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Dans l’attente du choix des grands électeurs étrangers Philippe ABI-AKL

Mohammad Raad, du Hezbollah, réclame certes un cabinet d’union préalable. Dans le même sens, certains plaident encore pour un gouvernement de Six qui superviserait une entente sur un président de consensus. Mais les radicaux n’insistent plus tellement, ne mettent plus l’accent sur cette double revendication. Car l’Iran, selon des diplomates informés, a confirmé, à ses alliés du cru comme à la France, aux Saoudiens et aux Syriens qu’il est pour une élection présidentielle normale, pour la stabilité du Liban, contre des affrontements, contre toute discorde. La présidentielle prend donc le pas sur le gouvernement, au niveau de l’actualité politique. Sans en arriver encore aux tractations, aux négociations à ciel ouvert ou en coulisses. Car, réalistes, les parties locales attendent que les décideurs étrangers se prononcent. Ils n’ont jamais été aussi nombreux à se presser au portillon. On peut de la sorte citer, liste d’ailleurs non exhaustive, la Syrie, l’Iran, les USA, l’Arabie saoudite, la France, l’Union européenne, l’Égypte, la Ligue arabe. Voire l’ONU dont les résolutions sur la présidentielle libanaise sont très précises. Certes aucun de ces parieurs ne dévoile, nominalement, ses préférences. Car cela serait avouer une immixtion illicite dans les affaires intérieures libanaises. Washington se contente ainsi de répéter que tout ce qu’il faut, c’est une élection dans les formes constitutionnelles et dans les délais légaux. La Syrie de son côté ne s’embarrasse pas de trop de scrupules. Elle intervient sans vergogne pour critiquer la pléthore de postulants. Une hérésie totale pour elle qui ne connaît que le régime du candidat unique. Cet attachement aux fondements de la démocratie, qui donnent à tout citoyen éligible le droit de briguer la présidence, n’est cependant qu’anecdotique. L’important reste de savoir si le bazar extérieur qui se prépare, et qui a autant de chances de réussir que de risques d’avorter, va ou non déboucher sur un accord. Portant d’abord, et ce préliminaire est essentiel, sur la tenue même d’une présidentielle libanaise que Damas, joueur tout de même important, ne voit pas d’un bon œil. Portant ensuite sur les mécanismes à observer en vue d’une élection dans les règles, au résultat inattaquable. Portant enfin sur le profil politique, la personne du prochain président. Ou sur l’établissement d’une liste de noms plausibles parmi lesquels on laisserait la Chambre libanaise faire son choix. Il va sans dire que, comme Cousseran l’a relevé, l’éclatement du conflit syro-saoudien complique beaucoup un dossier déjà surchargé. Des cadres opposants prévoient dès lors une escalade encore accentuée sur le plan politique. La tension se trouvant exacerbée par les menaces relatives à des secousses sécuritaires, des attentats et des assassinats. Un cycle que pour leur part des sources sécuritaires, se basant sur des informations recoupées, considèrent cependant comme improbable dans les semaines à venir. Sans en exclure la possibilité plus tard, si la crise s’envenime encore. Une reprise des violences qui aurait d’ailleurs pour but de porter le conflit d’ensemble à son paroxysme, voire de provoquer la dislocation politique de ce pays. Toujours est-il que des optimistes ne veulent voir dans l’escalade actuelle que de simples surenchères prénégociatoires. À leur avis, les camps opposés cherchent pareillement à marquer des points avant de discuter d’un président d’entente. Qui ne serait, selon ces sources, ni de gauche ni de droite.
Mohammad Raad, du Hezbollah, réclame certes un cabinet d’union préalable. Dans le même sens, certains plaident encore pour un gouvernement de Six qui superviserait une entente sur un président de consensus. Mais les radicaux n’insistent plus tellement, ne mettent plus l’accent sur cette double revendication. Car l’Iran, selon des diplomates informés, a confirmé, à ses alliés du cru comme à la France, aux Saoudiens et aux Syriens qu’il est pour une élection présidentielle normale, pour la stabilité du Liban, contre des affrontements, contre toute discorde.
La présidentielle prend donc le pas sur le gouvernement, au niveau de l’actualité politique. Sans en arriver encore aux tractations, aux négociations à ciel ouvert ou en coulisses. Car, réalistes, les parties locales attendent que les décideurs étrangers...