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Actualités - Opinion

Dessine-moi un neuneu…

Coucou ! Toujours pas de président ? À la bonne heure, rien ne presse. Mais chut ! À Bkerké, quatre stagiaires dessinent avec application une guirlande de portraits-robots tout nus. Aux dernières nouvelles, ils en sont encore à comparer les courbures du bedon. Faut dire que chez les Arabes la notion de temps est très aléatoire. Mais bon, il n’est jamais trop tard pour être en retard. Donc à moins d’un mois de la date limite, on ne connaît toujours pas le nombre et encore moins l’identité exacte des cobayes qui se bousculent en haletant autour du fauteuil bancal, tout animés bien entendu de l’esprit du sacrifice. Ou encore, ce qui est plus rigolo, pour répondre à un appel pressant du populo. Un euphémisme très au-dessous de la réalité. En vérité, quatre millions de Libanais menacent de se taillader les veines et de se jeter collectivement de Raouché, si l’un ou l’autre des candidats n’était pas couronné Neuneu 1er de Baabda. Pour l’heure, en tout cas, la bisbille est dans le camp chrétien. Ceux qui savent lire, écrire et se laver les mains avant de passer à table s’en battent les claouis. Finalement, y a que les laboureurs de province que ça excite. Alors du calme et attendons… Les comiques troupiers du marigot politique aiment carburer dans l’urgence. Comme cela, à minuit moins une, le 23 novembre, l’élection sera encore mieux bâclée. Un scrutin rapidement torché pour un fauteuil branlant. Bienvenue dans le troisième millénaire ! Ce qui n’est pas pour déplaire à l’opposition. Ainsi, il y a quelques jours, des journalistes étaient en train de roupiller lorsque le député Nasser Nasrallah – mal rasé, en attendant de grimper les échelons et de gagner une barbe complète – les a soudain réveillés par une saillie primesautière : « Le négoce présidentiel patauge entre trois ou quatre noms ; dès qu’on se mettra d’accord, l’élection ne sera plus qu’une formalité. » C’est à peine si ce brillant libéral n’a pas ajouté : « Laissez votre numéro, on vous appellera ! » Monsieur Nasrallah est trop bon… Entre négoce et élection, le futur barbu a découvert l’oxymore sans le savoir. Oxymore, c’est-à-dire association de deux termes complètement contradictoires. Comme Liban et démocratie, par exemple… Gaby NASR
Coucou ! Toujours pas de président ? À la bonne heure, rien ne presse. Mais chut ! À Bkerké, quatre stagiaires dessinent avec application une guirlande de portraits-robots tout nus. Aux dernières nouvelles, ils en sont encore à comparer les courbures du bedon. Faut dire que chez les Arabes la notion de temps est très aléatoire. Mais bon, il n’est jamais trop tard pour être en retard.
Donc à moins d’un mois de la date limite, on ne connaît toujours pas le nombre et encore moins l’identité exacte des cobayes qui se bousculent en haletant autour du fauteuil bancal, tout animés bien entendu de l’esprit du sacrifice. Ou encore, ce qui est plus rigolo, pour répondre à un appel pressant du populo. Un euphémisme très au-dessous de la réalité. En vérité, quatre millions de Libanais menacent de se taillader les veines...