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MUSIQUE - Avec Miguel Serdoura Le luth, le plus discret des instruments

Le grand public a tendance à mettre un peu au rancart le plus discret des instruments de musique : le luth. Et même Beyrouth qui affiche nombre de concerts et de récitals, programme très peu ce proche parent du « oud ». Méconnaissance d’un instrument pourtant riche de mille nuances, bouderie injustifiée devant un clavier mis à toutes les sauces, engouement pour la guitare aux accords flamboyants, préférence aux trémolos et « rossignolade » d’un violon au lyrisme exubérant ? Tout cela peut-être à la fois, mais le luth a une place unique dans l’histoire de la musique, et ses innombrables ressources, bien exploitées dans le style baroque, ne manquent pas d’adeptes. Aussi bien du point de vue du public que des instrumentistes dont Hopkinson Smith ou Paul O’Dette, pour ne citer qu’eux… À l’origine, rien qu’un morceau de bois, du moins telle est l’appellation d’origine arabe du « al-oud » que les Maures donnaient à l’instrument semi-ovoïde et surmonté d’un long manche. Instrument vite récupéré par les Européens au Moyen-Âge et transformé en luth vers la Renaissance où châtelains et poètes en mal de confidences pinçaient ses cordes et diffusaient des harmonies toutes en volutes impalpables. Aujourd’hui, on ne lui confie plus des secrets de ménestrels ou de dames alanguies par les histoires d’amour, mais des partitions lui sont consacrées, et c’est ainsi que de Sylvius Leopold Weiss à Da Milano en passant par Borrono, Caccini, Gallot, Gaultier, Mudarra et bien sûr le génial Dowland, le luth est devenu un domaine de virtuosité, de technicité précise, de talent, d’inspiration soumise à une rigoureuse discipline. Du peloton d’interprètes qui font vivre une musique pour beaucoup, précieuse, anachronique ou simplement cantonnée au registre baroque, des noms qui ont de l’éclat et dont les prestations sont applaudies par les mélomanes chevronnés et la critique avertie, et on nomme bien entendu Miguel Serdoura. Né au Portugal, ce jeune luthiste est un élève de Hopkinson Smith. Il a travaillé sous sa férule à la Scola Cantorum Basiliensis à Bâle en Suisse. Après des tournées triomphales entre l’Europe et les États-Unis et une série de récitals à grand succès, c’est à Paris qu’il a décidé de s’installer depuis 1995 (avec une formation sous la férule de Claire Antonini) pour des concerts « merveilleux et délicats », selon les propos de la plupart des fins connaisseurs. Un musicien doublé d’un poète, Miguel Serdoura a sans nul doute une sensibilité toute particulière pour traduire, en toute subtilité, tout le raffinement de la musique française pour luth du XVIIe siècle dont il est un éminent interprète. Miguel Serdoura joue sur un instrument fabriqué par le luthier américain Cézar Mateus et a publié une méthode pour le luth baroque, éditée récemment par la société Française pour luth. De nombreux enregistrements de ses prestations sont gravés sur CD. Mettez sur votre lecteur une Passacaille ou une Chaconne et un rêve ouaté, tissé de notes magiques, vous emporte entre grâce, transparence et légèreté. C’est bien au cœur que s’adresse le jeu adroit et empreint de tous les secrets et murmures des temps passés de Miguel Serdoura. Un jeu alliant dextérité et virtuosité pour réhabiliter l’éclat et l’éloquence d’un instrument quelque peu injustement mis de côté. Edgar DAVIDIAN
Le grand public a tendance à mettre un peu au rancart le plus discret des instruments de musique : le luth. Et même Beyrouth qui affiche nombre de concerts et de récitals, programme très peu ce proche parent du « oud ». Méconnaissance d’un instrument pourtant riche de mille nuances, bouderie injustifiée devant un clavier mis à toutes les sauces, engouement pour la guitare aux accords flamboyants, préférence aux trémolos et « rossignolade » d’un violon au lyrisme exubérant ? Tout cela peut-être à la fois, mais le luth a une place unique dans l’histoire de la musique, et ses innombrables ressources, bien exploitées dans le style baroque, ne manquent pas d’adeptes. Aussi bien du point de vue du public que des instrumentistes dont Hopkinson Smith ou Paul O’Dette, pour ne citer qu’eux…
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