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Actualités - Opinion

Une équipe mixte pour paver la voie au prochain gouvernement Émile KHOURY

Dans les cercles politiques, il est actuellement question de charger un comité conjoint 14-8 Mars de mettre au point les dénominateurs communs sur lesquels devra se fonder le prochain gouvernement d’union pour qu’il commence à fonctionner utilement dès l’avènement d’un nouveau chef de l’État, et pour prévenir une crise ministérielle prolongée, émaillée de tiraillement sur la répartition des portefeuilles. Les observateurs estiment souhaitable que les travaux dudit comité soient accompagnés par l’ONU, dont les conseils éventuels permettraient de régler au mieux des litiges internes récurrents, relatifs notamment aux résolutions 1559, 1701 et 1757. Cette configuration sous-entend deux éléments. D’abord, on l’aura sans doute compris, que l’ONU consentirait, par rapport à l’application de ses résolutions, à lâcher un peu de lest, à donner du temps aux Libanais, en confirmant du reste d’innombrables déclarations diplomatiques allant dans ce sens. C’est-à-dire reconnaissant, par exemple, que le désarmement du Hezbollah ne doit pas se faire par la force et qu’il vaut mieux laisser les Libanais s’arranger entre eux pour une formule d’exécution en douceur. Ensuite, sur le plan strictement interne, le traitement des dossiers en suspens par le comité prégouvernemental permettrait d’aérer les négociations intensifiées portant sur le choix d’un nouveau président de la République. Ces pourparlers spécifiques ne seraient plus encombrés de discussions sur le règlement des différends politiques en suspens. De plus, et du reste, l’entente sur la succession serait facilitée par les progrès que le comité accomplirait sur la voie d’un règlement des conflits. Sans compter que les présidentiables en lice n’auraient plus l’embarras de répondre à des questions ardues portant sur le désarmement du Hezb, sur les relations avec la Syrie, sur les résolutions du comité de dialogue, sur le tribunal international et sur la 1701. Avec l’élaboration préliminaire d’une feuille de route déterminée, la mise en forme de la déclaration ministérielle du prochain gouvernement ne serait plus qu’une formalité au lieu d’être un facteur potentiel de dispute(s) et d’implosion. En outre, elle déboucherait sur la composition d’un gouvernement d’une solide cohésion. Il deviendrait possible de répondre aux pressantes recommandations d’harmonie étatique formulées par les évêques maronites, dont le dernier manifeste souligne que « le Liban ne peut se redresser qu’à travers la coopération entre le président de la République, le gouvernement et le Parlement ». Projection Mais quel plan le comité prégouvernemental pourrait-il dégager ? Les réponses varient, bien évidemment, selon les positions connues des parties concernées. Pour leur part, les ministres qui sont à l’origine de l’idée voudraient que la ligne à suivre se base sur les points suivants : – Consécration définitive du principe de Taëf relatif au partage fifty-fifty du pouvoir entre les musulmans et les chrétiens. Une règle sans laquelle la coexistence et la démocratie du consensus perdraient leur sens. – L’élaboration d’une nouvelle loi électorale juste et équilibrée. Fondée sur la petite circonscription, le caza par exemple, ou même sur l’uninominale, avec une dose de proportionnelle pour une meilleure représentation à la fois politique globale et de proximité. – La proclamation solennelle d’un attachement indéfectible à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale du Liban. Ce qui induit le rejet, également explicite, de toute tutelle, qu’elle soit arabe ou internationale. D’où rejet, également, de toute implication, de tout engagement, dans la lutte des axes étrangers pour que ce pays cesse de servir de soupape et de lice aux différends régionalo-internationaux. Quant au conflit arabo-israélien, qui concerne le Liban, la ligne à suivre en pratique devra être arrêtée, en concertation, dans le cadre des institutions officielles. Étant entendu et confirmé que le Liban ne signera pas de traité de paix séparé avec l’État hébreu. – Établissement de relations saines et solides avec la Syrie. Sur base des résolutions prises à l’unanimité par le comité national de dialogue. Le Liban ne servirait pas de plate-forme ou de passage pour des actions hostiles à Damas et à son régime. Étant entendu que ce régime cesserait de s’immiscer dans les affaires intérieures libanaises et qu’il veillerait à réguler les frontières, en mettant un terme au trafic d’armes, à l’infiltration d’éléments subversifs et à la contrebande des marchandises. – Régulation également, surtout sur le plan sécuritaire, à l’intérieur des camps palestiniens pour éviter une réédition de l’épisode Nahr el-Bared. Cela à l’ombre de l’autorité souveraine de l’État libanais et de la loi avec amélioration des conditions de vie des réfugiés. – Transformation, par étapes bien étudiées, du Hezbollah en simple parti politique ordinaire. Son potentiel militaire devant être transféré progressivement à l’armée. – Enfin, lutte contre la corruption et mise en chantier d’un programme de redressement économique s’appuyant sur les réformes ébauchées par le gouvernement dans le cadre de Paris III.
Dans les cercles politiques, il est actuellement question de charger un comité conjoint 14-8 Mars de mettre au point les dénominateurs communs sur lesquels devra se fonder le prochain gouvernement d’union pour qu’il commence à fonctionner utilement dès l’avènement d’un nouveau chef de l’État, et pour prévenir une crise ministérielle prolongée, émaillée de tiraillement sur la répartition des portefeuilles.
Les observateurs estiment souhaitable que les travaux dudit comité soient accompagnés par l’ONU, dont les conseils éventuels permettraient de régler au mieux des litiges internes récurrents, relatifs notamment aux résolutions 1559, 1701 et 1757.
Cette configuration sous-entend deux éléments. D’abord, on l’aura sans doute compris, que l’ONU consentirait, par rapport à l’application de ses...