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Actualités - Analyse

ANALYSE La menace d’el-Qaëda plus médiatique qu’opérationnelle

Nettement affaibli depuis le 11 septembre 2001, el-Qaëda continue de représenter une menace qui repose plus sur son omniprésence dans les médias, comme ce fut le cas la semaine passée, que sur ses réelles capacités opérationnelles, relèvent plusieurs experts. El-Qaëda « dispose d’une identité qui est beaucoup plus forte que jamais et c’est surtout à cause de la façon dont nous avons commencé à en parler », a expliqué à l’AFP Tahir Abbas, enseignant de l’Université de Birmingham (centre). « En en parlant, en y faisant référence, nous en faisons quelque chose d’exceptionnel et, en quelque sorte, cela donne un sens à la vie de certaines personnes qui en ont besoin » et qui peuvent ensuite s’en réclamer, a ajouté ce spécialiste de l’étude de la radicalisation islamiste. Alors que le monde s’apprêtait à marquer mardi dernier le sixième anniversaire des attentats de 2001, plusieurs vidéos montrant le chef spirituel d’el-Qaëda sont apparues sur Internet. Tour à tour, il se moque des États-Unis, menace de faire augmenter les violences contre les troupes américaines en Irak et fait l’éloge d’un des 19 pirates de l’air du 11-Septembre. Mercredi à Londres, l’institut de réflexion stratégique International Institute for Strategic Studies (IISS) estimait qu’el-Qaëda avait conservé sa capacité à mener « des attentats à grande échelle ». Si le rapport a fait les gros titres dans les médias, ses conclusions n’ont pas fait l’unanimité malgré plusieurs attentats perpétrés cette semaine à travers le monde, dont la responsabilité a été attribuée à el-Qaëda, en Irak, au Pakistan ou en Algérie. « Je n’ai rien vu qui prouve que nous avons entravé leur capacité » à perpétrer des attentats, a indiqué à l’AFP Bob Ayers, un expert en matière de sécurité au sein du groupe de réflexion sur les questions internationales Chatham House. Pour Peter Lehr, spécialiste des questions de terrorisme à l’Université de St Andrews (est de l’Écosse), les membres d’el-Qaëda n’ont plus le même accès à l’expertise et à l’organisation du réseau terroriste qu’avant le 11 septembre 2001. « El-Qaëda n’a pas la capacité de réaliser quelque chose de très important en ce moment », a-t-il expliqué à l’AFP. Selon lui, de nombreux extrémistes islamistes se caractérisent désormais par des cellules jihadistes « automotivées » mais amateurs opérant sous la bannière el-Qaëda. Sans l’accès aux « vrais spécialistes d’el-Qaëda, à l’argent d’el-Qaëda, à la logistique et à l’expertise d’el-Qaëda », il y a « fort à parier » que de tels groupes sont voués à l’échec, a-t-il ajouté. Par exemple, des bombes n’exploseront pas tandis que des achats de grandes quantités de certains matériaux comme des produits chimiques attireront désormais l’attention d’un public de plus en plus vigilant, de la police et des services de renseignements. Selon ces experts, la violence attribuée au réseau terroriste dans les zones tribales du Pakistan, près de la frontière avec l’Afghanistan, ou en Irak serait plutôt le fait de rivalités locales. Ils ont également considéré que l’Occident ne parvenait pas non plus à distancer el-Qaëda en matière de communication. « Toute la semaine a été occupée par Ben Laden, a déclaré Bob Ayers. Nous avons réagi à ce qu’il a dit, pas à ce que le président (américain George) Bush a dit... En revenant dans l’actualité, Ben Laden a repris l’initiative et remis el-Qaëda sous les projecteurs. » « Il a flanqué une peur bleue à tout le monde, et dans le même temps, il a envoyé un message très clair à ses adeptes : je suis toujours là et le guide spirituel du mouvement est toujours en marche, a-t-il ajouté. Il a également envoyé un message aux États-Unis, disant : vous ne pouvez pas m’attraper, n’est-ce pas ? » Phil HAZLEWOOD (AFP)
Nettement affaibli depuis le 11 septembre 2001, el-Qaëda continue de représenter une menace qui repose plus sur son omniprésence dans les médias, comme ce fut le cas la semaine passée, que sur ses réelles capacités opérationnelles, relèvent plusieurs experts.
El-Qaëda « dispose d’une identité qui est beaucoup plus forte que jamais et c’est surtout à cause de la façon dont nous avons commencé à en parler », a expliqué à l’AFP Tahir Abbas, enseignant de l’Université de Birmingham (centre). « En en parlant, en y faisant référence, nous en faisons quelque chose d’exceptionnel et, en quelque sorte, cela donne un sens à la vie de certaines personnes qui en ont besoin » et qui peuvent ensuite s’en réclamer, a ajouté ce spécialiste de l’étude de la radicalisation islamiste.
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