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Actualités - Opinion

Les qualifications du futur président

La peur. L’angoisse. L’inquiétude. La prière ? Un miracle ! C’est ça qu’il nous faut. Le dialogue ? Bof ! Un dialogue de sourds, oui. Avez-vous jamais remarqué les débatteurs de chez nous ? Ils font semblant de s’écouter attentivement. En fait chacun ne fait qu’attendre son tour. Alors de quel dialogue nous rebat-on les oreilles ? Ah oui. On discute non pas des noms, mais des « mouassafat », comprendre des caractéristiques du futur locataire du palais de Baabda. Alors, on nous sert les « mouassafat » plates, sans odeur et sans saveur, comme si nous étions des mineurs incapables de comprendre. C’est ainsi que le futur président devra être un homme intègre, patriote, capable ( de quoi !), à égale distance de tous… Avez-vous jamais vu un candidat qui se déclare incapable, malhonnête, vendu, traître ? N’est-il pas temps de nous considérer majeurs et de nous dire clairement les choses ? Dans l’attente, voici les « mouassafat » auxquels nous sommes quelques-uns à adhérer. Sur le plan nationaliste Le futur président doit être opposé ouvertement à tout retour de la mainmise syrienne. Il doit chercher à intégrer les armes du Hezbollah dans l’armée, permettant ainsi au Liban d’accroître sa capacité de dissuasion face à l’ennemi israélien. Il doit s’engager à assurer un soutien inconditionnel au tribunal international afin de juger les criminels qui ont endeuillé le pays. Sur le plan économique Il doit œuvrer à mettre un terme au libéralisme sauvage. L’État doit jouer un autre rôle que celui de gardien des privilèges et des privilégiés. Le nouveau président doit savoir que l’écrasante majorité du peuple est constituée de classes en dessous de la moyenne. Il doit savoir que son pays ne peut se développer durablement avec une minorité privilégiée d’un côté et une écrasante majorité de mal nantis ou carrément de malheureux de l’autre côté. Il doit savoir distinguer entre croissance et développement. On peut avoir une croissance même à deux chiffres et continuer de patauger dans le sous-développement. Sur le plan fiscal Le futur président doit œuvrer à remplir les caisses de l’État en prenant l’argent là où il se trouve et non pas là où on le cherche le plus. La pression fiscale doit s’inverser. Les impôts indirects qui frappent tout le monde indistinctement doivent céder la place aux impôts directs. Qu’importe si le pays n’est plus un paradis fiscal ! Les capitaux vont aller vers d’autres cieux ? Faux. C’est l’instabilité qui fait fuir les capitaux. Et l’injustice est la mère nourricière de l’instabilité. Sur le plan juridique Bien sûr, tout le monde est pour l’indépendance de la justice. Seulement le futur président doit s’engager à ramener dans les caisses de l’État les centaines de millions de dollars détournés par des politiques de tout bord. La justice doit rendre justice. Sur le plan militaire Le futur président doit œuvrer à assurer non seulement le financement d’un équipement moderne destiné aux forces armées, mais aussi et surtout une vie digne à ceux qui ont choisi de se sacrifier pour que vive le Liban. Les aides des pays amis sont les bienvenues. Mais le pays doit avant tout pouvoir compter sur ses propres moyens. Et nos moyens sont loin d’être négligeables. Le pays n’a certes pas de pétrole. Mais il a des émigrés. Il a même un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais. Et pour l’armée, la diaspora s’engagera. En résumé, nous voulons un président qui nous sort du sous-développement et qui nous mette sur les rails de l’avenir. Alors que les autres colonisent l’infiniment grand et explorent l’infiniment petit, sommes-nous condamnés à rester au cœur de toutes les crises ? Monsieur le futur président du Liban, faites en sorte que votre petit pays trouve enfin la stabilité et la parfaite harmonie qu’on lui a toujours refusées. Et s’ils ont du mal à vous trouver à l’intérieur du pays, ils n’ont qu’à regarder du côté de l’empire. Il a toujours été source de salut. Raymond NAMMOUR
La peur. L’angoisse. L’inquiétude. La prière ? Un miracle ! C’est ça qu’il nous faut.
Le dialogue ? Bof ! Un dialogue de sourds, oui.
Avez-vous jamais remarqué les débatteurs de chez nous ? Ils font semblant de s’écouter attentivement. En fait chacun ne fait qu’attendre son tour.
Alors de quel dialogue nous rebat-on les oreilles ? Ah oui. On discute non pas des noms, mais des « mouassafat », comprendre des caractéristiques du futur locataire du palais de Baabda. Alors, on nous sert les « mouassafat » plates, sans odeur et sans saveur, comme si nous étions des mineurs incapables de comprendre. C’est ainsi que le futur président devra être un homme intègre, patriote, capable ( de quoi !), à égale distance de tous…
Avez-vous jamais vu un candidat qui se déclare incapable, malhonnête, vendu, traître...