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Actualités - Opinion

Le pays du Cèdre sempiternel maillon faible de la chaîne régionale

Pourquoi le Liban se voit-il confronté, à tout bout de champ, à des choix difficiles ? Pourquoi veut-on toujours le forcer à se soumettre ? Pourquoi l’une de ses composantes impose-t-elle ses vues à l’autre ? Pourquoi empêche-t-on toute entente ? Pourquoi, au contraire, la réclame-t-on comme impérative, dans des circonstances déterminées, alors que dans d’autres, régies par le jeu des intérêts, elle est jugée inutile et même combattue ? Ce thème du pourquoi, sous-tendu d’inquiétude, a récemment fait l’objet d’un cénacle privé tenu par des professionnels de la politique, députés et extraparlementaires. En première réponse à l’interrogation de base, ils ont évoqué les causes historiques du désarroi national. En commençant par le fait le plus lourd de conséquences : la transformation des camps en bases armées et des organisations palestiniennes en État dans l’État. Sous prétexte de libérer leur propre patrie à coups d’opérations de fedayine menées à partir du Liban-Sud. Des villages ont été détruits par les ripostes et les invasions israéliennes, et la population a été réduite à l’exode par vagues successives. Le Liban, mettant l’accent sur ce drame comme sur la crise économique générée par les agressions, a tenté d’obtenir auprès des instances arabes ou internationales que sa situation soit dissociée de la cause palestinienne. En faisant valoir qu’il n’était pas en mesure d’assumer, seul de tous les Arabes, le poids de la confrontation avec l’ennemi. Mais il n’a pas été entendu. Pas plus que la convention du Caire, censée préserver un minimum de souveraineté libanaise, n’a eu d’effets. Ce document occulte, approuvé à l’aveuglette par la Chambre, était d’ailleurs contesté par une partie des Libanais, car il légitimait in fine l’action des fedayins à partir du territoire national, en enfreignant de plus la convention d’armistice de 49, ce qui autorisait Israël à frapper ce pays quand il le voulait. Les Palestiniens armés ne respectant même pas l’accord, aussi avantageux qu’il fût pour eux, la guerre a éclaté en 1975. Plus tard, il y a eu le traité du 17 mai conclu avec Israël et également approuvé par la Chambre. Un texte qui a soulevé un tollé partisan orchestré par la Syrie, ce qui a poussé le président Gemayel à ne pas le ratifier. Une fois de plus, comme pour la convention du Caire, une partie déterminée imposait sa volonté à l’autre. Sous la menace, récurrente, de rallumer la guerre civile. Autre instrument permanent de chantage : l’anarchie et l’insécurité. En 1988, au début de l’ère syrienne, les Libanais s’y sont trouvés confrontés. Ils ont quand même refusé le président qu’on voulait leur imposer, Mikhaël Daher. Et ils ont eu, de fait, droit à l’instabilité, au chaos promis. Quand la Syrie a pu conforter sa mainmise, l’élection présidentielle est devenue simple désignation de sa part. Après l’assassinat du président René Moawad, Élias Hraoui a été nommé une première et une mi-seconde fois. Il en a été exactement de même pour Émile Lahoud, prorogé malgré la 1559 et contre la volonté d’une bonne partie des Libanais. À cette époque, il n’était évidemment pas permis de parler de tiers de blocage. Ou de plaider pour la règle du ni vainqueur ni vaincu. Car il était entendu qu’une frange de la population devait rester écrasée. Aujourd’hui, la Syrie, qui a dû retirer ses troupes sous la pression internationale et sous la contrainte de la révolution du Cèdre, poursuit sa contre-offensive de récupération avec le concours de ses alliés du cru et de leurs partenaires. L’objectif fixé est de contrôler négativement le pouvoir. Sinon par le tiers de blocage, du moins par la paralysie des institutions, via la démission des ministres opposants et la grève du zèle des présidents de la République et de la Chambre. Qui refusent de traiter avec le gouvernement en place. Pour la suite, il est prévu explicitement de contrôler positivement le pouvoir, c’est-à-dire de l’accaparer entièrement. Via une nouvelle Chambre au sein de laquelle les prosyriens et leurs amis détiendraient la majorité. Et via un président de la République qui serait agréé par Damas autant que par le Hezbollah. Et l’on retrouve donc le même vieux chantage : ou bien un tel président ou bien l’anarchie. Un refrain que cependant le président Berry tente de faire mettre en sourdine. Pour parer le vide institutionnel et la partition politique qui suivrait une élection à la moitié plus un à travers un président de consensus. Mais encore faut-il s’entendre sur ce que cela peut signifier. De plus, si le général Michel Aoun refuse toujours de se désister, alors il faudra dire adieu à la formule d’un président de consensus. Tous les postulants virtuels, déclarés ou pas, resteraient en lice. Émile KHOURY
Pourquoi le Liban se voit-il confronté, à tout bout de champ, à des choix difficiles ? Pourquoi veut-on toujours le forcer à se soumettre ? Pourquoi l’une de ses composantes impose-t-elle ses vues à l’autre ? Pourquoi empêche-t-on toute entente ? Pourquoi, au contraire, la réclame-t-on comme impérative, dans des circonstances déterminées, alors que dans d’autres, régies par le jeu des intérêts, elle est jugée inutile et même combattue ?
Ce thème du pourquoi, sous-tendu d’inquiétude, a récemment fait l’objet d’un cénacle privé tenu par des professionnels de la politique, députés et extraparlementaires. En première réponse à l’interrogation de base, ils ont évoqué les causes historiques du désarroi national. En commençant par le fait le plus lourd de conséquences : la transformation des camps en...