Le cercle vicieux
Dans un monde où règnent famine, torture, violence… où les droits de l’homme continuent à être bafoués, où des millions d’enfants sont sans refuge ou maltraités, où même notre terre est brûlée, ravagée par les catastrophes naturelles…
Dans ce monde tout obscur et triste, le futur semble encore plus sombre quand les hommes continuent à cultiver la haine et la violence, quand ils se laissent entraîner par leurs désirs et plaisirs, quand tout simplement l’homme est le pire ennemi de l’homme.
Nous sommes emportés dans un tourbillon fatidique, mais j’espère encore et toujours que nous serons un jour à la hauteur de la vie.
Notre Liban est lui aussi contaminé par ce mal ; en fin de compte ne fait-il pas partie de ce monde ?… Le plus désolant c’est de voir nos politiciens se battre pour des sièges alors que le peuple crie famine, que la vie devient de plus en plus chère.
Il me paraît plus intelligent de manifester pour obtenir nos droits économiques les plus basiques au lieu de vénérer celui-ci ou celui-là. Encore pire, de nous disputer pour les défendre !
La situation politique aggrave la situation économique et nous nous retrouvons dans un cercle vicieux. Comment s’en libérer ? Il faudrait peut-être arrêter d’y croire et se résigner, arrêter de se battre comme dans un rêve où l’on essaie de courir, s’enfuir mais où l’on reste sur place.
Tina BARAKAT
Symbolisme
Le ciel couvert de nuages est maussade ; une pluie fine mais continue mouille la chaussée ; la rue de Damas-Beyrouth est glissante et les automobilistes, nombreux en cette heure matinale, roulent avec précaution. Un seul dérapage : un bus à hauteur de Bhamdoun heurte un poteau électrique et bloque la voie en diagonale. Jusque-là rien de spécial sauf que ce bus possède une identité inscrite en grandes lettres majuscules au-dessus du pare-brise : al-Ittifak. Pas de victimes ? Non, le bus était vide.
Normal non ? Quel Libanais oserait prendre un bus nommé Accord ?
Samira FAKHOURY
Ceintures : et les autocars ?
Dans les pays civilisés, on prévient les risques. Sur nos routes sinueuses, nos enfants encourent quotidiennement des risques accrus. Sans ceinture pour le protéger, un enfant risque d’être catapulté à une vitesse incroyable et de subir de graves blessures.
Chaque année, le nombre significatif d’accidents survenant le long des chemins de l’école le confirme. Pourquoi attendre que nos enfants soient victimes de l’étourderie et de l’insouciance des conducteurs ? Nos autocars doivent être munis de ceintures de sécurité, tout comme les voitures. Par quelle logique ne le seraient-ils pas ? La volonté privée n’a jamais attendu les initiatives officielles pour agir. Nous devons bouger pour changer les choses…
Carla ARAMOUNI
Courage !
À l’heure où le monde se réjouit du progrès technique et du développement des moyens de communication grâce à l’Internet, nous pouvons dire sans trop de prétention que le principe de l’échange et du partage avait déjà animé l’esprit de nos ancêtres, les Phéniciens, qui inventèrent l’alphabet, selon Pline. Quelques siècles plus tard, et tout en adoptant l’usage de l’arabe dans le culte syriaque maronite, le karshouni fut introduit (voir L’Orient Littéraire) pour exprimer une langue dans la typographie d’une autre. Ainsi naîtra la révolution de l’imprimerie. Le Liban sera effectivement l’imprimerie du monde arabe grâce à cet héritage très cher qu’est la liberté d’expression, seule survivante dans ce Moyen-Orient. Aujourd’hui, il est regrettable de voir la majorité de nos hommes politiques exploiter le climat ambiant pour imposer un certain système politique tout à fait étranger à nos traditions. Les chrétiens, plus défaitistes que jamais, se sentent prisonniers de leurs engagements, pour ne pas dire soumissions. Il est regrettable que, pour un président consensuel et même avec l’aide du patriarche, ils n’arrivent plus à s’entendre. Courage, messieurs ! Chuang-tzu disait : « Dans le plus grand Tao, rien ne s’énonce ; dans la plus grande dispute, rien ne se dit ; la plus grande bonté n’est pas bonne, la plus grande humilité n’est pas indigente, le plus grand courage n’est pas agressif. »
Antoine SABBAGHA
Libanais joueurs
Nous jouons à la roulette russe.
Nous jouons à chaud-froid.
Nous jouons au jeu des chaises.
Nous jouons avec le feu.
Des jeux enfantins, des jeux dangereux.
« Émotions fortes, émotions garanties. »
Nouveau slogan publicitaire pour notre pays, les anciens slogans étant périmés et dépassés. Et si par miracle des touristes viennent nous voir, les Libanais, par le principe de vases communicants, fuient pour maintenir l’équilibre !
Mais moi je reste. Car j’aime mon pays avec mon cœur, avec mes tripes, envers et contre tout.
Alice TAMER
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