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Actualités - Opinion

Les actions de Sleimane remontent en flèche Philippe ABI-AKL

Les terroristes surarmés, suréquipés de Fateh el-Islam et leur camp retranché de Nahr el-Bared sont tombés, après 105 jours d’affrontements. Les hommes de Chaker Absi avaient ouvert les hostilités en égorgeant des soldats dans leur lit et en tuant une trentaine de militaires à des postes de contrôle. Au prix de plus de 160 martyrs dans ses rangs, l’armée a fini par les lessiver, tuant les uns, blessant et/ou capturant les autres. Sans faire de victimes, dans la dernière phase, parmi les civils restés au camp. Tout le monde le souligne, notamment les attachés militaires des ambassades : c’est la stratégie et la tactique suivies par le commandement qui lui ont permis, malgré la modicité des moyens, de venir à bout de Fateh el-Islam. Face à l’arsenal massif, hypersophistiqué, à infrarouge électronisé de terroristes disposant de lance-missiles, de milliers de tonnes d’explosifs et de tunnels, l’armée libanaise a fait preuve d’une rare ingéniosité. Elle a de la sorte compensé son manque en artillerie de moyenne portée en transformant de simples ventilateurs grande-surface en lance-roquettes. Cette astuce de terrain, et d’autres, le commandement va d’ailleurs les faire breveter. Cela étant, il est probable que la conclusion de l’épreuve de Nahr el-Bared, la victoire de l’armée et de son commandement, vont probablement produire des effets sur la scène politique. Notamment en ce qui concerne la présidentielle. Il est en effet évident que les chances du général Michel Sleimane, en tant que candidat potentiel, sont désormais accrues. Et, pour ne rien gâcher, cela au moment même où le président Nabih Berry lance son initiative basée, comme on sait, sur la quête prioritaire d’un président de consensus, la question d’un nouveau gouvernement étant laissée de côté. Moyennant, propose M. Berry, l’abandon majoritaire de tout projet d’élire un président à la moitié plus un seulement, les deux tiers étant requis. Ce qui va du reste de soi, ou presque, quand on parle d’un président qui serait désigné suite à un accord général. Couverture syrienne ? Selon les déductions logiques d’un député informé, le président Berry n’aurait pas pu lancer son initiative sans ombrelle extérieure et, notamment, sans aval syrien. À en croire cette source, Damas aurait de la sorte voulu répondre positivement à l’ouverture en sa direction du président français Sarkozy et de son ministre des AE, Kouchner. Ces deux dirigeants avaient expressément souhaité que la Syrie facilite une solution de crise au Liban, en commençant par contribuer à assurer une présidentielle normale. M. Berry aurait, selon cette source informée, envoyé discrètement un émissaire sonder les Syriens, avant son discours de Baalbeck. La Syrie voudrait de même donner du mou à la corde, le temps de voir ce que les efforts des médiateurs qui essaient de la réconcilier avec l’Arabie saoudite vont donner. Ou encore, en attendant que ses rapports avec Washington se décantent un peu plus. Dans l’espoir qu’on lui attribuerait, dans la région, le rôle majeur qu’elle pense mériter. Les USA et les autres Pour en revenir au président Berry, il aurait également assuré ses arrières, comme on dit familièrement, du côté du bloc occidentalo-arabe. On sait d’ailleurs qu’il a longuement rencontré l’ambassadeur US, Jeffrey Feltman, retour de Washington. Au cours d’une prochaine tournée régionale, Condoleezza Rice ferait sans nul doute une nouvelle déclaration de foi dans le Liban indépendant du gouvernement Siniora. En évoquant la nécessité d’une présidentielle normale, sans entrer dans les détails. Les propositions Berry reposent également sur les idées constituant l’initiative du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Comme sur les échanges saoudo-iraniens portant sur le dossier libanais. Contradictions persistantes Mais les parties locales concernées sont encore loin d’être sur la même longueur d’onde. Les députés Michel Aoun et Walid Joumblatt ainsi que Samir Geagea ne sont d’accord que sur un point : le rejet d’un nouvel amendement de la Constitution. Les deux pôles loyalistes continuent à soutenir qu’une élection à la majorité simple serait toujours du domaine du possible, dans les dix jours précédant l’expiration du mandat prorogé de M. Lahoud. Le général Aoun met en garde pour sa part contre la gravité et les retombées d’une telle initiative. Parallèlement, les loyalistes s’étonnent que M. Berry n’ait rien dit au sujet d’une levée, ou au moins d’une réduction, du sit-in dans le centre-ville. En effet, relèvent-ils, cette « squatterisation » a pour but déclaré de faire chuter le gouvernement en place. Or voici que l’opposition accepte de ne plus y toucher. Les opposants répliquent que l’occupation sera maintenue jusqu’à ce qu’il y ait accord sur le président et sur le gouvernement. En fait, certains pôles, et non des moindres, du front de la contestation donnent à penser qu’ils n’ont pas du tout été consultés par M. Berry. Ils continuent en effet à réclamer un cabinet d’union nationale préalable et poursuivent de plus belle leurs attaques contre l’équipe Siniora. Enfin, et peut-être, le problème principal pourrait encore découler de l’équivoque extérieure. En effet, si les puissances sont parvenues à un arrangement, au sujet du Liban, il est plutôt minimal, étriqué. Elles ne prévoient qu’un président de compromis, pour gérer la crise au mieux, et non un président de solution véritable. Solution qui n’interviendrait que lorsque les axes auraient eux-mêmes réglé à l’amiable le contentieux qui les oppose dans la région.
Les terroristes surarmés, suréquipés de Fateh el-Islam et leur camp retranché de Nahr el-Bared sont tombés, après 105 jours d’affrontements. Les hommes de Chaker Absi avaient ouvert les hostilités en égorgeant des soldats dans leur lit et en tuant une trentaine de militaires à des postes de contrôle. Au prix de plus de 160 martyrs dans ses rangs, l’armée a fini par les lessiver, tuant les uns, blessant et/ou capturant les autres. Sans faire de victimes, dans la dernière phase, parmi les civils restés au camp. Tout le monde le souligne, notamment les attachés militaires des ambassades : c’est la stratégie et la tactique suivies par le commandement qui lui ont permis, malgré la modicité des moyens, de venir à bout de Fateh el-Islam. Face à l’arsenal massif, hypersophistiqué, à infrarouge électronisé de...