Silence, les manants ! Retenez votre respiration, et par la même occasion votre haleine surchargée des remugles de l’été nauséeux : Amr Moussa se repose. Les orteils en éventail plongés dans le limon du Nil, l’Égyptien suspend ses neurones et espère… Et il attend quoi, le Planqué des sables ? Ben voyons, que les Français finissent le boulot qu’il était censé faire il y a plus de trois mois.
Pépère dans son transat, un téléphone portable collé au tympan, Moumousse avait suivi diphtongue après diphtongue toutes les âneries débitées par les pique-assiettes libanais à La Celle-Saint-Cloud : gouvernement d’abord, présidentielle ensuite, ou l’inverse ? Panier de crabes parlementaire avec quorum des 2/3, ou réunion de rescapés d’assassinats avec majorité absolue ? Chambre fermée et députés râleurs ou Chambre ouverte et députés ronfleurs ? Autant de sujets éminemment planétaires qui traînent depuis 1943 et sur lesquels les convives se sont entendus… pour ne pas s’entendre. Mais le Mousseux de la Ligue arabe reste confiant : si à Paris les indigènes du Cèdre n’étaient d’accord sur rien, au moins, ils ont bien mangé.
Et puis pourquoi Ramsès se fatiguerait tant que Jean-Claude Cousseran se démène à sa place ? À Ryad et à Téhéran, le Français avait déjà fait le plein de prières et de poussières. Ne manquait plus que Damas à son tableau de chasse. Désormais c’est fait. Farouk el-Chareh et Walid Moallem lui ont fait avaler des kilomètres d’anacondas jusqu’à l’indigestion. « Jean-Clo-Clo chez les arriérés », voilà bien un titre de BD que Moussa pourrait savourer à bord d’une croisière en remontant le Nil.
Aux quelques imbéciles qui croient encore à la mission arabe et qui lui demandaient à quelle date il ramènerait sa binette pour un nouveau tour de mondanités entre les vieux canassons locaux, le brave Amr s’est montré évasif : « Peut-être bien le 30 juillet si les contacts en cours donnent des fruits. » Le Liban entier est à genoux, tremblant d’émotion…
Évidemment, personne n’a pensé lui dire que si les contacts réussissent, nul n’aurait besoin de lui pour manger les fruits.
Gaby NASR
Silence, les manants ! Retenez votre respiration, et par la même occasion votre haleine surchargée des remugles de l’été nauséeux : Amr Moussa se repose. Les orteils en éventail plongés dans le limon du Nil, l’Égyptien suspend ses neurones et espère… Et il attend quoi, le Planqué des sables ? Ben voyons, que les Français finissent le boulot qu’il était censé faire il y a plus de trois mois.
Pépère dans son transat, un téléphone portable collé au tympan, Moumousse avait suivi diphtongue après diphtongue toutes les âneries débitées par les pique-assiettes libanais à La Celle-Saint-Cloud : gouvernement d’abord, présidentielle ensuite, ou l’inverse ? Panier de crabes parlementaire avec quorum des 2/3, ou réunion de rescapés d’assassinats avec majorité absolue ? Chambre fermée et députés râleurs...
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