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Actualités - Opinion

Un échange d’aménités encourageant

Test réussi hier, pour la première épreuve d’un parcours de deux mois. Loyalistes et opposants ont fait assaut d’amabilités. Pour se rejoindre, au-delà d’une courtoisie de surface, autour de la nécessité d’assurer effectivement la présidentielle. C’est là un premier acquis réconfortant. Il faudra cependant voir si les négociations qui s’engagent vont déboucher sur un accord. La difficulté étant de s’entendre sur le terme même de consensus. Et sur sa différence, avec le terme de compromis. Que la majorité, intransigeante sur les constantes nationales, sur les fondamentaux, rejette catégoriquement. Pour le moment, cependant et en ce début d’automne crucial, le climat ambiant reçoit une bonne bouffée d’air frais, d’oxygène. À travers un scénario d’étape mis au point par Berry et Hariri. Une sorte de jeu subtil de discrétion mutuelle, de faire comme si. Ainsi, Berry a reporté la séance sans motiver sa décision, comme si le quorum, le défaut de quorum plutôt, n’était pas en cause. Cela sans même prendre la peine inutile d’attendre, comme cela fut fait jadis pour l’élection de Sarkis puis pour celle de Béchir, des députés qui en tout cas n’allaient pas voter. De son côté, la majorité, représentée par Hariri, tout en certifiant son attachement total à la tenue effective de la présidentielle, s’abstient d’évoquer son droit d’élire un chef de l’État à la majorité simple. Pour ne paraître ni défier ni menacer l’opposition. Les prémices sont donc à la détente, sinon encore à l’entente. En principe, le rendez-vous sérieux doit être fixé lorsque l’on sera parvenu à un arrangement sur la succession. Soit sur un nom déterminé. Soit sur une liste plausible. Formule que presque tout le monde préfère. Car elle préserve le jeu démocratique parlementaire. Quoi qu’il en soit, fort de ses échanges sur les critères avec le patriarche Sfeir, qu’il a exposé hier en détail à Hariri, Berry entend faire progresser rapidement son initiative. Largement approuvée à l’extérieur, Américains, Iraniens et Français en tête. Il est convenu de reprendre le dialogue sous peu avec Hariri. Cette journée du mardi 25 a constitué également un test réussi pour la majorité. Car elle y a réaffirmé non seulement ses principes intangibles, mais également la solidité de sa cohésion interne. Ses 68 membres se sont tous rendus au Parlement. Le Dr Pierre Daccache s’est joint à eux, dans l’hémicycle. D’autant plus volontiers, sans doute, que nul loyaliste, pas même Joumblatt ou Geagea, n’a évoqué hier l’épée de Damoclès de la moitié plus un. Ni la séance d’office du dixième jour précédant la fin du mandat Lahoud. En face, l’on a voulu montrer, en dépêchant quelques éléments sur place, que l’on tient également à ce que la présidentielle ait bien lieu, qu’elle ne soit pas torpillée. Naturellement, ce sont les lieutenants de Berry qui se sont le plus dévoués, en se joignant eux aussi à leurs pairs de la majorité, dans l’hémicycle même. Pour deviser tranquillement, en sachant parfaitement qu’il n’y aurait pas élection. Les chancelleries se montrent pour leur part parfaitement satisfaites du mardi libanais. Elles confirment en chœur que les parties locales doivent s’entendre et se retrouver autour d’un même impératif national : prévenir le vide institutionnel et le chaos qui en découlerait. Les diplomates, qu’ils soient américains, français ou saoudiens, répètent tous qu’il n’est pas question pour eux d’entrer dans le jeu des noms. Mais si les Libanais ne parviennent pas à s’entendre ? « Alors, répond un responsable US interrogé à Washington par un politicien libanais, nous verrons quoi faire avec les Français et avec les Saoudiens. Quoi faire pour sauver votre présidentielle. Et préserver votre pays du vide institutionnel. Le marketing du plan de sauvetage serait assuré par l’une des capitales amies du Liban. À travers des recommandations constituant une sorte de mot de passe communiqué aux parties libanaises. Il est cependant évident que l’échelle de secours extérieure ne vous serait tendue qu’en dernier recours, durant la période des dix derniers jours du mandat présidentiel en cours. Pour le moment, nous ne souhaitons pas du tout, au contraire même, court-circuiter l’initiative du président Berry. Ni perturber la détente », conclut le responsable US. Philippe ABI-AKL
Test réussi hier, pour la première épreuve d’un parcours de deux mois. Loyalistes et opposants ont fait assaut d’amabilités. Pour se rejoindre, au-delà d’une courtoisie de surface, autour de la nécessité d’assurer effectivement la présidentielle. C’est là un premier acquis réconfortant. Il faudra cependant voir si les négociations qui s’engagent vont déboucher sur un accord. La difficulté étant de s’entendre sur le terme même de consensus. Et sur sa différence, avec le terme de compromis. Que la majorité, intransigeante sur les constantes nationales, sur les fondamentaux, rejette catégoriquement.
Pour le moment, cependant et en ce début d’automne crucial, le climat ambiant reçoit une bonne bouffée d’air frais, d’oxygène. À travers un scénario d’étape mis au point par Berry et Hariri. Une...