Des députés de la Rencontre démocratique relèvent que, pour rester conséquente avec elle-même, la communauté internationale doit soutenir l’élection d’un président libanais clairement, activement même, engagé en ce qui concerne l’application complète des résolutions 1559 et 1701. Et pas du tout un candidat insipide de compromis dont la devise serait : ne fâcher personne, ne rien faire, attendre et voir venir. Ce message s’adresse plus particulièrement à des parties qui portent manifestement beaucoup d’intérêt à la présidentielle libanaise, et lui donnent un coup de pouce, comme les États-Unis, l’Union européenne et la France.
Partant de l’impératif de donner corps aux résolutions du Conseil de sécurité, il est naturel, ajoutent ces députés, que la Rencontre veuille un président issu des rangs du 14 Mars. Car les décisions de la légalité internationale entérinent totalement les droits fondamentaux du Liban. Dont la souveraineté, l’indépendance, la liberté de décision, l’intégrité territoriale, l’autorité de la loi sur la moindre parcelle du pays. Ainsi que le désarmement des milices, libanaises ou non libanaises ; le tracé concernant des frontières-passoires qui doivent cesser de l’être ; l’assainissement des relations syriennes avec l’État libanais, par l’arrêt des ingérences indues et des opérations de déstabilisation politiques ou sécuritaires. Pour tout dire, martèlent ces députés, le Liban a le droit de vivre en paix. Et pour cela, il lui faut édifier un État de droit fort, juste, qui ne comprendrait aucun corps parasite en son intérieur, aucun autre simili-État.
Par voie de conséquence, répètent-ils, un président véritablement libanais doit adopter les constantes nationales vitales précitées. Donc contribuer à la concrétisation des résolutions internationales. Comme à l’exécution des décisions prises à l’unanimité dans le cadre du comité national de dialogue. Ainsi d’ailleurs qu’aux dispositions du pacte fondateur de Taëf, largement contournées ou ignorées jusqu’à présent.
Il est sans doute souhaitable, assurent ces parlementaires, que le président en question recueille l’aval des principales forces politiques du pays. Mais la seule condition sine qua non reste son respect absolu des fondamentaux. Sur ce point, le 14 Mars ne peut pas transiger. D’autant qu’un marché bancal, vaseux, signifierait la perpétuation de la crise, sans traitement de fond possible. Ce que le pays ne peut plus endurer.
Une aide constante
Les sources citées soulignent, par ailleurs, que l’aide extérieure dans le choix d’un président libanais chargé de certains objectifs n’est pas du tout un fait nouveau. La Grande-Bretagne était intervenue pour Béchara el-Khoury puis pour Camille Chamoun. Les USA et Nasser, pour Chéhab.
Au départ, Charles Hélou, tout en étant considéré comme consensuel, était bien vu des SR, égypto-syriens aussi bien que libanais. Édouard Honein lançait à l’époque au Amid Raymond Eddé, encore une fois sur les rangs : « Votre faiblesse est dans votre force (popularité), et la force de Hélou est dans sa faiblesse. » En fait, Hélou était parvenu, en fin de règne à larguer le Deuxième Bureau, en soutenant discrètement le Helf.
Bref, plus tard, ce sont les Américains, les Syriens et les Arabes qui ont fait Sarkis ; accord identique à Taëf pour Moawad, que les Syriens n’avaient cependant approuvé que du bout des lèvres et qui a été rapidement assassiné ; auparavant, Béchir et Amine Gemayel avaient été élus alors que le pays était envahi par Israël ; après 1989 et les accords de Taëf, les Syriens ont parachuté, tout seuls, mais avec un blanc-seing US qui leur concédait la tutelle, Hraoui et Lahoud.
Deux exceptions à la série des présidents quasi imposés : l’une, involontaire, pour Frangié en 1970 quand aucune partie étrangère n’avait trouvé intéressant de se mêler de l’élection libanaise. Et l’autre, voulue cette fois par des parties libanaises, lorsque les Américains et les Syriens n’avaient pas réussi à placer Mikhaïl Daher, sur lequel ils s’étaient entendus.
Mais aujourd’hui, les électeurs du dehors sont nombreux, quoique que gardant à leur tête l’Amérique d’une part, la Syrie d’autre part. Puissances qui sont cette fois opposées, ni Washington ni d’ailleurs la communauté internationale ne reconnaissant plus à Damas le droit de disposer du Liban comme du temps de la guerre froide. Dès lors, il s’agira de savoir si le Liban qui se cherche va avoir un président des constantes nationales. Ou un président qui serait le fruit d’un bazar laissant le pays dans les limbes.
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Partant de l’impératif de donner corps aux résolutions du Conseil de sécurité, il est naturel, ajoutent ces députés, que la Rencontre veuille un président issu des rangs...