Plus connue comme une terre fertile pour le haschisch ou la guérilla, la vallée libanaise de la Békaa se forge aussi une réputation de vignoble de plus en plus attrayant pour les amateurs de vin de par le monde, raconte Jocelyne Zablit, de l’AFP.
Ainsi, plus d’une dizaine de noms de vignobles sont apparus depuis la fin de la guerre, chacun d’eux rivalisant pour figurer parmi les meilleurs crus du Nouveau monde, et les prix remportés par certains dans des foires internationales montrent qu’ils attirent l’attention des connaisseurs face à une concurrence sérieuse.
« L’industrie du vin libanais produit aujourd’hui quelque sept millions de bouteilles par an, dont trois millions sont exportées », indique Serge Hochar, président de l’Union vinicole du Liban, l’association de producteurs de vin. « C’est une industrie qui rapporte 25 millions de dollars, dont 10 millions environ de l’exportation », ajoute-t-il. Ce chiffre représente le triple des recettes perçues au milieu des années 90 lorsque ce secteur a pris son élan après les ravages de la guerre.
Durant la guerre civile, la Békaa – où se trouve un temple romain dédié au dieu du vin Bacchus – était synonyme de guérilla et de culture du haschisch plutôt que de viticulture. « En 1975, 97 % de notre production était écoulée au Liban. En 1990, 97 % de notre production est exportée », surtout vers l’Europe et les États-Unis, renchérit Serge Hochar, dont la famille possède le Château Musar, distingué lors de la Foire du vin de Bristol en 1979.
La surface cultivée a plus que doublé. Elle est de 2 000 hectares aujourd’hui, contre 700 au début des années 90, et ne cesse de croître. La Békaa « est la région parfaite pour la culture du vin », dit Michael Karam, auteur d’un livre sur les vins libanais. « Les conditions sont parfaites : peu de maladies, 320 jours de soleil et une altitude ainsi qu’une terre parfaites », énumère-t-il. Il manque cependant aux vins libanais « la renommée mondiale, bien qu’ils jouissent déjà d’une bonne réputation à l’étranger », surtout en Grande-Bretagne, ajoute-t-il.
À Château Ksara, le plus vieux domaine du pays qui célèbre cette année son 150e anniversaire, les vendanges sont terminées et le millésime 2007 s’annonce « exceptionnel », selon Paulette Bou Mounsef, responsable des vignobles. « Nous avons eu deux vagues de chaleur vers la fin de l’été, ce qui représente un plus pour les grappes », explique-t-elle en regardant fièrement les rangées de vin à Qanafar, le siège de Château Ksara. Le vignoble, fondé par les pères jésuites en 1857, connaît une croissance annuelle de 3 % avec 2,2 millions de bouteilles produites, dont plus de la moitié sont exportées, précise Mme Bou Mounsef.
Quant à Massaya, c’est l’un de ces nouveaux vins ayant suscité l’intérêt. Fondé au milieu des années 90 par deux frères et leur associé français, le domaine a rapidement grimpé les échelons et figure sur la carte des vins au Ritz et au George V à Paris.
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Ainsi, plus d’une dizaine de noms de vignobles sont apparus depuis la fin de la guerre, chacun d’eux rivalisant pour figurer parmi les meilleurs crus du Nouveau monde, et les prix remportés par certains dans des foires internationales montrent qu’ils attirent l’attention des connaisseurs face à une concurrence sérieuse.
« L’industrie du vin libanais produit aujourd’hui quelque sept millions de bouteilles par an, dont trois millions sont exportées », indique Serge Hochar, président de l’Union vinicole du Liban, l’association de producteurs de vin. « C’est une...