Mémoire sélective
Le CPL conteste la légitimité du gouvernement, le critique pour avoir convoqué les électeurs pour la partielle du Metn sans le contreseing du président de la République. Il va jusqu’à demander au président de la Chambre de ne pas recevoir les deux députés qui seront élus à Beyrouth et dans le Metn, tout en présentant son candidat à cette dernière circonscription. Il se veut le défenseur de l’indépendance du Liban tout en s’alliant au PSNS, qui ne reconnaît même pas la nation libanaise. Le CPL se veut aussi le protecteur des chrétiens du Liban. J’aimerais bien savoir si l’on fera appel, cette fois, au vote des naturalisés du Metn, historiquement partisans farouches de M. Michel Murr.
Je voudrais rappeler aussi au CPL et à son chef que c’est le président de la République, Émile Lahoud, qu’ils épargnent dans leurs critiques, qui a offert la direction générale de la Sûreté générale à la communauté chiite, alors qu’elle revenait historiquement à un maronite. Que c’est le Hezbollah, leur allié stratégique, qui a opposé un refus catégorique à la désignation d’un chrétien à la tête de cette institution, en 2005. Il conviendrait à ce propos de ne pas avoir une mémoire par trop sélective et se souvenir à bon escient des propos de sayyed Hassan Nasrallah dans les années 80…
Camille MOURANI
Souvenirs d’été
Alors qu’ils sont en train de vivre, et pour la seconde année consécutive, un été orageux, les Libanais ont peur du lendemain par la faute d’une politique qui ne fait que des ravages. Du jamais-vu : au sein d’une même famille, les avis sont si partagés qu’on ne se parle plus…
Qu’il est beau de revenir aux sources et à cet été de 1949 !... De Hazmieh à Sofar, région où il n’est plus possible de nos jours de défendre son pré carré, l’Oldsmobile de Jospeph Khoury remportait le premier prix de sa catégorie sur la route de Jamhour. Carmen Pady, dans sa boîte andalouse de Bhamdoun, organisait un concours original : celui de la plus belle coiffure, doté d’un premier prix consistant en un poste radio Geloso. Les soirées de Georges Milton à Beyrouth, capitale aujourd’hui désertée, attiraient une foule nombreuse et on n’avait jamais vu une salle de cabaret bondée comme celle du Colorado pour voir un chanteur interpréter J’ai ma combine. Le cinéma Dunia accueillait Jacques Thibaud, illustre violoniste. Enfin, sous le titre « S’instruire pour se libérer », Alya Solh menait campagne dans la presse libanaise pour aider la femme arabe à se libérer du joug de l’homme.
Juillet 2007, plus d’un demi-siècle plus tard, il est regrettable de voir le Liban plonger dans l’obscurantisme. La femme est devenue un être superficiel et l’homme est obsédé de politique.
Sauvons cet héritage, un pays touristique par excellence, avant qu’il ne soit trop tard.
Nazira A. SABBAGHA
À propos d'une lettre
Je suis une lectrice assidue de votre quotidien. Bien entendu, je parcours la rubrique « Les lecteurs ont voix au chapitre ». Certains courriers sont fort intéressants et d’autres assez touchants par leur sincérité. Mais il y en a un qui m’a déroutée et m’a décidée à écrire à mon tour. Il s’agit du courrier de Mme Lamia Sfeir Dourani intitulé « Ah que ne suis-je syrienne ! » (du 25 juillet 2007). Ce titre a attiré mon attention. Je dirais plutôt qu’il m’a donné la chaire de poule. À chaque phrase, je m’attendais à lire une critique, une condamnation de cette dictature qui n’en finit pas de nous harceler. Qui nous fait payer si cher notre indépendance. Qui n’a fait qu’appauvrir son peuple et poussé des centaines à l’exil. Mais non, madame Darouni ne trouve que des éloges. Une dictature a-t-elle jamais amélioré le sort du peuple ? Vous oubliez, madame, qu’une dictature ne fait qu’enrichir une minorité, pour ne pas dire qu’une famille dans le cas syrien aux dépens du peuple.
De grâce, venant d’une Libanaise et dans les circonstances que nous vivons, un peu de lucidité et ne perdons pas de vue à qui profite le crime. Je vous l’accorde, certains de nos politiciens sont pieds et poings liés au voisin syrien, mais d’ici à préférer être syrienne et le crier haut et fort... Ce n’est pas de ce genre de déclaration que nous avons besoin. Ce n’est sûrement pas cela qui fera avancer les choses...
Dr Nathalie NADER-MAHFOUD
NDLR :
Relisez donc la lettre de Mme Darouni attentivement et en oubliant votre premier mouvement de colère. Où voyez-vous des éloges, là où il n’y a que des critiques à l’adresse du régime syrien, dont « le président aurait défendu mes propres intérêts et non pas ceux du voisin » (syrien, tout le monde l’aura compris) et des regrets de ne pas voir le Liban accueillir des millions de touristes, débarrassés des inepties « politiques » débitées à longueur de journée et de soirée, etc. C’est ainsi que nous avions compris la lettre en question – pleine d’amertume à la vue de ce qu’est devenu le Liban – et que nous l’avons publiée. Relisez-là, dans le même esprit.
NDLR
Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance.
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