prochain.
– La majorité issue de ces élections, qu’elle soit toujours la même qu’aujourd’hui...