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Actualités - Chronologie

France-Libye : Sarkozy veut accélérer un rapprochement déjà en cours

En s’impliquant fortement pour la libération des infirmières bulgares par la Libye, la France espère renforcer ses liens avec un pays courtisé sur le plan économique, dont elle s’est peu à peu rapprochée après des années de relations agitées. S’adressant à la presse peu après cette libération, le président français Nicolas Sarkozy a assuré que Paris comptait signer de nouveaux « accords de coopération » avec Tripoli, en soulignant que d’autres pays occidentaux n’étaient pas en reste. M. Sarkozy, qui doit rencontrer aujourd’hui en Libye Mouammar Kadhafi, a indiqué avoir déjà dit au dirigeant libyen que « la meilleure façon de se tourner vers l’avenir de façon apaisée, c’était de régler ce problème », en ajoutant qu’il avait fait un « préalable » de la libération des praticiens bulgares. « Il y a eu ces dernières années une incontestable recrudescence d’intérêt en France pour la Libye, mais cette affaire empêchait une normalisation complète », souligne un diplomate français sous le couvert de l’anonymat. Une fois la libération acquise, « on peut penser que M. Sarkozy fera primer, comme ailleurs dans la région, les intérêts réalistes des entreprises françaises » attirées par un pays aux fortes ressources en hydrocarbures, estime pour sa part François Burgat, spécialiste de la Libye à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (Iremam). M. Sarkozy pourrait aussi pousser auprès de Tripoli deux objectifs qui lui sont chers : la création d’une Union méditerranéenne et la lutte contre l’immigration subsaharienne qui transite par l’Afrique du Nord. L’accord, début 2004, d’indemnisation des familles de victimes de l’attentat contre un DC-10 de la compagnie française UTA avait déjà largement dégagé la voie de l’apaisement avec Paris. L’explosion de cet appareil au-dessus du Niger en 1989 (170 morts dont 54 Français) avait envenimé des relations déjà fortement dégradées par la confrontation franco-libyenne dans le nord du Tchad dans les années 1980. Témoignant de l’embellie, les visites officielles françaises à Tripoli se sont succédé à cadence accélérée ces dernières années, avec en point d’orgue un voyage de Jacques Chirac en novembre 2004, le premier d’un président français dans ce pays depuis son indépendance en 1951. Des progrès ont aussi été enregistrés dans des domaines sensibles avec la reprise de la coopération franco-libyenne en matière de défense en février 2005 et un accord sur la recherche nucléaire civile en mars 2006. À ce sujet, le réseau « Sortir du nucléaire », une fédération d’associations, a pour sa part accusé M. Sarkozy de se livrer à un « troc nucléaire » en proposant à Mouammar Kadhafi « de la technologie nucléaire en échange des infirmières bulgares ». Mais le président français a rétorqué qu’un éventuel accord entre la France et la Libye dans le domaine du nucléaire civil n’avait « absolument rien à voir » avec cette affaire. Parallèlement, un contrat de « remise en vol » de 12 chasseurs-bombardiers Mirage F1 libyens a été conclu, mais l’avionneur Dassault a démenti toute négociation pour l’achat du Rafale par Tripoli, malgré des rumeurs insistantes. Les exportations françaises se sont également développées pour atteindre 433,6 millions d’euros en 2006 (+43,4 % par rapport à 2005). La France n’est toutefois que le sixième fournisseur étranger de la Libye, derrière l’Italie, l’Allemagne ou le Japon. Les échanges sont également largement déficitaires en raison de l’importance des achats de pétrole (1,9 milliard d’euros en 2006) libyen par la France. Pour François Burgat, la Libye pourrait toutefois rester sous haute surveillance à Paris pour sa politique africaine, en particulier dans la crise du Darfour et ses prolongements au Tchad et en République centrafricaine, deux pays où le pouvoir est soutenu par la France. « C’est sur le terrain africain qu’il peut y avoir des synergies ou des tensions » avec un régime soucieux d’étendre son influence vers le Sud, relève-t-il. « Kadhafi n’a pas toujours eu un rôle stabilisateur dans la région », résume à cet égard un diplomate français.



En s’impliquant fortement pour la libération des infirmières bulgares par la Libye, la France espère renforcer ses liens avec un pays courtisé sur le plan économique, dont elle s’est peu à peu rapprochée après des années de relations agitées. S’adressant à la presse peu après cette libération, le président français Nicolas Sarkozy a assuré que Paris comptait signer de nouveaux « accords de coopération » avec Tripoli, en soulignant que d’autres pays occidentaux n’étaient pas en reste.
M. Sarkozy, qui doit rencontrer aujourd’hui en Libye Mouammar Kadhafi, a indiqué avoir déjà dit au dirigeant libyen que « la meilleure façon de se tourner vers l’avenir de façon apaisée, c’était de régler ce problème », en ajoutant qu’il avait fait un « préalable » de la libération des praticiens...