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Actualités - Opinion

Craintes de secousses à cause des enjeux et des défis

Si une bataille électorale devait avoir lieu au Metn, elle risquerait fort d’être marquée par de graves incidents de terrain. À cause du climat de défi articulé sur une épreuve de rapports de force. Et à cause des enjeux, portant sur la présidentielle, sur le classement, pour ainsi dire, des leaderships à l’Est. Comme sur les lignes politiques générales. C’est à partir de ce constat de risque, qu’ils prennent d’ailleurs comme principal argument dans leur plaidoyer en faveur d’un arrangement à l’amiable, que les conciliateurs agissent. Mais leurs efforts ont buté, jusque-là, sur des considérations aussi bien extérieures qu’internes. Mandatés par Bkerké, NN.SS. Boulos Matar et Sélim Mazloum ne sont pas parvenus à faire entendre raison aux protagonistes en lice. Ils ont donc vainement relancé le président Amine Gemayel et le général Michel Aoun. Il faut dire, cependant, que la formule avancée par les prélats, à savoir un accord sur un candidat unique, ne paraît pas convaincante, compte tenu des réalités occurrentes et du climat de défi. Cette formule se base sur un précédent : le choix du Dr Pierre Daccache pour succéder au Dr Edmond Naïm, qui s’était déroulé dans de tout autres circonstances. Or, objectivement, ni le président Gemayel ne peut céder d’un pouce. D’autant que sa candidature procède d’une coutume respectée et que ce n’est pas lui qui a porté l’attaque. Ni le général Aoun ne peut accepter que le consensus porte, comme le suggèrent les médiateurs, sur un Kataëb, du moment que le siège était occupé par un membre du parti. Le patriarche devra-t-il intervenir en personne ? On devrait le savoir sous peu. Points de vue Mais comment se fait-il, demandent les Kataëb, que le général Aoun, qui ne reconnaît pas le gouvernement, souscrive à une élection que ce dernier organise ? Les aounistes répondent qu’en démocratie, chacun a le droit de se porter candidat, qu’ils veulent montrer que le monopole ne doit pas avoir cours. Ils affirment vouloir une bataille sportive, pour bien montrer leur force au niveau de la rue chrétienne. Ils assurent que leur chef a fait de bonnes offres, qui ont été refusées. Ajoutent que l’attitude des Kataëb, mobilisés pour récupérer électoralement le Metn, a envenimé les relations et torpillé les chances d’entente. Pour conclure que la machine électorale du Courant est déjà en marche, avec le soutien des partisans de Michel Murr et du Tachnag. Mais, on le sait, l’épreuve de force met également en présence le camp du 14 Mars et l’opposition. Le point étant de savoir qui contrôle le plus et le mieux l’opinion chrétienne. Les contestataires pensent, à tort ou à raison, qu’ils sont largement en mesure de l’emporter. Dès lors, jusqu’à hier soir, ils ne manifestaient aucune envie de se rallier à un arrangement à l’amiable. Une attitude que les cercles Kataëb mettent, une fois de plus, sur le compte d’un mot d’ordre téléguidé à l’adresse des prosyriens et directement répercuté, à les en croire, sur les aounistes. Dans ce sens que Damas aurait prié le Hezbollah de bien faire comprendre au général que dans l’esprit du pacte qu’il a conclu avec le parti islamiste, il ne doit pas céder. Toujours selon les sources phalangistes, alors que pour Aoun l’enjeu est le leadership chrétien, pour le régime syrien il s’agit de faire remplacer à la Chambre un loyaliste par un opposant. Pour affaiblir la majorité et renforcer la minorité. Cela en aggravant du même coup la césure au sein de la composante chrétienne du pays, pour le moins réservée dans sa majorité, à l’encontre de Damas. Un détail à relever : selon des sources fiables, lors de la réunion lundi Aoun-Murr-Tachnag, ce serait le président de ce parti, Hagop Makhtarian, qui se serait montré le plus radical, le plus porté à livrer bataille. Pour cette source, Makhtarian serait mû par un esprit de vindicte électorale à l’encontre des haririens, alliés des Kataëb. Autre détail : le directoire du Tachnag n’est plus basé aux États-Unis, mais en Iran, après l’élection à sa tête d’un Iranien d’origine arménienne. D’où rapprochement avec le Hezbollah. Cependant, selon la même source, Murr pour sa part aurait souhaité un compromis épargnant une dure secousse à sa région. Et préservant un minimum de bonnes relations avec les Kataëb. Quoi qu’il en soit, le général Aoun est parti pour l’Allemagne, ce qui rend encore plus aléatoires les chances d’un arrangement. À son retour, la semaine prochaine, la bataille serait sans doute lancée, le scrutin étant prévu pour le 5 août. Philippe ABI-AKL

Si une bataille électorale devait avoir lieu au Metn, elle risquerait fort d’être marquée par de graves incidents de terrain. À cause du climat de défi articulé sur une épreuve de rapports de force. Et à cause des enjeux, portant sur la présidentielle, sur le classement, pour ainsi dire, des leaderships à l’Est. Comme sur les lignes politiques générales. C’est à partir de ce constat de risque, qu’ils prennent d’ailleurs comme principal argument dans leur plaidoyer en faveur d’un arrangement à l’amiable, que les conciliateurs agissent. Mais leurs efforts ont buté, jusque-là, sur des considérations aussi bien extérieures qu’internes.
Mandatés par Bkerké, NN.SS. Boulos Matar et Sélim Mazloum ne sont pas parvenus à faire entendre raison aux protagonistes en lice. Ils ont donc vainement relancé le...